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11 mars 2017 6 11 /03 /mars /2017 09:28
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Publié par ELIZABETH
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11 mars 2017 6 11 /03 /mars /2017 09:26

Pour éviter la tentation qu’il semble considérer comme une seconde nature des élus, Julien Dray, apparatchik du socialisme canal historique, propose de doubler le salaire des députés. Voilà qui va assurément réconcilier le PS avec les sans-dents…

Drôle de bonhomme, ce Julien Dray. Militant trotskiste à la LCR, vice-président de l’UNEF-ID avant de rejoindre le Parti socialiste de Mitterrand et de fonder SOS Racisme avec Harlem Désir, c’est sous ses rondeurs un esthète ; un petit chose accro aux belles choses qui n’a toujours vécu qu’en politique.

Député de 1988 à 2012, conseiller régional d’Île-de-France depuis 1988, viré en 2015 de l’Essonne où les électeurs en avaient marre de sa bobine, il est repêché par Claude Bartolone (actuel président de l’Assemblée nationale en route vers Macron) qui le parachute dans le Val-de-Marne. À ce jour, Julien Dray est le cinquième vice-président de région chargé de la Culture. C’est dire que ce jovial pied-noir natif de l’Oranais n’a pas connu autre chose, depuis le lycée, que les bancs des assemblées parlementaires. Il y a mené une jolie carrière semblable à celle de tous ses amis agitateurs d’extrême gauche, meneurs des manifestations estudiantines avant d’aller pantoufler sous les ors de la République : Harlem Désir, David Assouline, Benoît Hamon, Nasser Ramdane, Bruno Julliard, Delphine Batho, Isabelle Thomas… tous passé par la FIDL, l’UNEF et SOS Racisme.

S’il n’a jamais gagné sa vie ailleurs qu’en politique, Julien Dray n’en est pas moins un homme de passion, et même de chères passions.

À tel point qu’en 2009, TRACFIN – le service anti-blanchiment du ministère des Finances – s’est intéressé de très près à la surchauffe de sa carte American Express Centurion (modèle spécial VIP en titane !). Ils y ont découvert un vrai jeu de piste des boutiques de luxe, révélant que l’élu socialiste avait dépensé « au moins 313.180 euros entre décembre 2005 et 2008, en montres, voyages et objets de luxe, dont plus de 130.000 euros pour ses seuls achats d’horlogerie sur le territoire français ».

Quand on aime, on ne compte pas, c’est connu. Mais on ne peut, du coup, s’empêcher de faire un lien entre ces penchants onéreux et la dernière proposition de réforme de Julien Dray : moraliser le statut des députés en leur octroyant « 9.000 euros nets » par mois, plus « une enveloppe de 3.000 euros mensuels de frais divers ». Un minimum, assure-t-il.

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11 mars 2017 6 11 /03 /mars /2017 09:23

Depuis une quarantaine d’années, on assiste à un regroupement progressif de médias au sein de trusts internationaux. Actuellement, 14 groupes se partagent plus des deux tiers de la presse occidentale (21st Century Fox, Bertelsmann, CBS Corporation, Comcast, Hearst Corporation, Lagardère Group, News Corp, Organizações Globo, Sony, Televisa, The Walt Disney Company, Time Warner, Viacom, Vivendi). Désormais, l’alliance opérée par Google Media Lab et First Draft tisse des liens entre ces groupes qui détenaient déjà une position dominante. La présence dans cette Entente des trois principales agences de presse de la planète (Associated Press, Agence France-Presse, Reuters) lui assure une force de frappe hégémonique. Il s’agit sans aucun doute d’une « entente illicite », non pas établie dans un objectif de fixation de prix, mais de fixation des esprits, d’imposition d’une pensée déjà dominante.

On peut observer que tous les membres —sans exception— de l’Entente de Google ont déjà, au cours des six dernières années, donné une vision univoque des événements survenus au Moyen-Orient élargi. Il n’y avait pourtant pas d’accord préalable entre eux, ou on ne le connaissait pas. Il est curieux que soient présentes dans cette Entente cinq des six télévisions internationales qui ont participé à la cellule de propagande de l’Otan (Al-Jazeera, BBC, CNN, France24, Sky, mais apparemment pas Al-Arabiya).

