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1 janvier 2015 4 01 /01 /janvier /2015 17:10

Je sors de l'hôpital alors évidemment, le texte ci-dessous m'a touchée. Moi j'ai bu le whisky à la maison, j'ai plutôt de la veine, finalement.

Elizabeth

 

Depuis septembre 2014, le CHU (centre hospitalier universitaire, autrement dit l'énorme hôpital) de Clermont-Ferrand, a décidé d'autoriser ses patients en fin de vie à boire du whisky [1]. 

Et non seulement ça, mais l'hôpital a décidé de créer un bar à vin, dans lequel pourraient bientôt être servis des grands crus, c'est-à-dire des vins issus d'une vigne reconnue pour son exceptionnelle qualité, dans une atmosphère conviviale.

 

Moins bien traité qu'un condamné à mort

Il est vrai que la situation actuelle était grotesque : sous prétexte qu'on était à l'hôpital, les « patients » en soins palliatifs (fin de vie) étaient privés de la plupart des petits plaisirs de l’existence. 

Mais à quoi bon, je vous le demande, priver une personne dont le décès à court terme est médicalement certain, de boire un verre du whisky si ça lui fait plaisir ? 

Au nom de quoi vouloir empêcher un patient en fin de vie de manger ce qu'il aime, même si c'est « mauvais pour la santé », voire – vous allez voir que j'ose tout :) – manger du poulet rôti avec la peau grillée, avec des frites et de la mayonnaise (avec les doigts), du steak saignant au barbecue avec plein de béarnaise, se bourrer de « banana split » (avec double crème chantilly) fumer une cigarette, ou même… des cigarettes, si le patient aime ça, et s’il le peut bien sûr ? Et voir des films drôles ! 

Et j'irais encore plus loin : il faut le faire – si on en a la force. Car lorsqu'un patient est « condamné » par la médecine, il y a toujours un espoir de guérison. Mais encore faut-il que le patient ait en lui les forces spirituelles de vouloir guérir

Le corps étant à bout, ce sont les forces de l'esprit qui pourront faire la différence. Les guérisons « miraculeuses » ont souvent lieu dans un contexte de reprise d'espoir, de redécouverte du sens de la vie, chez le patient qui trouve une excellente raison de guérir… et guérit. Il est donc capital de tout miser sur le moral du patient. Son environnement, son entourage humain sont alors déterminants, et je prétends que si l'on créait dans tous les centres de soins palliatifs des endroits où l’on prend du bon temps, on assisterait plus souvent à des miracles. 

Beaucoup y travaillent activement, comme le Centre Jeanne Garnier à Paris, et c'est tout à leur honneur. 

Certains s'offusqueront du coût, mais un séjour en soins palliatifs coûte en moyenne 6529 euros [2]. Un verre de whisky coûte 3 euros. Un verre tiré d'une très bonne bouteille coûte 5 euros. Un paquet de cigarettes coûte 4 euros. 

Et nous parlons de personnes qui, généralement, n'en ont plus que pour 2 semaines à vivre ! À quoi bon prétendre leur faire la morale ? Leur imposer des privations jusqu'au dernier moment ? Autrefois, le condamné à mort lui-même, quel que soit son crime, avait droit à une dernière cigarette. Aujourd'hui, des innocents sont condamnés à mourir intubés de partout, mais n'auraient pas le droit de boire un dernier verre, ni de fumer une dernière cigarette, parce que le règlement de l'hôpital l'interdit. Quel scandale. Quel manque d'humanité. 

Mais ne nous voilons pas la face : si cela n'a pas été fait plus tôt, ce n'était pas à cause du coût, mais à cause de réglementations tatillonnes et imbéciles

Alors bravo au Dr Virginie Guastella, du CHU de Clermont-Ferrand, qui a su dire « m*** » au règlement et aux ronchons. 

À votre santé ! 

 

Sources : 

 

[1] Première au CHU de Clermont-Ferrand: un bar à vins pour les patients en fin de vie 

 

[2] Soins palliatifs: un système pervers 

 

 

Jean-Marc Dupuis 

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