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13 février 2010 6 13 /02 /février /2010 08:53
  girafe

Parmi les nombreuses personnalités que je croise dans la vie de tous les jours, j’en remarque certaines, encore plus originales que d’autres, qui osent émettre des soupçons de critiques à l’encontre de ce pauvre M Sarkozy, qui a déjà tant de mal à dépenser tout l’argent que nous lui donnons, sans compter des montres et tout le bling-bling, et les yatchs, et les palaces, que les chômeurs font tant d’efforts, en économisant sur leurs très petites indemnités, pour lui procurer.

Eh bien voilà ce que m’a dit un malappris : « Et Sarkozy, qu’est-ce qu’y fout ? Y peigne la girafe ? ».

Ce début est fort suffisant pour développer tout un article de l’Echo, vous allez voir.

Peigner la girafe est une étrange expression, à première vue. Elle est beaucoup trop grande, la girafe ! et puis quel peigne devrait-on utiliser ? Seulement voilà, l’homme est ainsi fait qu’il cherche des explications à tout.

Voici la première, peu convaincante mais amusante. Je m’amuse d’un rien, il faut dire ! Et je souhaite ne pas vous ennuyer, sinon à quoi ça sert d’écrire ? Raymond Queneau disait joliment, et de manière décalée :

« L’on n’inscrit pas pour affliger les populations ». J’aime cette formule.

Et la girafe ? Non, elle ne s’est pas sauvée, la voici. Donc, en 1827, la première girafe fit son entrée au Jardin des Plantes à Paris.

Or, un employé, qui réussissait à échapper à la vigilance de ses chefs, et qui en profitait pour se reposer d’invisibles travaux, fit l’objet de la question suivante :

-Où étiez-vous ? Que faisiez-vous…

Réponse du lascar :

-Je peignais la girafe !

L’entretien du cou de cet animal peut, en effet, justifier une longue absence, car il s’agit, comme on dit, d’un travail de longue haleine. Toutefois, cette étymologie a pu paraître fantaisiste et l’on en préfère une autre, qui sera davantage dans vos cordes, lubrique lecteur de l’Echo. La voici! Ne l’avalez pas toute crue !

Donc, le cou de la girafe fut comparé à un sexe en érection ! Surtout par les femmes dont le désir était conséquent, car tout de même, je ne vous fais pas de dessin, mais un cou de girafe, c’est un morceau important, très au-dessus de ce que la femme moyenne a l’habitude d’utiliser dans ses transports amoureux.

Pourtant, cette explication prévaut largement, et elle est, si je puis dire, validée par Boris Vian, dans l’un de ses premiers romans, « Vercoquin et le plancton » :

« J’ai tellement peigné ma girafe qu’elle en est morte ! » se plaint une dame, soudain dépourvue de cet obscur objet du désir (cherchez l’auteur de cette formule, travaillez un peu, merde, c’est moi qui fais tout le boulot !)

Donc « peigner la girafe », c’est la masturbation, et, par extension de sens, l’inefficacité. Le disciple d’Onan, en effet, est celui qui ne fait rien. Il pratique, me dit mon dictionnaire, (lequel ? vous ne saurez rien !) « l’oisiveté avec ardeur ». Curieux assemblage de mots, que les spécialistes appellent un « oxymore ». Ne craignez rien, cependant, cet oxymore ne mord pas, il se contente de « branler ». Or, ici, c’est la nécessité de la sémantique qui me contraint à l’emploi de ce que certains considèrent comme de la grossièreté. En effet, le branle est une danse parfaitement chaste, et certains font le rapprochement avec l’expression « branle-bas de combat », qui est un ordre autrefois employé dans la marine lors d’un incident de navigation. Le marin était invité à descendre de son branle, qui est une sorte de hamac, pour aller se défendre, notamment, contre les pirates. On notera au passage qu’un « branleur » est d’abord «celui qui ne fait rien ». Il ne se branle même pas ! Il ne fait rien, je vous dis ! Pourquoi ? parce que, à partir de 1920 environ, l’onanisme masculin est considéré comme acte incomplet, peu viril, et qu’il est la marque d’un épuisement physique et intellectuel de la part de l’homme qui s’y adonne. Et je cite Alain Rey : « le branleur n’est pas un homme ».

Il nous reste à parler du verbe « glander », qui semble nous en promettre de bonnes également.

Je sens que vous allez être déçus ! Car si le gland désigne bien le pénis, et plus rarement l’extrémité antérieure du clitoris (vous ne saviez pas que j’avais fait, aussi, des études de médecine et même de gynécologie ? eh bien vous le savez, maintenant ! Mais je ne pratique plus ces arts martiaux !) le mot désigne bien le « couillon » (premier sens : homme bien pourvu en testicules !) mais surtout l’imbécile.

Et alors le verbe glander ? On ne sait pas trop d’où il vient, celui-là. Si le gland est un imbécile, on peut aussi hasarder « la glandée », c'est-à-dire le ramassage des glands, considéré comme un petit travail (je parle des vrais glands, ceux du chêne !) réservé aux incapables, à ceux qu’on appelait les « idiots de village ».

Et c’était très bien organisé, puisqu’il y avait un idiot par village.

Notez bien que la tradition se maintient, sauf que les idiots, qui sont donc des branleurs qui peignent la girafe, se sont considérablement enrichis.

Par exemple, il y en a un à Neuilly sur Seine. Son nom ? Reprenez l’article depuis le début !

 

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commentaires

Melizo 13/02/2010 13:25


Etant moi même né à Neuilly-sur-seine et étant allé souvent étant enfant au jardin d'acclimatation à la limite de Neuilly et du 16ème arrondissement de Pantruche alors qu'il y avait encore lions;
ours et girafes, me donne, in fine, une certaine légitimité à poser un commentaire à propos de cette locution « peigner la Girafe »

Peigner la girafe, c'est bien ne rien faire d'efficace inscrit dans une tache à long terme. Oui, effectivement nous pouvons dire que le gouvernement en son entier peigne la girafe. C'est
effectivement un grand animal et il faut tout un équipe pour mener à bien cette tâche complètement inutile.

Sur l'efficacité nous l'aurons compris, sur l'inutilité, c'est bien le manque de philosophie politique qui montre que tous le monde s'occupe non pas simplement à une tache inutile, mais pire
encore,à une tache nocive.

Hélas si tout ce beau monde ne faisait que peigner le girafe , ce ne serait encore pas trop grave. Mais, on a pas seulement peigner la girafe, sur les retraites, sur la moralisation du
capitalisme, le service public ou encore sur la fausse crise sanitaire, l'éducation, la santé, on nous fait croire qu'il est encore possible que ce cou de girafe croisse encore parce qu'elle sera
bien peignée.

Non, non, ils ne font pas que la peigner cette pauvre girafe.