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22 juillet 2017 6 22 /07 /juillet /2017 10:12

Fondée en 1990 par Bernard-Henri Lévy, la revue La Règle du Jeu a fêté à la fin de 2010 ses vingt ans au Flore, le café que fréquentèrent autrefois Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre, en face l’église Saint-Germain-des-Prés. Les temps ont bien changé et le quartier aussi. Le grand luxe y a détrôné l’existentialisme. Pour cet anniversaire, le Flore a accueilli de nombreux invités. Une foule disparate où l’on trouvait des intellectuels certifiés, des journalistes établis et quelques hommes politiques importants. Une oligarchie des lettres et des arts, de la presse et des médias bien plus que des affaires et de la politique. Mais une oligarchie non dépourvue de pouvoir en ces temps de communication de masse.

L’anniversaire de la revue de Bernard-Henri Lévy met en évidence un capital culturel de grande ampleur par la présence d’une « intelligentsia » dont les qualités peuvent être éventuellement discutées, mais qui représente un pouvoir considérable dans les structures de production des biens culturels. Les gens de lettres étaient foison, depuis Philippe Sollers jusqu’à Milan Kundera en passant par Christine Angot. Belle brochette pour l’information écrite avec Laurent Joffrin, directeur de Libération, Etienne Mougeotte, qui occupe le même poste au Figaro, Franz-Olivier Giesbert, qui dirige Le Point, ou encore Maurice Szafran, directeur de Marianne, et Nicolas Brimo, administrateur délégué au Canard enchaîné.

Côté ondes hertziennes, un choix de gourmet : Jean-Luc Hees et Philippe Val, respectivement présidents du groupe Radio France et de France Inter. Pour la télévision, on citera Michèle Cotta, ancienne directrice de France 2, Thierry Ardisson et Marc-Olivier Fogiel, sans oublier le principal intéressé de la soirée, Bernard-Henri Lévy, qui, entre autres liens avec les chaînes publiques, a été reconduit en 2009, pour cinq ans, et à la demande de Nicolas Sarkozy, à la présidence du conseil de surveillance d’Arte, où il siège depuis 1993.

Mais l’hôte du Flore n’est pas sans contacts avec le monde des affaires. Bernard-Henri Lévy lui-même est, selon le Who’s Who, le fils d’un président de société. L’entreprise de négoce de bois de la famille Lévy, la Becob, a été rachetée en 1997 par M.François Pinault. Les relations entre le philosophe et l’homme d’affaires semblent cordiales. Dans son rôle de mécène, M. Pinault n’oublie pas de soutenir les affaires de Bernard-Henri Lévy, dont la production de films. Celui-ci tient une chronique régulière dans Le Point, propriété de M. Pinault. M. Xavier Niel, actionnaire majoritaire et dirigeant historique du groupe Iliad (Free), douzième fortune professionnelle de France selon Challenges, représentait également le patronat lié aux médias et à la communication. L’un des deux autres propriétaires du Monde, M. Pierre Bergé, ancien président-directeur général d’Yves Saint Laurent, participait également à la soirée.

Une telle fête ne pouvait être celle de l’oligarchie sans que le monde de la politique y soit représenté. Les rigueurs de l’hiver n’ont pas empêché Mme Simone Veil, MM. Bruno Lemaire (Union pour un mouvement populaire), Laurent Fabius (Parti socialiste), François Bayrou (Mouvement démocrate) et Hubert Védrine (ancien ministre des affaires étrangères qui avait commandé à Bernard-Henri Lévy un rapport sur l’Afghanistan) de rejoindre leurs amis à Saint-Germain-des-Prés.

 

Extrait de « L’imposture de Bernard-Henri Lévy » dans « le Monde diplomatique »

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22 juillet 2017 6 22 /07 /juillet /2017 10:00

C'est une mesure phare du quinquennat Hollande, qui sera bientôt remise en cause. Le Premier ministre, Edouard Philippe, a dévoilé, samedi 8 juillet, les contours du nouveau compte pénibilité, renommé "compte de prévention". Cette révision, prévue pour 2018, fait partie de la réforme du Code du travail souhaitée par l'exécutif. 