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11 mars 2017 6 11 /03 /mars /2017 09:19

Un expert économique yéménite a révélé que Riyad dérobait les réserves de pétrole yéménites, avec le soutien du géant français de l'énergie. Le royaume aurait également passé un accord avec Washington pour empêcher le Yémen d'exploiter son pétrole.

«L'Arabie saoudite a ouvert un site pétrolier en collaboration avec la société française Total dans la partie sud de la région de Kharkhir, près de la frontière saoudienne de Najran et exploite du pétrole dans les puits de la région», a déclaré l'expert économique yéménite Mohammad Abdolrahman Sharafeddin à l'agence iranienne Fars News. 

«63% de la production de brut du Yémen est volée par l'Arabie saoudite en coopération avec Mansour Hadi, le président yéménite en fuite et ses mercenaires», a-t-il ajouté.

En 2014, feu Christophe de Margerie, PDG de Total à l'époque, avait en effet visité la capitale yéménite Sanaa pour rencontrer le président Abdrabuh Mansour Hadi et discuter de l'expansion de l'empreinte du géant énergétique français dans le pays.

Selon le site internet de la présidence du Yémen, Christophe de Margerie avait alors indiqué que la relation avec le Yémen était «stratégique» et que Total développait ses sites pétroliers dans le pays.

Selon l'expert Mohammad Abdolrahman Sharafeddin, Riyad achèterait des armes avec l'argent du pétrole volé au peuple yéménite et les fournirait à ses mercenaires pour pourchasser les opposants chiites du Yémen.

En janvier, la coalition dirigée par l'Arabie saoudite, qui soutient la présidence de Mansour Hadi, a affronté un groupe de rebelles houthis dans la région de Bab el-Mandab, passage essentiel pour les 3,8 millions de barils de pétrole du Moyen-Orient destinés au marché occidental. 

Un accord entre Riyad et Washington pour avoir la mainmise sur le pétrole yéménite ? 

À la fin de l'année 2016, un autre expert économique, Hassan Ali al-Sanaeri, avait déclaré que Washington et Riyad avaient soudoyé l'ancien gouvernement yéménite pour qu'il s'abstienne des activités de forage et d'exploration pétroliers, alors même que la recherche scientifique et les évaluations effectuées par les sociétés de forage internationales montrent, selon lui, que les réserves de pétrole yéménites sont les plus importantes de toute la région du golfe Persique.

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25 février 2017 6 25 /02 /février /2017 10:15

Voulez-vous “sharing” ? Personnellement, ça ne me dit rien et je crains que ça ne dise pas grand-chose non plus au Comité international olympique qui décidera, le 13 septembre prochain, à Lima, de la ville lauréate pour l’organisation des Jeux olympiques d’été 2024 : Paris, Los Angeles ou Budapest ?

Entre nous, j’avoue que si nous pouvions, cette fois encore, nous prendre une gamelle, j’en serais fort soulagée car je vous le dis tout net : je crains les Jeux olympiques comme la peste. En vérité, j’ai très très peur pour nos impôts. Du coup, je me réjouirais presque de la dernière polémique autour du slogan choisi par notre comité de candidature : “Made for Sharing” ou « Venez partager », en version française. Partager quoi : le saucisson, la pizza ? Avouez, c’est d’un tartignole !

C’est, d’ailleurs, sans doute pour faire oublier cette « tartitude » abyssale que nos penseurs olympiques ont choisi de l’annoncer en anglais.

Mais voilà, ça ne passe pas, et trois associations de défense de la langue française ont décidé de porter l’affaire en justice au motif que ce slogan en pur globish constitue une « insulte grave à la langue française » et « une violation de la Constitution ». L’assignation sera, en principe, déposée dès lundi devant le tribunal administratif.

L’Académie française a fait part, elle aussi, de sa réprobation, soulignant notamment que l’article 23 de la Charte olympique précise que « les langues officielles du Comité international olympique sont le français et l’anglais ». Et d’abord le français !

