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12 décembre 2015 6 12 /12 /décembre /2015 10:59

La force de Paris-Plage réside exclusivement en son décor. Sa mise en scène. À l’intérieur, inutile de chercher le moindre intérêt, excepté une longue errance le long de la Seine à la recherche d’un hypothétique lieu de baignade. Peine perdue. La plage de Bertrand Delanoë et Anne Hidalgo n’est que pure vue de l’esprit. Du théorique marqué sur des panneaux. Par décision préfectorale, ce lieu devient « plage » l’été. Un point c’est tout. Le bobo qui n’en revient pas, court s’allonger sur le sable face à des masses d’eau dans lesquelles il n’a pas le droit de se plonger. Une frustration gratuite ne se refuse pas.

L’hiver, l’animation continue avec la découverte des trucages du budget de ce Paris-Plage sans plage. (Le Larousse est formel : une plage est un rivage en pente douce où l’on se baigne.) 1,5 million annoncés mais 4,8 millions découverts par la Chambre Régionale des comptes d’Ile de France. Une comptabilité sous-marine qui arrive à point nommé pour justifier le concept. C’est donc, munis de palmes et de bouteilles à oxygène que les membres de la vénérable institution comptable ont mis à jour l’amphore miraculeuse contenant un excédent de dépenses trois fois supérieur à celui annoncé. Sous les pavés la plage, et sous la plage, les briques. 3,3 exactement. « Les évaluations financières diffusées à la presse et au conseil de Paris ne correspondent […] ni aux dépenses réalisées par les directions pour l’organisation de l’opération, ni au montant des partenariats obtenus » révèle « Le Point.fr » (prononcer lepoinpoin fr)

Selon la presse surgelée, le tour de passe-passe aurait consisté principalement en une occultation intégrale des sommes versées par les divers partenaires. Lors de leur remontée à la surface, les joyeux baigneurs de la Cour des comptes ont également remarqué des retards de paiement de plusieurs mois ainsi que de nombreux dysfonctionnements dans le budget annoncé. L’ivresse des profondeurs sans doute.

La mairie de Paris n’a répondu, pour l’instant, que par une longue plage de silence. Les bobos demandent où sont les cabines.

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Publié par ELIZABETH
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