Entré partiellement en vigueur en 2015, le compte pénibilité permet aux salariés du secteur privé travaillant dans certaines conditions difficiles de partir plus tôt à la retraite, de suivre une formation ou de travailler à temps partiel avec un même niveau de salaire. Considéré comme une "usine à gaz" par bon nombre d'entreprises, ce compte sera désormais simplifié. Sur les 10 critères de pénibilité existants, six seront encore pris en compte.

Les quatre critères réévalués - manutention de charges lourdes, postures pénibles, vibrations mécaniques et exposition aux risques chimiques -, les plus décriés par les organisations patronales, n'accorderont plus les mêmes droits. Les salariés confrontés à ces formes de pénibilité pourront partir plus tôt en retraite si "une maladie professionnelle a été reconnue", et si "le taux d'incapacité permanente excède 10%", a précisé le chef du gouvernement samedi, dans une lettre adressée aux partenaires sociaux. 

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22 juillet 2017 6 22 /07 /juillet /2017 09:53

Les emplois familiaux vont être interdits pour les parlementaires. Mais quid des pacsés ? Des concubins ? Des anciens conjoints ? Des concubins des enfants ? Des enfants de conjoints ? Des maîtresses ou des amants ? Va-t-on avoir, comme autrefois pour les mariages entre cousins, toute une jurisprudence canonique qui permettra de savoir jusqu’à quel degré de parenté on sera écarté d’un emploi d’attaché parlementaire. En bref, un cousin issu de germains sera-t-il proscrit ? J’ignore si le Conseil constitutionnel sera saisi, mais bien que je ne fusse pas juriste, au vu de la petite liste non exhaustive que je viens de donner, la loi devrait en toute logique être censurée, tellement sa base juridique me paraît branlante. Mais elle passera sans problème cet obstacle, car elle est dans l’air du temps. (Je devrais dire démagogique ?)

Les parlementaires, surtout les sénateurs, sont furieux, en partie car la nouvelle loi va bousculer des habitudes bien établies, mais aussi à cause des remarques que je viens d’émettre.

Ils sont d’autant plus agacés qu’une autre mesure promise par M. Macron pendant sa campagne va également être adoptée, et qu’elle est exactement le contraire de la précédente, sans que cela ne dérange notre Président si à cheval sur la moralisation de la vie publique. En effet, Mme Macron va disposer d’un statut légal, en tant que femme du président de la République. Elle aura droit, légalement, à quatre ou cinq collaborateurs. Il s’agira bien de la création ex nihilo d’un emploi purement familial.

Les conjoints officiels ou pas de MM. Sarkozy et Hollande avaient déjà droit à cette faveur. Leurs assistants faisaient partie du personnel (pléthorique) de l’Élysée. Mme Trierweiler nous coûtait, paraît-il, 400.000 euros par an et Mme Bruni 600.000. M. Macron a-t-il peur que la Sécurité sociale le poursuive car il fait travailler Brigitte sans la payer. Imaginez qu’elle se casse la jambe pendant ses fonctions semi-officielles. Qui devrait payer la facture d’hôpital ? On peut également ajouter que, si le statut de première dame avait été adopté au temps de M. Hollande, peut-être celui-ci aurait-il été destitué, puisqu’on aurait alors eu la preuve qu’il était en couple avec l’impétueuse Valérie et que, donc, les deux tourtereaux avaient l’obligation de déclarer ensemble leur patrimoine pour l’ISF – ce qu’ils n’ont pas fait !

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22 juillet 2017 6 22 /07 /juillet /2017 09:44

Sorti de terre au mois d’avril 2016, le mouvement d’Emmanuel Macron « En Marche! », devenu, fort du succès à l’élection présidentielle, La République En Marche!, continue son irrésistible ascension. Mais cette fois-ci, il n’est nullement question de succès électoraux mais davantage de réussite financière pour le « parti » – même si les principaux cadres LREM réfutent désormais cette appellation jugée trop archaïque à leurs yeux –  de la majorité présidentielle devenu le mouvement politique le plus riche de France. Un véritable prodige pour une structure ayant derrière elle à peine quinze mois d’existence. La République en Marche!, avec la victoire d’Emmanuel Macron à la présidentielle et la « transformation de l’essai » aux législatives suivantes est à la tête d’un véritable trésor de guerre. Une « parenthèse enchantée » – qui ne se refera pas avant 2022 au minimum – qui va permettre au parti de la majorité de bénéficier de plus de 100 millions d’euros de financement public sur l’ensemble du quinquennat avec un « premier versement » de 20,5 millions d’euros en juin 2018. Une belle manne, qui va d’ailleurs permettre à la République en Marche! de conserver son système d’adhésion gratuite, parfois raillé par ses concurrents durant la campagne présidentielle.

