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5 juillet 2019 5 05 /07 /juillet /2019 09:04

C’est le Canard enchaîné de ce mercredi qui balance : l’ancien ministre des Finances – serait-ce une habitude ? – avait un compte en Suisse. Bien garni : 11 millions de francs suisses (±7 millions d’euros) à sa mort, en 2007. Une jolie somme que ses héritiers auraient oublié de déclarer au fisc. « Les enquêteurs ont pu suivre la piste de la fortune suisse grâce à un informateur anonyme qui a fourni, en 2013, une copie d’écran émanant du réseau intranet du Crédit suisse », rapporte le Canard.

Pas franchement disposés à s’expliquer, lesdits héritiers… Le fisc a alors mis en route « un examen de la situation fiscale personnelle » de la famille, l’obligeant à s’expliquer sur la provenance d’un patrimoine estimé à 13,6 millions d’euros. En 2013 enfin, soit cinq ans après la mort de celui qui fut aussi maire de Lyon de 1995 à 2001, l’avocat de la famille Barre proposait au fisc de régulariser la situation « en échange d’une promesse de n’engager aucune poursuite pénale », cela au motif qu’« Il y a(vait) une personnalité toujours en vie qui pourrait être éclaboussée par cette affaire si l’existence du compte suisse était révélée. »

Nous, les curieux, on aimerait bien savoir de qui il s’agit.

Bref, la famille Barre aurait versé un petit million d’euros de pénalités, rectifications et intérêts de retard, ce qui est peu, compte tenu du montant de l’infraction. Toutefois le directeur général des Finances publiques, Bruno Bézard, aurait malgré tout informé le Parquet national financier d’un possible « blanchiment de fraude fiscale ». Sans grand succès… En effet, rapporte encore le Canard, « Deux ans d’enquête préliminaire ont ensuite suivi et ont débouché sur l’ouverture d’une information judiciaire en 2016, dans le plus grand secret. Une information qui semble, pour l’instant, être au point mort ».

Comme beaucoup de politiciens à la mode du siècle passé, on a dit de Raymond Barre que son épouse lui coûtait bien cher. La belle Eva Hegedűs, une hongroise qu’il avait épousée en 1954, ne regardait pas à la dépense, surtout quand les factures revenaient à l’État. À ce sujet, la lecture du livre d’Émilie Lanez sur les secrets du pavillon de La Lanterne (1) est particulièrement édifiante. On précisera d’ailleurs au passage que cette demeure royale, réservée aux Premiers ministres jusqu’à ce que Nicolas Sarkozy en exige le retour dans les villégiatures présidentielles, nous a coûté plus cher encore sous les mandatures de gauche. Le budget du domaine a ainsi augmenté de 26 % sous François Hollande sans que l’on sache encore pourquoi…

(1) La garçonnière de la République, Ed. Grasset

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