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10 juillet 2010 6 10 /07 /juillet /2010 09:13

RAYMOND_QUENEAU.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A la manière de Raymond Q.


Poèmes de bonne facture (à régler dans les 90 jours, selon l’usage)

  (Ponctuation finale au dernier vers :  ajouter 1 euro ) 

 

Je suis né sans l’vouloir c’était en mai quarante 

Je me demande encor’ ce que je fous zici 

Pour fair’ passer le temps je me médicamente 

Il paraît que les autres le font tous aussi. 

 

Dès que je fus sorti du ventre de ma mère 

On vit avec horreur que j’étais violacé 

Couleur qu’on me cacha vite en un trou sous terre 

Pour empêcher les boches de me dépecer

 

Ces salauds en effet nous visaient la caftière

De morceaux de ferraille assez indésirables

C’était autorisé vu que c’était la guerre

Et cette activité passe pour honorable

 

On ramassait des morts et des agonisants

Un métier comme un  autre  et qui passe le temps

On gagne des médailles et c’est très amusant

Quand elles tintent fort parfois on les entend

 

Alors on marche droit en bombant l’pectoral

Les passants se retourn’ ils sont tout attendris

Vous sentez naître en vous des fiertés nationales

Ceux que vous étripiez en sont tout esbaudis

 

Mais je reviens à moi car c’est là l’essentiel

J’eusse bien préféré qu’on me tordît le cou

Mais ma maman priait l’bon dieu qui vit au ciel

Lui regardait d’en haut et s’en fichait beaucoup

 

A quoi riment franch’ment toutes ces simagrées

Pour finir en un trou fort étroit et malsain

A quoi sert de courir pour se désintégrer

A la fin ?… à force d’y penser ça me fait mal aux seins !

 

(ce poème est d’autant plus étonnant que je ne dispose pas de « seins », au sens féminin du terme. Qu’on l’apprécie donc pour la liberté du propos.)

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commentaires

Odette Laplaze-Estorgues 10/07/2010 13:56


J'aime, bien évidemment. Et lirai, avec gourmandise, d'autres "pouêmes" d'analogue facture. A la lecture, j'ai aussi pensé au gars Couté qui me tient à coeur. OLE