La méthode de calcul est particulièrement simple. Toute formation politique ayant obtenu au moins 1% dans au moins 50 circonscriptions obtient 1,42 euro (contre 1,6 euro en 2012) par voix récoltée, durant toute la durée du quinquennat. Avec 28,21% des suffrages – et ne disposant d’aucun élu jusqu’alors – le compte est bon pour la République en Marche! qui, sur ce seul volet, va toucher la bagatelle de 9 millions d’euros par an pendant cinq ans. Ajoutée à cela la « seconde tranche » de 37 280 euros attribuée à chaque candidat élu député – La République en Marche! dispose d’un contingent de 309 députés siégeant dans les travées du Palais Bourbon – et ce sont 11,5 millions d’euros supplémentaires qui tombent dans les caisses du mouvement de la majorité présidentielle. Soit un total de 20,5 millions par an.

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22 juillet 2017 6 22 /07 /juillet /2017 09:40

Chose passée inaperçue, le tribunal de grande instance (TGI) de Metz a débouté, en avril dernier, l’Association francophonie avenir (AFRAV), qui avait intenté une action pénale contre l’aéroport international de Lorraine suite à la décision de ce dernier de se donner, en toute illégalité, la dénomination anglaise de « Lorraine Airport ».

En effet, et pour sa défense, la direction de l’aéroport estime que la langue anglaise est « plus adaptée au domaine aéronautique où l’anglais fait référence »… d’où une décision qui permettrait sans doute aux avions de ne pas se perdre dans le ciel ni d’exploser en plein vol. Cette attitude n’est pas sans rappeler celle de la direction collaborationniste de la SNCF qui avait poussé le gouvernent de Vichy à aligner la France sur l’heure allemande afin, selon elle, de faciliter la circulation des trains…

Pourtant, la décision de l’aéroport de Lorraine est en totale contradiction avec la loi Toubon de 1994, qui interdit aux personnes morales de droit public « l’emploi d’une marque de fabrique de commerce ou de service constituée d’une expression ou d’un terme étranger ». Ce qui n’a pas empêché le TGI de Metz de débouter l’association (au motif saugrenu que celle-ci « ne pouvait ester en justice »), tout comme l’avait fait avant lui le tribunal administratif de Nancy à la suite d’une première procédure intentée en 2015. Pire encore : le tribunal de Metz a même jugé nécessaire de condamner l’association à verser la somme de 1.500 euros à l’aéroport, alors que le budget annuel de cette petite structure formée de bénévoles n’est que de 2.000 euros.

L’AFRAV compte toutefois faire appel. « Nous ne nous tairons pas et n’abandonnerons pas l’aéroport aux anglomanes », a déclaré M. Régis Ravat, président de l’association. Et d’ajouter : « Nous allons rassembler nos forces et nos sous pour revenir plus forts sur le terrain et continuer le combat […]. Plus que jamais la Résistance à la dictature au tout-anglais doit s’organiser, plus que jamais ceux qui contribuent à angliciser notre environnement linguistique doivent être dénoncés, attaqués et condamnés. »

L’association AFRAV, particulièrement active et qui s’est dotée d’un site Internet régulièrement mis à jour, fait donc une nouvelle fois preuve d’un courage et d’une ténacité qui pourraient, et devraient, inspirer nombre de nos concitoyens.

D’ailleurs, qu’un aéroport international (ou une grande école) se donne un nom en anglais est absolument inimaginable au Québec, ou encore en Afrique francophone, vaste comme 3 fois l’Union européenne. Qu’un tribunal refuse d’appliquer la loi est également impensable à Montréal (3e pôle mondial de l’aéronautique et de l’industrie du jeu vidéo) où la loi… est la loi !

