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11 septembre 2010 6 11 /09 /septembre /2010 07:57

"Je me suis pâmé, il y a huit jours, devant un campement de Bohémiens qui s'étaient établis à Rouen. Voilà la troisième fois que j'en vois. Et toujours avec un nouveau plaisir. L'admirable, c'est qu'ils excitaient la haine des bourgeois, bien qu'inoffensifs comme des moutons.

Je me suis fait très mal voir de la foule en leur donnant quelques sols - Et j'ai entendu de jolis mots à la Prud'homme. Cette haine-là tient à quelque chose de très profond et de complexe. On la retrouve chez tous les gens d'ordre.

C'est la haine que l'on porte au Bédouin, à l'hérétique, au philosophe, au solitaire, au poète. Et il y a de la peur dans cette haine. Moi qui suis toujours pour les minorités, elle m'exaspère. Il est vrai que beaucoup de choses m'exaspèrent. Du jour où je ne serai plus indigné, je tomberai à plat, comme une poupée à qui on retire son bâton."


 - lettre de Gustave Flaubert à George Sand, 12 juin 1867

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commentaires

Odette Laplaze-Estorgues 11/09/2010 16:03


J'aimais déjà beaucoup Flaubert et la citation rapportée par G. Millet, m'y attache plus encore. J'apprécie particulièrement la revendication au besoin vital de s'indigner que je ressens aussi,
depuis presque toujours. OLE