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20 septembre 2014 6 20 /09 /septembre /2014 09:37

La psychose du virus Ebola est en passe de devenir un psychodrame planétaire. Il ne se passe pas un jour sans que des mesures de restrictions de circulation, reconduction, fermeture de frontière, isolement et même bannissement ne soient prises à l’encontre de personnes ou groupes de personnes de provenance suspecte. 

Partout dans le monde, et particulièrement en Afrique, dans les aéroports et aux frontières terrestres ou maritimes, il suffit d’être ressortissant de la Sierra Leone, du Liberia, de la Guinée et du Sénégal pour susciter une méfiance ou s’exposer à des mesures coercitives. La crainte d’une probable contamination ou d’une propagation de cette maladie tropicale n’en finit de sacquer les valeurs les plus élémentaires de solidarité et d’humanisme, entre les proches voisins.  

 

Protectionnisme contre solidarité

Il ne s’agit pas de se dénantir des mesures préventives et de protection, comme les cordons sanitaires et les campagnes de sensibilisation. Mais à trop surestimer les effets de la pandémie, l’obsédante propension au protectionnisme passe en overdose et installe la paranoïa. L’absence de traitement préventif et d’antidote d’efficacité optimale conduit souvent à un surdimensionnement d’une gravité avérée, certes. Mais sans plus. 

Et pas plus que plusieurs endémies encore en éruption ou en veilleuse. Le paludisme touche plus de 4 % de la population mondiale et tue plus de 3 millions de personnes par an. La sévérité de ses effets sur la vie économique et sociale des pays touchés est, cependant, sans commune mesure avec l’impact de la fièvre Ebola. On dénombre quelque 2 400 morts sur un peu moins de 5 000 cas recensés dans trois pays où le virus s’est installé (Guinée, Sierra Leone et Liberia). Et quatre si l’on y ajoute la république démocratique du Congo (RDC) qui connaît depuis plusieurs décennies un autre virus Ebola. 

Le Sénégal n’ayant connu qu’un seul cas avéré et 67 suspects étroitement surveillés. Que dirait-on du sida, avec ses 30 millions de victimes, ou du chikungunya, qui fait rage aux Antilles ? Il y a quelques années la fièvre chinoise avait plongé le monde dans l’émoi et obligé des millions de citoyens à se munir de cache-nez, de se garder de serrer des mains et de se laver les mains au savon. 

Mais jamais, l’Afrique, principale victime de la pandémie du sida, les Antilles, terre d’élection du chikungunya, ou la Chine, où la seule pollution fait 2,2 millions de morts par an, ne sont devenues des destinations interdites, des citadelles isolées du monde. Et pourtant, il a suffi d’une "bagatelle" de 2 000 morts d’Ebola – autant que les bombardements israéliens sur Gaza –, pour mettre le monde en émoi. Pour que des chercheurs engloutis dans leurs interminables prospections retrouvent de la vigueur et de la voix et crier "Eurêka !" Une manière inique de vivre du malheur des malades, car aucun traitement proposé ne constitue pour l’heure la solution miracle. Au plus, un effet placebo. Et encore ! 

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