Cette décision de justice prouve donc, une fois de plus, que la France est bien devenue une sorte de république bananière, où la « Justice » elle-même entrave et empêche l’application de la loi.

Plus grave encore, et au mépris de ses propres intérêts économiques et géopolitiques, le message ainsi adressé par la France aux pays francophones, francophiles et au reste du monde est donc le suivant : cessez de parler ou d’apprendre le français, et mettez-vous au tout-anglais et aux valeurs qui s’y rattachent !

La France d’aujourd’hui est bel et bien la principale menace qui pèse sur la langue et la culture françaises dans le monde.

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22 juillet 2017 6 22 /07 /juillet /2017 09:29

En 1994, après la chute de l’Union soviétique, Michael Caputo travaillait pour l’administration Clinton. A la demande de Clinton, il part vivre en Russie en 1994 pour conseiller Boris Yeltsin tout en étant employé par l’Agence pour le développement international des Etats-Unis. Sa mission était d’aider Yeltsin à remporter un second terme au poste de Président de la Russie.

«J’ai été envoyé en Russie en 1994 par l’administration Clinton pour [que les Etats-Unis] fassent réélire Boris Yeltsin… je pense que la Russie s’est mêlée de notre élection [2016] tout comme elle intervient dans toutes les élections des pays importants– exactement comme nous le faisons. Nous ne piratons peut-être pas– encore que peut-être que si– mais je peux vous dire avec certitude, pour avoir été envoyé en Russie, pour avoir été impliqué dans leur élection, que tous les partis d’opposition russe ont été inquiets du travail que je faisais, et ont demandé que je cesse tout ingérence dans leur élection. [Alors que nous nous offusquons que la Russie se soit ingérée dans notre élection], je n’ai pas manqué de noter l’ironie de la situation.

[…]

J’ai été envoyé par l’administration Clinton pour m’impliquer dans l’élection. Je travaillais pour la Commision centrale électorale [russe], et je tentais de guider l’élection et d’aider le candidat [Yeltsin].

« Contrairement à ce que l’on veut nous faire croire, la candidate des Russes, c’était Hillary Clinton.

Poutine voulait la faire élire, et non Donald Trump, pour une raison simple : la prévisibilité.

Poutine déteste Hillary Clinton, mais elle est prévisible et il est capable d’anticiper ses décisions, alors qu’il ignorait totalement Trump– comme l’ensemble du monde– et ne pouvait pas savoir quel président il serait, ce qu’il ferait, comment il agirait et réagirait.

Dans ses manœuvres géopolitiques globales, une Hillary Clinton était bien plus facile à manipuler pour un russe ancien du KGB à la mentalité du joueur d’échec, qu’un inconnu dont les réactions sont imprévisibles. »

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22 juillet 2017 6 22 /07 /juillet /2017 09:23

Depuis 2009 —à la brève exception de la période allant de mars 2013 à novembre 2014—, la Bulgarie est gouvernée par Boïko Borissov, un personnage haut en couleur, issu de l’une des principales organisations criminelles européennes, la SIC. Rappelons que la Bulgarie est à la fois membre de l’Otan et de l’Union européenne et qu’aucune de ces deux organisations n’a émis la moindre critique contre l’arrivée au pouvoir d’un chef mafieux identifié depuis longtemps par les services internationaux de police.

C’est donc clairement en mettant leur vie en jeu que Dilyana Gaytandzhieva a remonté la filière et que la rédaction du quotidien de Sofia, Trud, a publié son dossier [1]. Si la Bulgarie a été l’un des principaux exportateurs d’armes vers la Syrie, elle a bénéficié de l’aide de l’Azerbaïdjan.

Depuis le début des printemps arabes, un gigantesque trafic d’armes a été organisé par la CIA et le Pentagone en violation de nombreuses résolutions du Conseil de sécurité de l’Onu. Toutes les opérations que nous allons récapituler ici sont illégales en droit international, y compris celles organisées publiquement par le Pentagone.

En matière de trafic d’armes, même lorsque des individus ou des sociétés privées servent de paravent, il est impossible d’exporter des matériels sensibles sans l’assentiment des gouvernements concernés.

Toutes les armes dont nous allons parler, sauf les systèmes de renseignement électronique, sont de type soviétique. Par définition, même si l’on prétend que des armées dotées d’armes de type Otan sont les destinataires finales de ces livraisons, c’est impossible. Ces armées servent juste à couvrir le trafic.

