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19 septembre 2015 6 19 /09 /septembre /2015 09:18

Irma la Douce a d’abord eu un auteur et un compositeur. Alexandre Breffort et Marguerite Monnot. Et ces deux artistes, c’est pas n’importe qui ! Alexandre Breffort d’abord. Sans aucun souci des préséances. Alexandre Breffort tenait une rubrique dans le « Canard Enchaîné », mais ce n’est pas tout. Cette rubrique s’intitulait « Grand père Zig ». Autant dire qu’il n’avait aucun lien de parenté, même intellectuelle, avec un trou du cul comme Lorant Deutsch. Mais ce n’est pas tout. Alexandre Breffort a été écrivain, scénariste, vendeur des quatre saisons, chauffeur de taxi, et… déserteur. En 1939, il décide de partir dans un pays neutre, la Suède, en compagnie de Roger Monclin, un des fondateurs de l’Union Pacifiste. Il est arrêté, emprisonné à Stockholm, puis, libéré, il revient à Paris où il sera de nouveau arrêté et emprisonné en 1942, il est détenu pendant quatre mois. Rien à voir avec le trou du cul cité plus haut. Il était entré au Canard en 1934. Une seule citation donne une idée du bonhomme : « Dieu est un vieux monsieur qui adore se faire prier ». Dans le même genre, extrait de la même chronique du Canard : « Vous y croyez, vous ? » (l’auteur en est Dieu lui-même, dans un entretien avec Alexandre Breffort). Breffort avait écrit une pièce de théâtre : « Les harengs terribles » qui servira de livret pour Irma la Douce. Et pour Marguerite Monnot, la principale compositrice d’Edith Piaf. Elle a fait la musique de nombreux grands succès d’Edith Piaf, dont la « Vie en rose ». La comédie musicale « Irma la Douce » triomphera non seulement en France mais en Grande Bretagne et aux Etats-Unis, à Broadway. Il faut dire quelques mots aussi de Colette Renard, puisque les crétins obtus qui reprennent « Irma la Douce » en 2015 n’en soufflent pas un mot. Colette Renard est une chanteuse populaire, qui reprend, notamment, des refrains des chanteuses réalistes de la génération précédente. Elle contribue à faire le succès d’ « Irma la Douce », en 1956. Je rappelle la date de naissance de Colette Renard : 1924. Et la date de son décès : 2010. Elle fera une de ses dernières apparitions au « Théâtre Déjazet » en 2002. Mais elle a partagé la scène de Bobino avec Brassens et elle a fait l’Olympia à plusieurs reprises. Elle aurait mérité que Nicole Croisille en dise deux ou trois mots à la télévision. Nicole Croisille méprise ses brillantes devancières. Tirons la chasse d’eau sur cette bande de trous du cul, qui ose s’approprier « Irma la Douce » en 2015. Sans un mot pour les auteurs et les interprètes de 1956.

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