Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
28 février 2015 6 28 /02 /février /2015 09:09

Gaza a quitté la une des médias mais survit avec une situation humanitaire catastrophique. L’aide promise pour la reconstruction n’est pas arrivée et la population survit dans la boue et le froid. 6 mois après les massacres et destructions de l’été des dizaines de milliers de personnes sont encore hébergées dans des écoles de l’UNRWA ou vivent dans des abris de fortune. Les conditions de vie sont extrêmement précaires : électricité coupée 12 à 18 heures par jour, pénurie de gaz, eau impropre à la consommation, assainissement quasi inexistant. Plusieurs bébés sont morts de froid. L’économie est à terre et le chômage atteint des chiffres vertigineux : la population ne peut survivre que par l’aide alimentaire d’urgence. C’est dans ce contexte qu’il a fallu que 6 membres d’une association humanitaire de Nice mènent une grève de la faim du 10 au 20 février pour sauver 30 tonnes d’aide d’urgence d’une valeur de 120 000 euros collectées par eux, bloquées depuis décembre dans le port d’Ashdod, qui étaient menacées d’être détruites par les autorités israéliennes.

Pourtant, les Hautes Parties Contractantes aux Conventions de Genève ont, avec la participation et le vote favorable de la France, solennellement rappelé le 17 décembre dernier « l’obligation première de la Puissance occupante d’assurer l’approvisionnement adéquat de la population du territoire occupé, et que lorsqu’elle n’est pas en mesure de le faire, elle a l’obligation d’autoriser et de faciliter les actions de secours ». Et que tous les Etats engagés par ces conventions « doivent permettre le libre passage de secours humanitaires et garantir leur protection ». La responsabilité de la France, comme de tous les pays engagés par les Conventions de Genève, est donc directement engagée.

De même la résolution 1860 du Conseil de sécurité adoptée en janvier 2009, votée par la France et à laquelle les Etats-Unis n’avaient pas osé mettre leur véto demandait déjà que « l’aide humanitaire, y compris les vivres, le carburant et les traitements médicaux, puisse être distribuée sans entrave dans tout Gaza ». Elle soulignait « la nécessité de faire en sorte que les biens et les personnes puissent emprunter régulièrement et durablement les points de passage de Gaza » et se félicitait « des initiatives visant à créer et ouvrir des couloirs humanitaires et autres mécanismes permettant un acheminement ininterrompu de l’aide humanitaire ». Cette résolution est alors restée lettre morte et n’a pas mis fin à l’opération « Plomb durci ». Son application et la levée du blocus auraient seules pu empêcher les nouvelles agressions de novembre 2012 et de l’été 2014. Elle nécessitait une intervention ferme des pays signataires de la résolution et de l’UE qui s’est contentée d’un rôle de bailleur de fonds sans jamais formuler d’exigences politiques. Persévérer dans cette attitude de démission face à une situation qu’on sait illégale et dramatique ne peut mener qu’à une nouvelle catastrophe et à cette « quatrième guerre » appelée de ses vœux par le ministre israélien des Affaires étrangères Avigdor Liberman.

Il est de la responsabilité de la France d’agir sans délai pour que soit imposée la levée d’un blocus mortifère. Cela passe par l’exigence de l’ouverture des points de passage, la reconstruction et l’ouverture du port de Gaza, la reconstruction de Gaza en demandant des comptes au gouvernement israélien qui porte la responsabilité des destructions.

Il n’est tout simplement plus possible de laisser ainsi 1,8 million de Palestiniens de Gaza à la merci des forces d’occupation israéliennes qui en organisent le blocus et l’asphyxie.

Suivez l'AFPS sur www.france-palestine.org, Facebook et Twitter 

Partager cet article

Repost0

commentaires