On savait déjà que la CIA avait fait appel à la SIC et à Boïko Borissov pour fabriquer en urgence du Captagon à destination des jihadistes en Libye, puis en Syrie. Depuis l’enquête de Maria Petkova publiée dans Balkan Investigative Reporting Network (BIRN), on savait que la CIA et le SOCOM (Special Operations Command du Pentagone) avaient acheté pour 500 millions de dollars d’armes à la Bulgarie, entre 2011 et 2014, pour les jihadistes. Puis que d’autres armes furent payées par l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis et transportées par Saudi Arabian Cargo et Etihad Cargo [2].

Selon Krešimir Žabec du quotidien de Zagreb Jutarnji list, fin 2012, la Croatie livrait aux jihadistes syriens 230 tonnes d’armes pour une valeur 6,5 millions de dollars. Le transfert en Turquie était opéré par trois Iliouchine de la compagnie Jordan International Air Cargo, puis les armes étaient parachutées par l’Armée qatarie [3]. Selon Eric Schmitt du New York Times, l’ensemble de ce dispositif avait été imaginé par le général David Petraeus, directeur de la CIA [4].

Lorsqu’en 2012, le Hezbollah tenta de découvrir le trafic de la CIA et du SOCOM, un attentat fut perpétré contre des touristes israéliens à l’aéroport de Burgas, le centre névralgique du trafic. Contre l’enquête de la police bulgare et les constatations du médecin légiste, le gouvernement Borissov attribua ce crime au Hezbollah et l’Union européenne classa la Résistance libanaise comme « organisation terroriste » (sic). Il fallut attendre la chute provisoire de Borissov pour que le ministre des Affaires étrangères, Kristian Vigenine, souligne que cette accusation est sans aucun fondement.

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22 juillet 2017 6 22 /07 /juillet /2017 09:16

Le russe Gazprom (Газпро́м) veut construire un nouveau gazoduc (Nord Stream 2) de 9,5 milliards d’euros dans la Baltique, qui augmenterait d’un tiers en 2019, soit de 55 milliards de m3, le gazoduc sous-marin Nord Stream 1 déjà existant entre Vyborg (Выборг, Russie) et Greifswald (Allemagne).

Suite à l’opposition de l’Ukraine et de la Pologne, dont les gazoducs continentaux Yamal et Brotherhood passant par leurs territoires sont court-circuités, Gazprom a été amené à être le seul actionnaire du projet. Le français Engie, les allemands Uniper (ex-E.ON) et Wintershall (BASF) ainsi que l’anglo-néerlandais Shell ont décidé d’être seulement des financiers à hauteur de 10 % chacun, et non plus des actionnaires, ce qui était initialement prévu. Nord Stream, passant sous la mer, échappe à la juridiction de Bruxelles ; les Allemands considèrent ce projet comme strictement commercial.

Mais le 15 juin 2017, le Sénat américain a décidé, au grand dam de l’Europe, d’envisager des sanctions contre les entreprises européennes « du fait des effets préjudiciables de Nord Stream 2 sur la sécurité énergétique européenne ». Bref, l’Amérique est plus royaliste que le roi Europe, alors qu’il s’agirait bien au contraire de diminuer la sécurité énergétique de l’Europe et de nous obliger à acheter du gaz de schiste américain transporté sous forme liquéfiée à partir des États-Unis jusqu’à des ports terminaux européens. À noter qu’aux États-Unis mêmes, l’idée d’exporter du gaz de schiste est considérée par l’Industrial Energy Consumers of America comme stupide car contribuant à augmenter la cherté du gaz dans les industries manufacturières porteuses de valeur ajoutée.

Selon Isabelle Kocher, directrice générale d’Engie, « il s’agit d’une ingérence spectaculaire et inacceptable dans les affaires européennes », après les sanctions financières des États-Unis contre BNP Paribas, Alstom et les contraintes imposées à Renault, PSA et Total pour investir en Iran. Cette implication est d’autant plus surréaliste, impérialiste et inacceptable que Nord Stream est un projet non américain avec des entreprises non américaines et un financement sans dollars américains.

