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6 avril 2015 1 06 /04 /avril /2015 09:11

Dieudonné soutient Jean Roucas. Qui l’eût cru ? Le chansonnier vieille école invité à se produire au théâtre de la Main-d’Or, temple de la dissidence… Le choc des générations ! La rencontre surréaliste de deux univers que tout sépare… Merci Manuel Valls, merci Jacques Mailhot (patron du théâtre des « Deux-Ânes » et potentiel troisième), le métissage est en marche. Vous en rêviez, le voici. … Un comique noir, un blanc, l’un classique, l’autre moderne… Amateurs de mayonnaises, à vos mixers ! Mais ne nous emportons pas. L’offre faite par Dieudonné à Jean Roucas de monter un spectacle intitulé « Heil Hollande » est périlleuse.

Autre lieu, autre public. Adieu les cars de retraités, les nostalgiques du « Bébête Show » et autres amateurs de jeux de mots… Bonjour les rebelles pointilleux habitués à la poilade sans facilité ni calembours. La proposition est empoisonnée. Comment passer d’un auditoire conquis d’avance à des bandes de soraliens avides d’humour qui cogne, de sketchs aux limites de la limite ?

Dans l’éventualité où Jean Roucas relèverait le défi, artistiquement, il se trouve placé face à deux possibilités. La première consiste à faire détourner les cars en route pour les « Deux Ânes » pour les amener de force à la « Main d’Or ». Un terroriste débutant se ferait un plaisir de mener à bien l’opération moyennant un léger pourcentage sur les recettes. Vider l’un pour remplir l’autre, vases communicants, transfert de clientèle, faillite des « Deux Ânes »… Jacques Mailhot en slip kangourou sur le boulevard de Clichy. L’ambiance animalière serait sauve. La morale aussi.

La solution deuxième est plus aride. Jean Roucas se saisit de l’occasion pour donner un second souffle à sa carrière en tentant d’adapter son talent à son époque. Gros challenge. Révolution bien ordonnée commence par soi-même. Le comique chamboule sa routine et se révèle tout neuf, paré pour un nouveau départ. Un oisillon à lunettes perce la coquille et surprend son monde. Les retraités désertent spontanément les ânes, les jeunes affluent, Jacques Mailhot se mord les sabots. Collaro arrive et relance un « Bébête Show » insolent avec Dieudonné en marionnette de mouton noir… Beaucoup de travail à la clé.

Entre ces deux extrêmes reste la possibilité, pour Jean Roucas, de jouer la carte du comique officiel de la dissidence d’un certain âge. Un « Deux Ânes » bis quelque part entre le XIe arrondissement de la Main d’Or et le bas de la butte Montmartre… Ou bien quelque part en France. Dans un lieu improbable. À l’instar du Royal Palace, ce cabaret avec girls emplumées installé en rase campagne sur lequel personne n’aurait misé une cacahuète, Jean Roucas pourrait inaugurer une nouvelle formule consistant en un petit théâtre de chansonniers anti-système. Dans le spectacle « Heil Hollande », une parodie de Julie Gayet en Eva Braun passablement dénudée ferait le plein tous les soirs… et remplirait d’aise les lassés du comique convenu. À lui de jouer…

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