Bernard Pivot est, lui aussi, venu sonner la charge sur RTL ce vendredi matin : « Évidemment, je trouve que ce slogan est une faute, une ânerie, c’est une erreur. C’est une faute contre la langue française qui est une langue olympique, c’est une ânerie car, même dans la langue de Shakespeare, ce slogan est d’une grande platitude. » Enfin, soulignait-il, « c’est une erreur car, dans leur arrogance, les pays anglophones vont trouver normal que les Français s’expriment en anglais alors que les pays francophones vont s’étonner, s’indigner que Paris, capitale de la francophonie, fasse la courbette devant la langue qui n’est pas seulement celle de Shakespeare mais celle de Donald Trump ».

Mais le pire, le plus « invraisemblable », dit-il, « c’est que tout le Comité olympique français ait accouché d’un slogan aussi plat, aussi nul ». Avis partagé !

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25 février 2017 6 25 /02 /février /2017 10:10

Emmanuel Macron comme Donald Trump : le phénomène est plus intéressant que le personnage lui-même. Comment expliquer l’actuel phénomène Macron, qui se veut candidat hors système, alors qu’il est justement un pur produit du système ?

On peut facilement ironiser sur le personnage. Le petit Mickey travesti en Rastignac, la petite chose qui veut se faire aussi grosse qu’un président, le Micron transformé en Maqueron, le Ken du couple Ken et Barbie, le télévangéliste christique débitant à chacun les niaiseries qu’il veut entendre. Mais tout cela ne cerne qu’imparfaitement le phénomène. Ce qui frappe d’abord, c’est qu’Emmanuel Macron est le premier candidat postmoderne que l’on ait jamais vu se présenter à l’élection présidentielle. Les arguments raisonnés, les promesses lyriques, les démonstrations destinées aux électeurs, tout cela faisait encore partie de la modernité. Avec la postmodernité, on est dans l’affect à l’état pur, dans l’émotion, l’amour, l’extase. Le sentiment submerge tout, comme dans le discours des gourous.

Certains reprochent à Macron de n’avoir pas de programme et de multiplier les déclarations contradictoires. Mais on perd son temps à s’indigner ou à vouloir lui répondre. En régime postmoderne, les contradictions n’ont aucune importance, et ce n’est pas avec des programmes que l’on conquiert l’opinion. C’est avec des postures et des incantations. Ce ne sont pas les mots qui comptent, mais le métalangage, pas le réel mais le plus-que-réel, pas le textuel mais l’hypertextuel. En recourant à des stratégies narratives, à des mécanismes persuasifs fondés sur ce que lui indiquent les algorithmes, Macron ne cherche à convaincre que d’une chose : qu’il faut communier avec lui, fusionner avec lui, qu’il faut l’aimer autant qu’il s’aime lui-même (« Parce que je veux être Président, je vous ai compris et je vous aime ! »). Il est plein de vide, mais ce vide le remplit mieux que tout autre contenu. Une bulle, certes, mais qui continue à enfler.

Un mutant politique, un phénomène typiquement postmoderne.

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25 février 2017 6 25 /02 /février /2017 10:05

Un employé du Pôle-Emploi de Saint-Germain-en-Laye commence une grève de la faim pour une raison peu commune. Comme le raconte RTL, cet employé a en effet été sanctionné pour une blague sur l’État Islamique qui n’est pas bien passée auprès de tout le monde l’été dernier, et il vit depuis six mois un enfer à cause de cela.

Au mois d’août, alors qu’un séisme secoue l’Italie, l’homme envoie un mail à ses collègues annonçant que « Daech revendique le tremblement de terre ». Dix jours après, il est convoqué par le responsable sécurité de sa direction régionale : il est par la suite suspendu de ses fonctions, et une plainte est déposée pour « apologie du terrorisme ». Son domicile a été perquisitionné, l’homme placé en garde à a vue mais l’affaire classée sans suite.

La direction de Pôle-Emploi lui impose une mutation, en échange d’une levée des sanctions : une mesure que l’employé refuse, car il estime ne rien avoir à se reprocher. Handicapé et diagnostiqué anxio-dépressif, il est en arrêt maladie depuis septembre. L’homme, qui se lance maintenant dans une grève de la faim pour protester contre son traitement, prévoit maintenant d’engager un avocat et de porter l’affaire devant la justice.

