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6 avril 2015 1 06 /04 /avril /2015 08:56

Je n’aime pas les aïe-phone, ni les aïe-truc en général.

Non parce que ce n’est pas bien en soi.

Mais c’est l’utilisation militaire des techniques marketing faite par les as d’Apple qui me gêne.

Ils sont capables de persuader des gens intelligents de camper devant les magasins et de se battre pour avoir le dernier i-truc avant même de savoir à quoi il sert.

Ce qui me dérange, humainement parlant, c’est cette espèce d’endoctrinement collectif malsain.

La montre qui ne donne pas l’heure

Ma montre est une Swatch achetée il y a 20 ans. Elle m’a coûté l’équivalent de 45 euros. Elle m’a toujours donné l’heure à la seconde près. Aucun réglage à faire, aucun décalage. Juste changer la pile une fois tous les 4 ans, ce qui m’a coûté 8 euros la dernière fois.

La montre Apple coûte de 349 dollars à 11 000 dollars selon les modèles. Elle est partout présentée comme la nouveauté indispensable. À entendre les médias, seuls les nuls, les « loosers », continueront à porter leurs vieilles montres qui se contentent de donner l’heure.

En fait, la montre Apple ne vous garantit même pas de vous donner l’heure.

Son autonomie n’est que de 18 heures, ce qui veut dire qu’elle tombera en panne de batterie tous les jours si vous ne vous préoccupez pas de la recharger.

Et encore. 18 heures est la donnée constructeur. On sait que, dans les faits, ce sera moins, et avec le temps et l’usure, encore moins.

La montre Apple vous permet de téléphoner, et ça c’est vraiment « supercool » a expliqué le patron de Apple.

En réalité, la montre ne permettra de téléphoner que si vous avez aussi à proximité votre iPhone dernier modèle. Je ne vois donc pas ce qu’apporte la montre de ce point de vue. Mais je dois être trop bête pour comprendre.

La montre Apple vous permet de suivre la météo, les fluctuations de la Bourse, l’évolution du Yen. Personnellement, je m’en fiche comme de ma dernière chemise mais ce n’est peut-être pas votre cas, si vous êtes professionnel de la banque.

La montre Apple permet de faire des jeux vidéo. Cela me paraît être plus un désavantage qu’autre chose…

Mais venons-en à l’aspect santé, puisque c’est quand même notre sujet.

La montre Apple permet de surveiller votre rythme cardiaque. Il existe, ou existera bientôt, des « apps » qui mesureront votre pression artérielle, votre risque de diabète, etc.

Pourquoi pas, mais j’ai beau être en faveur de la santé, je ne trouve pas souhaitable que la préoccupation pour la santé tourne ainsi à l’obsession.

Mon but est justement de vivre sainement pour ne pas avoir à me préoccuper de mes paramètres biologiques en permanence. Je souhaite ne pas avoir besoin de surveiller mon rythme cardiaque, ma pression artérielle, ma glycémie ni mon cholestérol.

Enfin, et c’est bien sûr le point le plus important, la montre Apple coûte cher, très cher. Surtout si vous prenez le modèle en or, à 11 000 euros.

La montre Apple ne vaudra plus rien d’ici peu. Un iPhone ou un MacBook d’il y a cinq ans, c’est invendable. L’écran est en ruine, la batterie ne marche plus et le machin beugue dans tous les sens…

Dans 3 ans au plus tard, la nouvelle montre Apple sera dépassée. Un nouveau modèle sortira. Puis un autre. Puis un autre. Comme pour l’iPhone qui en est déjà à sa 8e version.

Les personnes qui auront acheté la montre à 11 000 euros pourront la revendre au poids de l’or. Mais l’or ne vaut pas si cher que cela. L’or 24 carats est à 25 euros le gramme, soit 750 euros pour une montre qui contient 30 grammes d’or.

Un i-truc à 11 000 euros ne vaudra plus que 750 euros dans 3 ans.

Pourtant, je suis certain que la firme Apple réussira à vendre chacune des montres qu’elle produira. De très nombreuses personnes vont donc, on ne sait comment, trouver l’argent pour s’acheter la montre Apple.

C’est curieux mais c’est comme ça.

Anecdotes personnelles

J’essaye de perdre le moins de temps possible avec les choses matérielles.