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15 juillet 2017 6 15 /07 /juillet /2017 11:18

 

Il est toujours très difficile, pour le chroniqueur, le témoin de son temps, osons l’expression, que je suis depuis bientôt trente ans, dans des médias réputés petits par la diffusion mais grands par la qualité (je fais ici allusion à « De long en large », à « l’Union Pacifiste, au « Libertaire », à feu « le Provisoire, mensuel du berrichon évolué », à « l’Arbre est dans la graine », et à beaucoup d’autres qui minent souterrainement le capitalisme ultra libéral et la connerie ultra-libérée, lesquels s’expriment dans de prétendus grands journaux, qui ne sont lus que par les malades qui attendent chez le dentiste, chez le médecin ou chez le coiffeur ! alors que nos lecteurs à nous sont tous en bonne santé mentale !) donc je reprends ma phrase proustienne (ou mal foutue) il est difficile de choisir l’information la plus pertinente, la plus significative, qui donne l’image la plus exacte de la France de l’an 2002.

Ainsi, en ce 14 mars 2002, j’ai le choix entre trois nouvelles d’un intérêt exceptionnel : le médecin de l’abbé Pierre, la femme qui meurt deux fois, et le faux policier-violeur. Le caducée et le goupillon, la fausse résurrection et la faute de français connue sous le nom de pléonasme.

Commençons par le commencement, c’est-à-dire l’abbé Pierre. Comme vous, je sais depuis longtemps que si l’abbé Pierre ne meurt jamais, c’est qu’il est soigné par un excellent médecin, c’est-à-dire un praticien, qui le remplace à chaque fois qu’il meurt. Vous pensez bien que depuis l’hiver 53 ou 54, l’abbé Pierre n’est plus le personnage d’origine. Il y a belle lurette que le premier abbé Pierre est retourné à la poussière, comme c’est prévu dans les textes officiels du Vatican. Or voilà que son médecin (le combientième depuis 1954 ?)  vient d’être arrêté pour quatre hold-up commis en 1990 et condamné par contumace depuis cette date à neuf ans de prison. Cette nouvelle pose d’épineux problèmes de nature religieuse. Tout d’abord, l’abbé Pierre a-t-il correctement confessé son médecin durant les douze dernières années ? Ensuite, les faits s’étant déroulés dans la région de Milan, l’abbé Pierre appartient-il à la mafia ? (je ne parle pas de la mafia du Vatican, celle-là est autorisée). Ce braqueur étant âgé aujourd’hui de 45 ans, l’abbé Pierre, l’a-t-il connu dans les années soixante et n’a-t-il pas commis, à cette époque, des actes de pédophilie, qui expliqueraient le comportement anormal de ce médecin ? Il nous semble que l’inusable abbé s’est mis dans un bien mauvais cas de figure. A moins, évidemment, que ce jeune médecin ait commis ses hold-up dans le noble but d’acheter en Italie des abbés Pierre de rechange (ou d’occasion !) qui coûtent nettement moins cher qu’en France, les ecclésiastiques étant détaxés au pays des papes, et produits en série. On saisit en tout cas l’importance de cette information, qui mériterait d’être étudiée de plus près, sur TF1, par exemple.

 Le cas de la femme qui meurt deux fois est également du plus haut intérêt. Cette brave retraitée de 72 ans a été, dit mon quotidien, « déclarée morte à tort, décédée à tort dans la chambre froide d’un cimetière ». Elle serait, si je comprends bien la langue française, décédée à ses torts ? Auquel cas, elle n’a rien à dire. L’affaire s’est déroulée dans une maison de retraite et le médecin (pas celui de l’abbé Pierre, attention, ne mélangeons pas tout !) ayant constaté le décès avait fait « placer le corps en chambre froide » (sic).Or, quelques heures plus tard, les employés de la morgue, voulant mettre le corps dans un cercueil, l’avaient trouvé tiède, le corps. Il y a là un évident dysfonctionnement de la chambre froide, puisqu’elle attiédit, autrement dit réchauffe les vieux morts. On dépêche alors un second médecin (qui n’est toujours pas celui de l’abbé Pierre, il a déjà commis quatre hold-up, on ne va pas lui mettre cette affaire sur le dos, en plus, déjà qu’il supporte des abbés Pierre à longueur d’années) qui, se basant probablement sur la tiédeur du corps, établit un second certificat de décès. Le Parquet a ouvert une enquête pour « homicide par imprudence ». Voilà qui me paraît bien aventureux, car si cette femme se réchauffe dans les frigidaires, qui nous dit qu’elle ne va pas refaire le coup une troisième fois ? Ou alors n’a-t-on pas confondu la chambre froide et le four à micro-ondes ? Vous avouerez que cette histoire est troublante et l’on discerne à travers ce problème de société, comme une sorte de malaise chez les médecins (et chez leurs clients !).On saisit en tout cas l’importance de cette information, qui mériterait d’être étudiée de plus près sur TF1, par exemple.

