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24 septembre 2016 6 24 /09 /septembre /2016 09:32

D’où lui vient ce féminisme chevillé au corps ? De son arrière-grand-mère, explique-t-elle au Parisien Magazine il y a quelques jours, l’une des trois femmes médecins qui existaient en France à cette époque. Réfléchissons. Si, à partir de Julie, née en 1972, on soustrait 25 ans à chaque tranche générationnelle, on arrive donc à une arrière-grand-mère née autour de 1900. Le hic ? Le nombre de femmes à obtenir leur doctorat, cette année-là, s’élevait déjà à… 31. Et elles sont plus de 160 à avoir obtenu leur diplôme entre 1890 et 1900, selon l’étude de Pierre Moulinier à propos du nombre de « doctoresses » et présentée au colloque Histoire/Genre/Migration à Paris, en mars 2006. Difficile, dans ce cas, de penser que, quelques années plus tard — le temps pour l’aïeule de Julie Gayet de grandir et de suivre ses études —, ces pionnières de la médecine ne soient plus que trois ! Cherchez l’erreur…

Mais ce n’est pas tout : cette arrière-grand-maman qui fait la fierté de Julie Gayet s’est drôlement distinguée. Comme il était « mal vu qu’une femme médecin ausculte des hommes nus (sic), alors elle s’est dirigée vers la recherche ».

Bien lui en prit car, finalement, grâce à ces impératifs drôlement osés, elle « a inventé l’héparine », précise-t-elle, tout émue. Deuxième hic : l’héparine fut découverte par deux médecins américains, en 1916. Année où l’illustre en question aurait eu environ 16 ans. Et même dans l’hypothèse où elle en aurait eu dix de plus, « inventrice » du premier anticoagulant à seulement 26 ans, la chose serait suffisamment extraordinaire pour que madame Gayet pense à le souligner, non ?

Soucis de chronologie par-ci, mensonges par-là, la dame semble terriblement occupée. Peut-être parce qu’elle vient de produire Grave, un film trois-en-un : comédie – épouvante – horreur. Comme le quinquennat de son amant ! C’est l’histoire de Justine, 16 ans, que ses camarades, lors d’un bizutage, forcent à manger de la viande humaine crue. Ce qui lui fait découvrir sa vraie nature : être issue d’une famille de vétérinaires végétariens mène à tout et même au cannibalisme ! À Toronto, des spectateurs ont dû être évacués par ambulance, tant « ils se sentaient mal », et à Cannes, lors de la dernière Semaine de la critique, d’autres ont manifesté un profond dégoût ; c’est dire…

Mais revenons à notre lumineuse militante féministe. Les clichés sexistes ? Dans sa famille, elle n’en a jamais connu. Ce qui n’empêche pas notre grande prêtresse de mettre en garde les jeunes réalisatrices œuvrant dans les écoles, et que le féminisme « gonfle », contre la tentation de laisser tomber la question. C’est qu’il ne s’agirait pas que les petites filles s’imaginent leur vie « forcément derrière les fourneaux ». De fourneaux, notre Julie connaît ceux de l’Élysée, mais pas sûr qu’elle soit souvent derrière…

Une affabulatrice « gore » et un menteur « normal » : ah, ils font la paire, tous les deux, Julie et François ! Tombe (en français) sort en mars 2017 : heureuse prémonition ? On peut toujours l’espérer !

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Publié par ELIZABETH
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