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3 novembre 2018 6 03 /11 /novembre /2018 10:49

A Stains, des enseignants du lycée Maurice-Utrillo appellent à la grève à la rentrée des vacances de Toussaint pour protester contre l'arrivée d'un ancien cadre de la gendarmerie à un poste nouvellement créé de proviseur adjoint à la sécurité pour répondre à une série de violences aux abords de l'établissement.

En guise de comité d’accueil, un appel à la grève. La nomination d’un gendarme au poste de proviseur adjoint du lycée Maurice-Utrillo, à Stains (Seine-Saint-Denis) ne passe pas.  Certains enseignants ont annoncé lundi une grève "contre l’infiltration d’une force armée dans (leur) lycée". Le Monde a révélé qu’un ancien chef d’escadron de la gendarmerie de Rouen, en détachement à l’éducation nationale pour une durée de trois ans, devait prendre ses nouvelles fonctions lundi 5 novembre.

Il sera chargé de la sécurité de l’établissement. Au mois d’avril, une série d’incidents violents étaient venus perturber ce lycée d’ordinaire sans histoires et avec de bons résultats  (82% de réussite au bac selon le journal). Sur fond de guerre de bandes, un élève avait été frappé à coups de marteau et plusieurs autres blessés ou menacés aux abords de l’établissement.

Dans une tribune publiée par le Bondy Blog, "les personnels mobilisés du lycée Maurice-Utrillo" dénoncent l'arrivée du gendarme. "Dans notre établissement de 1 250 élèves et étudiants, à la rentrée, manquaient deux CPE sur quatre et plusieurs enseignants (de sciences économiques et sociales, de mathématiques, de vente, d’anglais). Nous ne pouvons plus dispenser de cours de théâtre ou d’histoire des arts aux classes de seconde, nous n’avons plus les moyens de proposer des entraînements aux examens le samedi matin ou des stages durant les vacances lesquels nous valaient pourtant des compliments médiatiques et académiques sur l’excellence de nos élèves. A cette même rentrée, nous apprenions pourtant la création d’un poste sur mesure : celui de proviseur adjoint chargé de la sécurité. Il y a donc bien de l’argent quelque part !", écrivent-ils.

« Déviera-t-il les machettes ? Arrêtera-t-il les marteaux ? En sa qualité nouvelle de proviseur adjoint, que sait-il de l’éducation prioritaire ? Quelles solutions pédagogiques apportera-t-il aux élèves, aux professeurs ? …", poursuivent-ils, concluant que "les métiers de l’éducation ne s’improvisent pas. Il ne suffit pas d’être gendarme pour y accéder. Nous le savons mieux que personne, et personne ne nous écoute".

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