 Reste le cas du faux policier violeur. La particularité de ce personnage très imaginatif c’est qu’il se présentait comme un policier en civil mais qu’il était « reconnaissable à sa parka jaune ». Il avait donc inventé le faux uniforme pour passer inaperçu. A ce stade de la réflexion on est en droit de se demander s’il n’y pas davantage de policiers qu’on croit en France, puisque la « parka jaune » est présentée ici comme un uniforme clandestin. Mais ce qui intrigue surtout dans ce fait de société, c’est que ce faux policier ne se soit pas acheté un vrai uniforme. Il aurait été beaucoup plus facile pour lui d’exercer ses activités dans les vrais commissariats, ainsi qu’on l’a vu souvent dans les faits-divers.

Le lecteur va se demander où se situe exactement la cohérence de ces réflexions philosophiques. Réponse : dans le déguisement. L’abbé Pierre est déguisé, ce n’est pas le vrai. Le policier est déguisé en non-déguisé, ce n’est pas le vrai. La vieille femme vivante est déguisée en vieille femme morte, ce n’est pas une vraie. 

Encore un problème de société qui mériterait d’être étudié sur TF1 !

 

Rolland HENAULT (paru dans En long en Large, 2002)

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15 juillet 2017 6 15 /07 /juillet /2017 10:57

Il existe un grand danger à moquer l’homme de pouvoir conscient ou soupçonneux de sa propre imposture, car pour faire taire le mépris et naître le respect, le faible puissant usera de son pouvoir de vie et de mort. Ainsi, le Président Hollande allait déclencher un nombre record d’actions militaires, faisant de lui le Président le plus guerrier de la Ve République.

Rappelons, par exemple, ses pathétiques interventions au sommet de l’OTAN de 2014. Alors qu’il veut montrer son importance sur des sujets graves, Hollande est longuement questionné sur des révélations d’histoires d’alcôve et d’arrière-cour et, suite à un sondage catastrophique, il se justifie même de ne pas démissionner. Impatient de faire taire un public rigolard, il finit par lâcher : « Nous sommes ici au Conseil de l’OTAN, là où se décident la paix et la guerre ! » Sur l’Ukraine, il profère alors des menaces contre la Russie : « Si nous ne parvenons pas à un accord durable de paix, eh bien, nous connaissons parfaitement le scénario, il a un nom, il s’appelle la guerre. » Souvenons-nous également qu’en mai 2015, il déclare avoir livré illégalement des armes aux rebelles syriens dès son arrivée au pouvoir, aggravant ainsi la guerre civile, ou encore qu’en 2016, il revendique plusieurs assassinats réalisés dans le plus grand secret. À quoi peuvent bien servir ces actes et ces révélations, sinon à tenter d’être respecté en rappelant qu’il a le pouvoir de provoquer la mort ?

Les incessantes moqueries sur l’inconsistance du Président Macron donnent des résultats du même type depuis le soir du 7 mai au Louvre, dans cette mise en scène extrêmement inquiétante car mélangeant volonté de puissance, solitude du leader et danseuses à moitié nues. Il y eut ensuite, entre autres, ses menaces de guerre ouverte contre la Syrie, ses défilés dans un véhicule militaire, sa visite au G5 Sahel, son arrivée hélitreuillée dans un sous-marin nucléaire ou même sa rencontre avec Porochenko, le tout sur fond d’accusations répétées contre la Russie destinées, selon le bon vieux schéma populiste, à désigner l’é-tranger méchant. 

 
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