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24 octobre 2020 6 24 /10 /octobre /2020 10:56

Sous couvert de “mettre en concurrence”, l’Union Européenne sous les offices zélés de Sarkozy a imposé la privatisation d’EDF-GDF, offrant en 2008 GDF à l’opérateur privée de l’eau et de l’assainissement, la Lyonaise des eaux devenue Suez. Les deux entités prenant le nom d’Engie en 2015.

En 2017 le régime Macron décide de céder pour 8.7% du capital d’Engie encore détenu par l’Agence des participations de l’État, descendant ainsi sous le seuil de 24% du capital et 28% des droits de vote.

Issue de sociétés coloniales (Compagnie du canal de Suez, Banque d’Indochine), Suez avait été nationalisée en 1982 et privatisée en 1987. Elle fusionne complètement avec la Lyonnaise des Eaux en 1997. Suez contrôle ainsi une part importante de la distribution de l’eau et de l’assainissement en France (19% de la population). Un secteur où l’autre acteur privé majeur est Veolia (ex- Vivendi, ex-Compagnie générale des eaux) qui contrôle 40% de la distribution. La SAUR et des régies publiques assurant le reste de la distribution.

Veolia en lançant une OPA sur Suez s’assurerait une situation de monopole privé dominant sur l’eau potable et l’assainissement, un bien commun et un service public essentiel de la population. Alors que les travailleurs sont évidemment opposés à cette fusion dont la traduction sera évidemment suppression d’emplois et pression à la baisse des salaires, Veolia a pu compter sur le soutien de la CFDT pour s’emparer de Suez, avec pour projet de vendre à la découpe les parties les plus juteuses de l’entreprise.

À l’issue d’un vote, le Conseil d’administration d’Engie qui compte 13 membres, a approuvé la vente avec sept voix pour, la plus courte majorité possible, face à quatre voix contre et deux abstentions. Sur les 13 membres, six “indépendants”, trois représentants de l’État actionnaire, trois représentants des salariés (1 CGT, 1 CFE-CGC, 1 CFDT) et 1 CFDT au titre des salariés actionnaires. Les 6 “indépendants” et la CFE CGC ont voté pour, les deux représentants de la CFDT ont quitté la salle, validant l’OPA. Le régime Macron aurait téléphoné aux représentants CFDT pour qu’ils se comportent ainsi d’après une source citée par Médiapart. Un vote contre de la CFDT aurait obligé la CFE-CGC à voter contre, faisant basculer le résultat du vote.

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