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11 avril 2015 6 11 /04 /avril /2015 09:46

Pour le procureur de la République, il pourrait être coupable "d'apologie d'actes de terrorisme". Pour ses soutiens, il est victime d'une "décision brutale et non motivée", voire d'une "chasse aux sorcières". Lui-même juge la situation "absurde". L'histoire de Jean-François Chazerans, professeur de philosophie dans un lycée de Poitiers visé par une enquête de la police judiciaire pour "apologie d'actes de terrorisme", défraie la chronique dans la presse régionale de la Vienne, et pourrait bien rebondir dans les médias nationaux – l'enseignant encourt une peine de cinq ans de prison et 75.000 € d'amende. L'affaire, pourtant, est particulièrement floue : parmi les témoignages des défenseurs et accusateurs du professeur, le "non confirmé" le dispute au "non infirmé", et à peu près personne ne peut produire de preuves de ce qu'il avance. @si tente de faire le point.

QUE LUI REPROCHE-T-ON ?

Le 24 janvier, une première version de l'affaire circule : le professeur de philosophie Jean-François Chazerans, enseignant au lycée Victor-Hugo de Poitiers, serait "suspendu pour ne pas avoir respecté la minute de silence" organisée le 8 janvier à midi en hommage aux victimes de la tuerie de Charlie Hebdo.

La mesure de suspension a été prise par le rectorat de l'Académie de Poitiers. Le recteur Jacques Moret, interrogé par La Nouvelle République, explique avoir agi à la suite de plaintes de parents d'élèves : "Il y a eu des plaintes de familles. L'enseignant aurait tenu des propos déplacés pendant la minute de silence. J'ai immédiatement diligenté une enquête. Le professeur a été suspendu. Il fallait l'éloigner de ses élèves. La procédure suit son cours. Le conseil de discipline statuera sur la suite de sa carrière."

Problème : Chazerans explique qu'il n'a pas pu perturber la minute de silence... car il n'était pas dans l'établissement à ce moment-là. Il le confirme à @si (après l'avoir expliqué à la presse locale) : "Les cours se terminent à moins 5. À midi, j'étais déjà parti". Il a effectivement reçu une lettre lui notifiant sa mise à pied à titre conservatoire à compter du 21 janvier, mais le courrier ne précise pas les motifs de cette suspension.

La version de l'affaire évolue alors : il pourrait en fait être visé pour des propos tenus lors de discussions avec ses élèves à propos de l'attentat à Charlie Hebdo." Le professeur a en effet organisé des débats dans ses différentes classes, le 8 janvier, à la demande des lycéens. Ce n'est que ce jeudi que le motif de la procédure disciplinaire à son encontre lui a été signifié : il a reçu une lettre lui indiquant qu'il était convoqué par le recteur à une commission de discipline le 13 mars 2015 pour "propos inadéquat tenu en classe."

Voilà pour le volet disciplinaire. Parallèlement, l'affaire prend une tournure judiciaire : saisi par le rectorat, le parquet annonce le 26 janvier, par la voix du procureur, qu'une "information judiciaire pour apologie d'actes de terrorisme" est ouverte, et que l'enquête est confiée à la PJ de Poitiers.

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