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25 février 2017 6 25 /02 /février /2017 09:56

Vous avez parlé « d’un bain idéologique » dans lequel sont les journalistes. Pouvez-vous expliquer cette notion de « bain idéologique » ?

Dans lequel ils sont et dans lequel ils nous plongent ! Les médias nous rappellent en permanence ce que nous devons penser sur tel ou tel sujet. Ils fixent la ligne officielle de la pensée autorisée. Et le discours médiatique jouit d’une énorme puissance prescriptive, aussi bien sur la forme que sur le fond. Comme je le dis dans mon livre, quand on est prof, on a beaucoup de mal à faire accepter que tel ou tel mot n’existe pas, ou ne s’emploie pas de telle manière, face à des élèves soutenant que « à la télé, ils disent comme ça ». Eh bien, c’est pareil pour les idées portées par ce discours. Nous savons d’instinct ce que nous pouvons dire et ce que nous ne pouvons pas dire, ou pas dire trop fort, ou pas avec n’importe qui. Car nous avons très bien intériorisé la ligne officielle. Il y a un discours spécifique aux médias sur des sujets comme l’immigration, le climat, la condition des femmes, la pédagogie, les mœurs, etc. Et ce discours n’est pas réductible à la doctrine d’un parti. C’est le dogme auquel nous sommes appelés à communier, une espèce de garantie d’unité, même si ce n’est qu’une unité de façade maintenue par la crainte généralisée d’être considéré comme un individu divergent.

 

Justement, vous abordez la question à la fois passionnante et terrifiante de l’inquisition médiatique qui « traque la pensée déviante » qui s’écarte donc du politiquement correct. Comment se caractérise cette inquisition médiatique ?

Il faut rappeler ce qu’est fondamentalement l’inquisiteur, afin d’éviter de le réduire à une figure du passé nécessairement associée à la prévalence sociale de la religion. L’inquisiteur est le garant de la paix civile, dans la mesure où il est le gardien du dogme. Il s’assure que les discours déviants ne prennent pas trop d’ampleur et ne mettent pas en péril la concorde, l’unité de la société qui repose sur une adhésion consentie ou contrainte au dogme officiel. On peut dire qu’il assure la police de la pensée. Et ce n’est pas nécessairement quelqu’un de cruel ! L’inquisiteur n’a pas le pouvoir de condamner à mort, ce n'est même pas lui qui soumet les gens à la question, c’est-à-dire à la torture. Il se charge des questions. De même, quand un journaliste demande « Regrettez-vous d’avoir dit cela ? », quand il traque les « dérapages » et appelle au « rétropédalage », il est dans une posture inquisitoriale. Et comme devant l’inquisiteur, si vous présentez des excuses, si vous vous humiliez, si vous récitez bien votre acte de contrition, vous reprenez une vie normale. Si vous persistez, on vous adjoint définitivement le qualificatif de « sulfureux » et tout ce que vous pourrez dorénavant dire ou faire sera discrédité par principe.

 

Cette inquisition est-elle selon vous l’apanage des grands médias traditionnels ?

Oui, pour la bonne et simple raison qu’il faut disposer d’une autorité reconnue pour prétendre avoir la légitimité de prononcer ce qu’on pourrait appeler des verdicts de fréquentabilité, c’est-à-dire des jugements reposant sur des critères moraux, même si les journalistes ne le reconnaissent pas. On se cachera derrière la défense de « nos valeurs ». Ou derrière de faux étiquetages politiques : telle personne sera dite « d’extrême droite ». On a l’impression que c’est une caractérisation objective ; en réalité, c’est une condamnation morale. On accuse parfois les organisations antiracistes ou des lobbys en tout genre d’être aussi des inquisiteurs mais je ne suis pas d’accord. Ils disposent de la visibilité et de la puissance de frappe que veulent bien leur donner les médias. Ils n’existeraient pas sans eux.