Cela veut dire choisir les objets les plus simples possible. Pour réduire le risque qu’ils ne tombent en panne.

Par exemple, j’ai toujours circulé à pied ou à vélo. Dans les années 70-80, c’était un vélo qui n’avait que trois vitesses, un seul frein, pas de garde-boue, pas de lumière, un simple cadran réfléchissant devant et derrière.

Jamais ce vélo ne s’est cassé. Jamais je n’ai eu d’accident.

Malheureusement, on me l’a volé.

J’ai racheté un vélo avec deux freins et des lumières. L’époque avait changé. Les gens commençaient à vous considérer comme un fou de circuler sans lumière. Puis ce fut le tour du casque. Mais je continue à refuser le gilet jaune fluorescent. Pour moi, c’était un des grands plaisirs du vélo que de pouvoir se sentir libre, sans casque, sans ceinture, sans harnachement.

Quand j’ai dû acheter une voiture, il m’a semblé évident d’acheter la plus simple, celle qu’on n’a pas peur d’abîmer, et me permettant de transporter du volume facilement.

J’ai cassé ma tirelire et j’ai choisi un Citroën Jumpy. Il me permet de camper, de transporter des meubles, des outils, des auto-stoppeurs… et des enfants qui peuvent pique-niquer et même jouer à trappe-trappe à l’intérieur ! (à l’arrêt)

Sur des départementales limitées à 70, jalonnées de radars, je me demande parfois ce que ressentent les conducteurs que je croise à bord de bolides surpuissants, qui coûtent des fortunes, qui n’ont aucune place à l’intérieur et qui sont bien obligés de se traîner, comme tout le monde, à allure d’escargot.

Pourquoi je n’ai pas de portable

Il se trouve que je n’ai pas de téléphone portable mais ce n’est pas par « technophobie ».

Simplement, j’ai oublié le mien en descendant du TGV en juillet 2011. C’était un petit téléphone Ericsson gris, avec des touches et un écran en noir et blanc. Bien des jeunes ne doivent plus se souvenir que des téléphones mobiles aussi primitifs ont existé un jour. D’ailleurs, la marque Ericsson a disparu. Comme j’étais en vacances, rien ne me pressait pour en racheter un. J’ai donc laissé passer quelques jours et… quel bonheur ! J’ai redécouvert le plaisir d’avoir, en permanence, la certitude de ne pas être « sonné ».

Quoiqu’on en dise, même si c’est un ami qui appelle, le téléphone portable qui bipe, qui vibre ou qui sonne provoque à chaque fois une petite secousse émotionnelle. On s’interrompt, on se précipite. On laisse tomber les personnes en chair et en os autour de soi, on arrête de manger, on ferme son livre et, en général, ça n’en vaut pas la peine. Il n’y avait en fait pas de vraie urgence. Rien qui nécessite de tout arrêter séance tenante.

Je parle déjà régulièrement des effets du stress sur votre santé. Chacun devrait laisser son téléphone au placard pendant 15 jours. Essayez ! Et je ne parle même pas du danger des ondes. La rédaction d'Alternatif Bien-Être y consacre sa une dans sa prochaine édition : quels sont les risques réels et comment s'en prémunir. Voici déjà les conseils indispensables à découvrir ici.

Au début, ma mère et ma femme se sont plaintes. J’ai aussi eu quelques remarques de collègues. Et puis tout le monde s’est habitué. « Ah oui, Jean-Marc, il a pas de portable… » ça surprend sur le coup. Et puis on s’aperçoit que, finalement, ça ne pose pas de problème. Je me suis racheté une télécarte pour appeler d’une cabine téléphonique. Mais je m’en sers peu. Deux fois par mois maximum.

Le calme retrouvé m’a permis de reprendre le temps de lire. De lire et de penser. De penser et de ne rien faire.

Et franchement, je vous assure, ne rien faire, c’est vraiment utile !

À votre santé !

Note : Cette lettre m'a été très inspirée par le blogueur Charles Sannat, dont j'ai essayé de reproduire la démonstration en espérant qu'il ne m'en voudra pas si elle est moins brillante que la sienne [1]

Source :

[1] « La montre la plus nulle… la i-Bidule qui fait tout sauf donner l’heure !! »

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Publié par Jean-Marc Dupuis
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