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7 avril 2018 6 07 /04 /avril /2018 10:44

« Du passé faisons table rase » : lors du conseil municipal qui s’est tenu il y a trois semaines à Rennes, Yannick Le Gargasson (Parti de gauche) a mis en application ce couplet de l’Internationale. Il a demandé en effet que l’on débaptise le boulevard Alexis Carrel. Une demande pour relayer la pétition lancée il y a plus d’une année déjà par le mouvement des jeunes communistes, suivant ainsi d’autres communes dans lesquelles certains élus semblent avoir fait du mémoricide un véritable fond de commerce.

« Pour liquider les peuples, on commence par leur enlever leur mémoire. On détruit leurs livres, leur culture, leur histoire. Puis quelqu’un d’autre écrit d’autres livres, leur donne une autre culture, leur invente une autre histoire. Ensuite, le peuple commence lentement à oublier ce qu’il est, et ce qu’il était. Et le monde autour de lui l’oublie encore plus vite.» écrivait l’historien tchèque Milan Hübl.

Car c’est bien une mémoire que les communistes de Rennes souhaitent effacer – suivant ainsi Paris, Strasbourg, ou Lyon – dans cette entreprise. Celle de la vie d’Alexis Carrel, chirurgien et biologiste français à qui l’on doit le premier pontage cardiaque expérimental. En 1912, il obtint le prix Nobel de médecine « en reconnaissance de ses travaux sur la suture vasculaire et la transplantation de cellules sanguines et d’organes », devenant à l’époque à la fois le plus jeune lauréat et le premier scientifique récompensé pour ses travaux hors de son propre pays.

Pionnier de la transplantation d’organes, il fût également décoré de la Légion d’honneur après la Première Guerre mondiale, pour son développement au front de la méthode de Carrel-Dakin de traitement des brûlures (notamment la solution de Dakin) qui, avant le développement des antibiotiques, sauva la vie de nombreux blessés de guerre.

Alexis Carrel est également mondialement connu pour avoir écrit l’ouvrage « l’homme, cet inconnu », ouvrage qui, ajouté à son parcours politique (il adhéra au PPF de Doriot) lui valent les foudres des militants de la gauche communiste puisqu’il y étayait des théories eugénistes, estimant que la sélection naturelle ne jouait plus son rôle, tout en contestant l’égalité prétendue des hommes entre eux. Des propos qui, dans la première moitié du 20ème siècle, pouvaient être librement débattus, contestés, réfutés, sans que cela ne suscite le clouage au pilori d’un homme qui, avant tout, aura contribué à l’avancée médicale et scientifique et qui a toujours été salué pour ses recherches.

 

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