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13 octobre 2018 6 13 /10 /octobre /2018 10:18

L’affaire de la destruction de l’Iliouchine-20, le 17 septembre 2018, a fourni à la Russie l’occasion de terminer cette guerre à rallonge et de s’accorder avec la Maison-Blanche contre les autres agresseurs. C’est la réédition, à plus petite échelle, de la réaction soviéto-US à la crise de Suez de 1956.

Moscou vient non seulement de confier à l’armée arabe syrienne des missiles anti-aériens (les S-300), mais a aussi déployé tout un système de surveillance intégré. Dès que celui-ci sera opérationnel et que les officiers syriens auront été formés à le manier, c’est-à-dire au plus tard dans trois mois, il sera impossible aux armées occidentales de survoler le pays sans l’accord de Damas.

Le président Trump avait annoncé à l’avance qu’il entendait retirer les troupes US de Syrie. Puis il était revenu sur cette décision sous la pression du Pentagone. Il avait alors convenu avec ses officiers généraux de maintenir la pression sur Damas tant que les États-Unis seraient exclus des négociations de paix de Sotchi. Le déploiement des armes russes —auquel la Maison-Blanche a probablement donné son accord— fournit au président Trump l’occasion de faire reculer le Pentagone. Celui-ci devrait donc retirer ses troupes, mais maintenir ses mercenaires (en l’occurrence les kurdes et arabes des Forces démocratiques).

Le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid el-Mouallem, a exigé à la tribune de l’Assemblée générale des Nations unies le retrait immédiat et sans conditions des forces d’occupation étrangères, US, françaises et turques.

Si les États-Unis partent, les Français et les Turcs ne pourront pas rester. Les Israéliens ne pourront plus non plus survoler et bombarder le pays. Les Britanniques se sont déjà repliés.

Cependant, Tel-Aviv, Paris et Ankara espèrent toujours que le président Trump perdra les élections législatives du 6 novembre et sera destitué. Ils attendent donc le scrutin fatidique avant de se décider.

À supposer que Donald Trump gagne les élections de mid-term au Congrès, une autre question se posera. Si les Occidentaux renoncent à se battre en Syrie, où continueront-ils leur guerre sans fin ? C’est en effet une réalité sur laquelle tous les experts s’accordent : la classe dirigeante occidentale est devenue si suffisante et revancharde qu’elle ne peut accepter d’être rétrogradée derrière les nouvelles puissances asiatiques.

La sagesse voudrait que la guerre perdue, les agresseurs se retirent. Mais la disposition intellectuelle des Occidentaux les en empêche. La guerre ne se finira ici que lorsqu’ils auront trouvé un nouvel os à ronger ailleurs.

 

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