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11 avril 2015 6 11 /04 /avril /2015 09:51

Pour son premier passage derrière la caméra, Jamel Debbouze, 39 ans, a transposé, librement et maladroitement, le livre de Roy Lewis (1960). Décryptage d'une comédie préhistorique bancale qui pêche par manque d'humour.

● Un scénario poussif

Jamel Debbouze voulait faire rire avec une comédie optimiste, «à message», mais les aventures d'Édouard, le fils aîné du roi des Simiens, un personnage qui lui ressemble et auquel l'humoriste prête sa voix laissent de marbre. Le héros est rejeté pas son peuple qu'il réussira finalement à amadouer. Entre-temps, il tombe amoureux d'une «bombasse», Lucy (oui comme la première femme préhistorique découverte par Yves Coppens). Elle est doublée par Mélissa Theuriau, l'épouse de Jamel Debbouze. Édouard découvre le feu, la viande cuite et l'espoir, mais pas comment l'on déride le public.

● Des personnages numériques assez affreux

Ni tout à fait préhistoriques, ni tout à fait humains, dénués de sexe, les personnages numériques du film sont somme toute assez laids. Mais, curieusement, ils se reproduisent. Les mâles ne voient pas plus loin que le bout de leur nez et les femelles ont oublié qu'elles possèdent un cerveau. On est loin de la grâce de certains héros comme ceux de Steven Spielberg dans Tintin ou ceux d'Avatar de James Cameron.

● L'imagination n'est pas au pouvoir

Si Jamel Debbouze affirme qu'il lui a fallu sept ans et 40 millions pour faire ce film, il ne résiste pas à la comparaison avec les grosses productions comme Le Livre de la Jungle, Le Roi lion, L'Âge de glace ou encore Les Croods dont certaines scènes de Pourquoi j'ai pas mangé mon père s'inspirent largement. Comme pour pallier un manque d'imagination, l'avatar numérique de Louis de Funès fait aussi une apparition. Paix à son âme.

● Des dialogues d'une grande banalité

C'est à se demander comme Édouard a appris à parler avec son père adoptif, Ian, un gentil balourd qui ressemble beaucoup à Baloo. Un dinosaure dans un champ de pâquerettes. Ses congénères ne prétendent pas non plus philosopher, mais ils auraient pu certainement faire chauffer davantage leurs neurones. Oui, les dialogues sont bêtes à pleurer. Le feu d'ailleurs, «c'est qu'un fils de taupe». On attend sans jamais les avoir les saillies auxquelles Jamel Debbouze nous avait autrefois habitués.

● Une bande-son téléphonée

La musique du film prétend illustrer les péripéties vécues par Edouard. Barry White, Aretha Franklin, Stevie Wonder, mais aussi Merlot et DJ Kore ne suffisent pas à combler l'indigence des scènes déjà explicites par elles-mêmes (la rencontre entre Edouard et Lucie, les éléments déchaînés par la sorcière, ...)

Bref, si vous cherchez encore une punition pour vos enfants...

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