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5 juillet 2019 5 05 /07 /juillet /2019 09:12

Une dizaine de personnels des urgences se sont injectés symboliquement mardi de l’insuline, un geste pouvant mener à la mort, pour forcer le gouvernement à répondre à leurs revendications de hausse des salaires et des effectifs.

Ces urgentistes avaient prévu de procéder à des injections toutes les cinq minutes, de façon à faire baisser drastiquement leur taux de sucre dans le sang, tant que le ministère la Santé, à proximité duquel ils menaient leur action, n’aura pas satisfait leurs revendications.

Ils ont procédé à cinq injections mais leur mouvement a été interrompu par les forces de l’ordre qui les ont interpellés. A forte dose, l’insuline peut tuer mais le personnel médical qui a pris en charge les urgentistes sur place a déclaré, après un test, que les doses étaient minimes.

Parmi les volontaires, Ines Gay, infirmière de 28 ans à l’hôpital de Lariboisière, à Paris, fait partie de l’équipe de nuit qui avait retrouvé une patiente morte sur un brancard dans la salle d’attente de son service, en janvier dernier, faute d’avoir pu consulter un médecin à temps.

“Ça a été un électrochoc. Ça nous a complètement démolis. Plus jamais on ne veut vivre ça”, a-t-elle dit à Reuters.

C’est ce qui l’a poussée à participer au mouvement de grève démarré il y a trois mois dans les services parisiens, qui touche maintenant plusieurs dizaines de services en France.

“Il y a des choses que j’ai acceptées pendant quatre ans et demi, qui sont contre mes valeurs. J’ai compris qu’il fallait compresser le temps d’attente. J’étais très bonne pour être très rapide. Je sais faire une piqûre en moins d’une minute, je sais m’occuper de quelqu’un en moins de dix minutes”, dit Ines Gay. “Mais ça n’a pas de sens de faire ça.”

“Le système est en train d’imploser. On crie des appels à l’aide depuis 15 ans. Je préfère me mettre en danger aujourd’hui devant le ministère que mettre en danger la vie des patients et des soignants pour les 20 ans à venir”, ajoute-t-elle.

Le collectif “inter-urgences”, qui est soutenu par les syndicats CGT, Solidaires et FO, entre autres, réclame 10.000 postes d’infirmiers et autres aides-soignants supplémentaires ainsi qu’une prime de 300 euros nets par mois.

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