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15 août 2015 6 15 /08 /août /2015 09:22

Notre « audacieux » Président n’aura cessé de se prendre les pieds dans le tapis de la géopolitique internationale et d’envoyer la facture aux inépuisables contribuables français.

Le Canard enchaîné nous annonce, cette semaine, que la note pour les deux Mistral non livrés sera de deux milliards. C’est oublier que ce ne sont pas deux mais quatre Mistral qui étaient initialement prévus. Tout commence, en effet, en 2011 : le ministre de la Défense d’alors, Alain Juppé, signe, le 25 janvier 2011, à Saint-Nazaire, avec le vice-Premier ministre de la Fédération de Russie, Igor Setchine, une lettre d’intention portant sur la construction de quatre navires de classe Mistral, dont deux sont mis en chantier dans la foulée pour une modique somme tournant autour du milliard d’euros. Le manque à gagner est donc d’un milliard et la facture de deux milliards. Total : trois milliards.

Il faut dire que – coïncidence ? – pendant ce temps, les superbes mais trop onéreuses réalisations aéronautiques comme le Rafale peinent franchement à trouver acquéreur. L’épineux blocage de la vente des Mistral prend alors la tournure cocasse que nous connaissons. À mesure qu’il devient plus évident que leur livraison n’aura pas lieu, abracadabra : des Rafale (impossibles à vendre jusqu’alors) se trouvent enfin fourgués en Égypte puis en Inde. Le montant des contrats correspondants (5 milliards d’euros pour l’Égypte et presque autant pour les 36 Rafale indiens, à 4,3 milliards d’euros) compenserait largement les pertes encourues sur les deux Mistral russes.

Outre l’annulation du contrat sur les Mistral, le plus gros morceau du contrat indien passe définitivement à la trappe, puisque l’Inde ne veut plus des 126 avions escomptés (ils préfèrent acheter des avions russes !). Manque à gagner : 48 milliards d’euros.

D’autre part, la structure même du montage financier égyptien laisse perplexe : sur les 5,2 milliards concernés, dont pour le moment seul un acompte de 500 millions a été versé, la moitié est constituée de prêts négociés par l’État égyptien auprès de banques… françaises. Autrement dit, un État, endetté jusqu’au cou, actuellement assez instable politiquement et dont la qualité du crédit, si elle n’est certes pas grecque, n’est tout de même pas franchement excellente, emprunte 2,6 milliards d’euros auprès de banques d’un pays lui-même financièrement à la rue pour acheter des avions coûteux, et on est prié de croire que tout va se passer comme sur des roulettes.

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