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4 juin 2016 6 04 /06 /juin /2016 10:00

Le chantier du complexe EuropaCity, prévu pour couvrir 80 hectares, pourrait être lancé en 2019 pour une ouverture au public prévue en 2024. Il s’inscrit dans une zone d’aménagement concertée (ZAC) qui projette en tout d’urbaniser 280 hectares. Les promoteurs d’EuropaCity tempèrent, mettant en avant un projet de « ferme urbaine » de sept hectares et un « parc urbain » de dix hectares. S’y ajoutent, selon les plans, 23 hectares de commerces – l’équivalent de 33 terrains de football ! –, 2 700 chambres d’hôtels, des restaurants, et parc de loisirs.

« Ce sera un lieu hybride, proposant des expériences inédites, résume Christophe Dalstein, directeur du projet EuropaCity. On y trouvera le plus grand parc aquatique de France, mais aussi un parc des neiges, des salles de spectacles, des boites de nuits... ». L’opinion de Guillaume Faburel, enseignant chercheur en études urbaines, est plus tranchante : « Europacity se veut être une des nouvelles cathédrales du néo-libéralisme urbain » [1].

Gigantisme contre sobriété énergétique

Le projet porté par Alliages & Territoires – filiale d’Immochan, appartenant au groupe Auchan – vise les 31 millions de visites annuelles [2]. Soit deux fois plus qu’Euro Disney, première destination touristique d’Europe [3] ! La question des tarifs est à l’étude, mais selon des chiffres consultés par Basta !, le prix des entrées varierait de 3 à 5 euros pour la ferme urbaine, entre 20 et 30 euros pour le parc des neiges... et entre 65 et 200 euros pour le cirque contemporain ! Pas sûr à ces prix là que les familles franciliennes, notamment celles de Gonesse et d’Aulnay-sous-Bois, vivant pour un quart d’entre-elles en-dessous du seuil de pauvreté, profitent régulièrement d’EuropaCity.

A l’heure où la sobriété énergétique devrait être un impératif, le projet d’implanter une piste de ski, une piste de luge et un snowpark à 20 kilomètres du centre-ville de Paris interroge... « On n’a pas l’impression que la COP21 a eu lieu, avec ce parc à neige accolé à un parc nautique. Ça n’est pas climato-compatible ! », s’insurge Denez L’Hostis, président du réseau France Nature Environnement (FNE). Kevin Vasseur, en charge de l’environnement à Europacity, assure à l’inverse que « le projet s’inscrit profondément dans la transition énergétique ». L’objectif visé serait même de « produire l’ensemble des besoins en énergie directement sur le site ». Plusieurs scénarios seraient à l’étude – géothermie, méthanisation, cogénération, bois, photovoltaïque... – mais rien n’est encore précisé.

Marion Robert, membre du Collectif pour le triangle de Gonesse (CPTG), constitué en mars 2011 en réaction à l’annonce du projet [4], enrage : « les besoins en énergie d’Europacity sont de 160 gigawatts-heure par an. C’est l’équivalent de la consommation de 70 000 habitants ! » Produire sur place et de manière écologique l’équivalent des besoins énergétiques d’une ville comme Drancy paraît, à ce stade, bien peu réaliste.

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Publié par ELIZABETH
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