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7 octobre 2017 6 07 /10 /octobre /2017 10:45

Depuis 2010 sont appliquées en Grèce des mesures ressemblant étrangement, sur de nombreux points, aux « lois Travail XXL » qui doivent être prochainement adoptées par ordonnances en France. Sept ans après les premières dispositions, le bilan est inquiétant.

 

Ces mesures ont beau contrevenir aux conventions de l’Organisation internationale du travail (OIT), à la charte sociale du Conseil de l’Europe, au traité de Lisbonne et à certaines directives européennes, elles ont été appliquées en Grèce. Leurs effets sont dramatiques. Sur le plan macroéconomique d’abord. Entre 2010 et 2016, le PIB s’est effondré de 27%. Le nombre de petites et moyennes entreprises a fondu, passant de 900.000 en 2009 à 450.000 aujourd’hui. Le chômage est le plus élevé de la zone euro ; à moins de 10% en 2009, il frappe aujourd’hui 21,7% des actifs, et même 44,4% des 15-24 ans.

Sur le plan du travail ensuite, « flexibilisation et précarisation sont les conséquences de ces décisions », poursuit Savas Robolis. Un travailleur sur cinq n’est pas déclaré́ du tout et 200.000, au moins, travaillent à plein-temps, alors qu’ils sont déclarés à temps partiel auprès du ministère du Travail. 300.000 autres sont embauchés comme indépendants et ont donc les cotisations sociales à leur charge. Plus de 50% des nouvelles embauches se font à temps partiel.

Mais les entreprises n’ont pas seulement taillé dans les dépenses sociales. Elles ont aussi coupé dans les dépenses pour l’hygiène et la sécurité. L’été 2017 en a été le triste révélateur ; les médias comme The Press Project ou Rizospastis ont égrené dans leurs pages les accidents du travail, une vingtaine au total. À Elefsina, un syndicaliste déplore : « Nous ne pouvons plus contrôler les entreprises comme Top Gas. Les portes sont fermées aux syndicats. Nous n’avons pas de moyen de pression… » Selon un rapport de l’inspection du travail, les accidents du travail, y compris mortels, sont passés de 5.721 déclarés en 2010 à 6.500 en 2016 malgré la hausse du chômage et la baisse de 30% de l’activité des entreprises.

Du côté des syndicats grecs, un interlocuteur sourit à l’évocation des lois Macron : « Bienvenue dans la jungle grecque. Nous n’étions qu’un cobaye ». Sourire amer, averti. Et prévenant.

 

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