 

Lire l'interview d'Ingrid Riocreux

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25 février 2017 6 25 /02 /février /2017 09:51

Le bandeau rouge entourant le livre donne précisément le ton du dernier essai de Jean-Claude Michéa, socialiste proudhonien, conservateur libertaire, critique orwellien du capitalisme : « Il est aujourd’hui plus facile d’imaginer la fin du monde que celle du capitalisme. » Cette citation (empruntée au philosophe américain Fredric Jameson) donne le vertige, tant il est vrai que le capitalisme comme « processus qui n’existe que par le mouvement », selon Marx, semble ne pas vouloir s’arrêter dans son fol arraisonnement prométhéen du monde.

Plus rien, en effet, n’échappe à son emprise et, n’en déplaise aux libéraux de tout poil, sectateurs d’Adam Smith, de Frédéric Bastiat ou de Milton Friedman, la fameuse « main invisible du marché » a, c’est le moins que l’on puisse dire, littéralement perdu… la main sur le marché, celui se configurant perpétuellement suivant la boussole toujours changeante des intérêts économiques et procéduraux du moment. Car, c’est un fait, rappelle Michéa, que le « bougisme » est cet état consubstantiel au capitalisme qui récuse, d’avance, toute notion d’enracinement, de sédentarité, voire de temporaire stabilité : « La mobilité (qu’il s’agisse de celle des capitaux, des marchandises et des humains eux-mêmes) définit, depuis Adam Smith, la condition sine qua non de tous les équilibres entre l’offre et la demande. »

Fidèle à sa méthode de la pelote qu’on dévide (quatre chapitres sous forme de réponses à autant de questions et pas moins de seize scolies, elles-mêmes enrichies de substantielles notes infrapaginales), Michéa, en marxologue conséquent, poursuit sa patiente et passionnante généalogie des implications radicales du capitalisme, ce « tout-marché » « axiologiquement neutre » ayant fini par capturer dans sa nasse la « gauche de progrès » qui, ce faisant, n’en finit pas de s’éloigner toujours plus et sans remords du socialisme originel. Qu’un Manuel Valls ait pu, en son temps, exhorter à débaptiser le Parti « socialiste » est assez révélateur du grand tournant libéral de la « gauche républicaine », déjà imprimé au moment de l’affaire Dreyfus.

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25 février 2017 6 25 /02 /février /2017 09:46

La conférence de Munich sur la Sécurité s’est tenue du 16 au 19 février [1]. Comme chaque année, elle a réuni plus de 500 ministres et parlementaires européens, ainsi que des invités étrangers. Il s’agit de la plus importante rencontre internationale en matière de Politique étrangère et de Défense européenne.

Il y a dix ans, en 2007, Vladimir Poutine y faisait scandale en soulignant que l’intérêt des Européens n’était pas de suivre le Pentagone dans ses aventures militaires, mais de se comporter de manière indépendante [2]. Et il rappelait que son pays, la Russie, est aussi un État européen, même s’il est exclu de l’Union européenne. Les participants s’étaient gaussés de lui et de ses prétentions. Ils s’étaient unanimement jetés dans les jupes de l’Otan.

Cette fois, c’est Sergey Lavrov qui a fait scandale en appelant à un ordre mondial post-Occidental. Force est de constater que l’Otan a perdu sa supériorité en matière de guerre conventionnelle —même si elle la garde haut la main en ce qui concerne la guerre nucléaire—. Force est de constater qu’après 15 années de guerre ininterrompue au « Moyen-Orient élargi », le mirage d’un remodelage régional en micro-États de moins de 10 millions d’habitants et le phantasme d’une éradication des régimes laïques au profit d’une dictature des Frères musulmans ont échoués.

D’une manière ahurissante, les Européens persistent à poursuivre ce but, qui leur avait été imposé par Washington, mais dont le Peuple états-unien et son président Donald Trump ne veulent plus. Aussi s’appuient-ils sur l’État profond états-unien (c’est-à-dire le gouvernement de continuité de Raven Rock Mountain qui organisa les attentats du 11-Septembre). Leurs dirigeants politiques ne cessent de dénoncer préventivement le racisme et l’islamophobie supposés de Donald Trump, eux qui ont applaudi lorsque George W. Bush et Barack Obama tuaient plus de 3 millions de personnes.

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