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18 juillet 2015 6 18 /07 /juillet /2015 10:50
Céline l’emmerdeur toutes catégories

Les gens qui n’aiment pas Céline, il faut les mépriser. Ils sont malhonnêtes, sournois, ils ont sûrement participé aux chambres à gaz, sans le dire !

Céline, c’est d’abord un individu. « C’est un garçon sans importance collective…tout juste un individu », cette phrase est en exergue de la première édition de La Nausée. Extraite de « l’Eglise ». de LF Céline.

Et puis cessez de vous avancer avec vos préjugés. On ne devient pas antisémite en lisant Céline. On ne devient pas pédé en lisant Proust. On ne devient pas chevalier en lisant le Roman de la rose. On ne devient pas consommateur en lisant Baudrillard.

Céline en veut à toutes les races de la terre. Il a le droit. Antisémite, ce n’est plus la mode du moment, en 2015. « Bagatelles pour un massacre » est un livre très drôle. Un livre génial. Relisez le passage sur le Docteur Toutvabienovich. Comme vous êtes trop faignant, je vous cite un passage (le narrateur est en visite dans un hôpital de Leningrad):

« Les étudiants, un peu abrutis, un peu boutonneux, un peu malveillants, comme tous les étudiants du monde, en prennent de la graine…il s’agissait de farfouillages, de décollages des replis, de grands suintements du vagin…du col…en grande série…un petit jet de permanganate et floutt…je te plonge dans une autre motte…la moitié du bras…il se secouait à peine les doigts…et floup !... fonçait dans la prochaine…pas une seconde de perdue… »

Vous avez tous compris, sinon c’est que vous n’êtes pas faits pour les études. Vous n’êtes faits pour rien d’artistique. Vous n’êtes pas faits pour grand-chose. La planète aurait pu se passer de votre présence.

Tout d’abord critique des étudiants. Céline généralise facilement. Il demande pas l’autorisation. Les étudiants se posent jamais de questions. Ils « en prennent de la graine ». Les étudiants ça réfléchit pas. Quand on est abrutis, boutonneux, malveillants, impossible de réfléchir.

Ensuite, il y a le lexique de Céline. Céline, qui est médecin, n’emploie pas le vocabulaire médical. Céline est médecin des pauvres, il utilise non pas les pauvres, mais le langage des pauvres, « farfouillages, décollages… » un mot technique quand il peut pas faire autrement (permanganate, vagin, col…) Céline a volontiers recours à ce que les écrivains de plateaux télévisés, appellent les grossièretés (la motte). Il procède par exagérations, comme Rabelais dans son Gargantua (je te plonge, la moitié du bras). Recours aussi aux onomatopées (floutt, floup).

Critique de la médecine, qui est une lutte contre le temps, un vaste combat pour le fric…(pas une seconde de perdue…) La médecine est pas humaniste, pas humanitaire…

Céline a écrit un texte sur Rabelais (médecin comme lui). Ca s’intitule « Rabelais il a raté son coup ». Céline écrit comme Rabelais, pour écrire comme Rabelais il faut « mettre sa peau sur la table »…(entretien télévisé en 1957)… « il faut payer ». Payer de sa vie, certainement…

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