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23 avril 2016 6 23 /04 /avril /2016 11:41

Le 12 avril dernier, Clovis Cornillac et, avec lui, par procuration, des centaines de milliers de téléspectateurs ont versé une larme en quittant la tribu des Miao installée dans la province chinoise du Guizhou. Avec « Rendez-vous en terre inconnue », la télévision, jamais avare de pathos, a inventé une nouvelle forme de colonialisme : le néo-colonialisme télévisuel.

À l’autre bout de la planète, les chefs de tribu accueillent, tantôt avec un enthousiasme sincère, tantôt avec une méfiance non feinte, les Zazie, Marianne James, Bruno Solo, Muriel Robin et autres Adriana Karembeu adoptant, quant à eux, un enthousiasme surjoué ou une appréhension à peine larvée. Durant les quinze jours de tournage, les échanges se décrispent au fil des conversations, des silences et des activités. Rapidement, les larmes des pleureuses sur commande coulent à flots. Au moment de la séparation avec ces peuplades reculées ayant résisté à la mondialisation, elles se déverseront par torrents.

En plein désert, au sommet d’une montagne, au milieu de la mer, les tribus vivent selon des traditions qui les protègent des méfaits de la modernité. Bien que le commentaire qui accompagne les pérégrinations des vedettes ne manque jamais d’insister sur les dangers encourus par ces villages d’irréductibles, les programmes télévisés qui pénètrent dans l’intimité des territoires inconnus, à travers l’œil pervers de célébrités véhiculant la mondialisation, brisent la part d’unicité de chacun des lieux violés.

Les caméras ont remplacé les armes. Les sourires béats des célébrités se sont substitués aux visages fermés des soldats. La colonisation passe mieux lorsqu’elle se fait en douceur.

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