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1 janvier 2011 6 01 /01 /janvier /2011 10:27

 caricatureNous voici donc en pleine trêve des confiseurs. Profitons-en pour nous instruire puisque les écrans de télévision sont débarrassés des tristes faciès de nos exploiteurs. Les riches cons, ministres, chefs d’états, financiers, et la bande d’escrocs à leurs ordres, c'est-à-dire les personnes qui s’empressent à leur obéir dans les médias, sont occupés ailleurs. Ils bouffent, ils s’en mettent plein le buffet, ils se remplissent la panse. Espérons au moins que quelques uns d’entre eux ne s’en remettront pas, et que ça va, par exemple, les faire exploser. Mais profitons en surtout pour chercher l’origine de cette expression qui est si révélatrice de la nature de l’homme, même pour ceux qui ne croient pas qu’il y ait une nature humaine. J’ai bien peur que si, qu’il existe une « nature » de l’homme, et je ne vois pas pourquoi un simple rédacteur ou lecteur de l’Echo, n’irait pas contre l’opinion des plus grands philosophes professionnels !

 Mais revenons aux confiseurs, cette catégorie d’artisans, grâce à laquelle nous bénéficions de cette trêve, c'est-à-dire de ce « cessez-le-feu », de cette cessation des combats. Entre Noël et le 1er Janvier, en effet, on ne se bat pas, on déguste, non plus des rafales d’armes automatiques, mais des friandises, des confiseries. Histoire de reprendre des forces avant l’attaque. Ce phénomène est, nous disent les dictionnaires, assez récent puisqu’on l’appelait autrefois la « trêve de Dieu ». Cette trêve aurait été instituée en 1245 exactement, sous Saint Louis, et Dieu, qui existait à l’époque, aurait donné le signal de l’arrêt des combats. Dieu lui-même en personne, avec une phrase du genre :

« Bon, les enfants ! vous allez vous reposer un peu, je vais faire tomber la neige pour que ça fasse plus propre !...dame vous en avez fait des saloperies…bande cochons !... »

Et les soldats de l’époque ont accroché leurs armures aux branches des arbres !

Et ils se sont mis à s’empiffrer avec des kilos de sucre parce qu’ils ne savaient pas encore que le sucre ça donne le diabète. On faisait couler le sang mais on ne l’analysait pas !

On dit aussi que, dès Noël 1914, les soldats allemands se sont mis à entonner des cantiques et que les soldats anglais, qui eussent dû logiquement en profiter pour les zigouiller, ont repris en chœur les mêmes cantiques, mais en anglais. Du coup ça leur aurait donné une idée : « et si on jouait au foot ? » Ils sont allés demander à Dieu une autorisation, mais Dieu était introuvable ! Reparti dans ses appartements célestes ?  Au bout d’une semaine, cependant, les footballeurs se sont lassés de ce jeu où l’on ne produit que très rarement des morts. Et puis les autorités militaires se sont senties inutiles, alors elles ont donné l’ordre de cesser ces gamineries et de se remettre au boulot. En traînant la patte, les combattants ont fini par leur obéir. On dit que Dieu est venu siffler la fin du match. Ca se passait près d’Ypres, (prenez des notes, on ne s’instruit jamais assez !) où l’on avait déjà expérimenté les gaz de combat, notamment celui qui deviendra le plus populaire : l’ypérite. Allez voir vous-même le monument aux morts à Ypres. Cinq mille noms y sont gravés dans la pierre, ce qui, au passage, en rend la lecture fastidieuse à la longue.

 Sans compter qu’on ne peut pas vraiment lire ceux du haut, sans disposer de jumelles. Mais je m’éloigne du sujet, qui est la trêve des confiseurs.

 Je tire de cette expression au moins deux leçons.

La première c’est que si l’on refuse de faire la guerre, collectivement, la guerre n’existe plus. Il est donc évident que la guerre est voulue, ou au moins acceptée, par les combattants eux-mêmes, parce qu’ils aiment, mis à part quelques illuminés, s’entretuer. Cette remarque n’est pas nouvelle, elle avait déjà été faite dans l’Antiquité, reprise par La Bruyère puis par les socialistes pacifistes, dont certains, pas tous, pas Louis Lecoin, sont devenus par la suite, les alliés du nazisme. Dans le cerveau de l’immense majorité des êtres humains, le désir de tuer l’autre est plus fort que l’appétit pour les friandises sucrées. Dans un sens c’est plutôt bon pour la santé et l’on n’a jamais vu un combattant victime du diabète après avoir ingéré un projectile bien placé.

 Mais je vous ai promis une autre remarque d’ordre philosophique. La voilà. Durant la trêve des confiseurs, qui concerne tous ceux qui travaillent et notamment les chefs d’états, qui ne travaillent pas mais nous exploitent, il y en a qui en profitent pour « se sucrer ». Attention, pas comme vous et moi ! Pas mettre un sucre dans le café du matin !

« Se sucrer, c’est (je cite Alain Rey) s’octroyer une large part d’un bénéfice, au détriment des autres ». Selon Alain Rey, c’est peut-être aussi l’extension d’un sens conventionnel : « se sucrer de quelqu’un : le prendre pour un imbécile. ». Mais il y a pire, peut-être : « Se sucrer, c’est maltraiter en parlant de la police, assaisonner. »

Ce qui est paradoxal, c’est que, par antiphrase, on dise : « il m’a salé » ou il « m’a sucré », en parlant d’un juge.

 Ainsi, le « sucré-salé » n’est pas une découverte gastronomique récente. On sale le cochon quand on l’a tué, et il s’est sucré abondamment, si on parle d’un vrai cochon, comme Mr Sarkozy par exemple.

 Mr Sarkozy est gastronomiquement à point. Qu’attend-on pour tuer le cochon ?

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