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25 janvier 2014 6 25 /01 /janvier /2014 08:27

 

L'ancien Premier ministre israélien Ariel Sharon est décédé ce samedi. Agé de 85 ans et dans le coma depuis huit ans, il restera comme l'homme du massacre de Sabra et Chatila et du mur de séparation, opposant à un règlement politique du conflit israélo-palestinien.

L'état de santé de l'ex-Premier ministre israélien Ariel Sharon, plongé dans le coma depuis janvier 2006, avait empiré ces dernières heures et était considéré comme "désespéré", selon le dernier bulletin de santé publié jeudi. La santé d'Ariel Sharon, qui n'avait pas repris conscience depuis une attaque cérébrale le 4 janvier 2006, se détériorait depuis le 1er janvier dernier.

Invasion du Liban

Comme à l'annonce de son coma en 2006, personne, dans les territoires palestiniens, ne s'apitoiera ce samedi sur le décès d'"Arik "diminutif de Ariel). L'ancien premier ministre israélien reste pour le peuple palestinien l'homme des massacres de Sabra et Chatila, en 1982, dans la banlieue de Beyrouth assiégée par son armée. Une commission d'enquête officielle avait conclu à sa responsabilité pour n'avoir ni prévu ni empêché les massacres des camps de réfugiés palestiniens de Sabra et Chatila à Beyrouth en septembre 1982, perpétrés par une milice chrétienne alliée d'Israël. Il avait été contraint à la démission, ce qui ne l'avait pas empêché de devenir Premier ministre en 2001, poste auquel il avait été réélu en 2003.

"Bulldozer"

Homme des guerres, des répressions et des tueries, Ariel Sharon reste aussi pour les Palestiniens celui qui planifia de longue date la colonisation de la Cisjordanie, laquelle s'est accélérée à chaque fois qu'il a participé au gouvernement, et davantage encore, apparent paradoxe, depuis le retrait des colons de Gaza en août 2005. Ce retrait, n'a jamais convaincu les Palestiniens. Pour eux, Sharon n'a renoncé à Gaza que pour mieux tenir la Cisjordanie et garder à jamais Jérusalem en entravant à jamais la viabilité d'un État palestinien.

Son seul état d'âme: son crédo militaire

Depuis son élection en 2001 au poste de premier ministre, il avait alors soixante-treize ans, Ariel Sharon avait pris tellement de place dans la vie politique israélienne qu'on en était à se demander s'il existait d'autres forces politiques dans le pays. Fidèle à son image de bulldozer, c'est le surnom qu'on lui avait donné, agissant comme au temps de ses vingt ans, quand il allait détruire, avec ses forces spéciales, des villages arabes, ou de ses soixante ans lorsqu'il supervisait le massacre de Sabra et Chatila par les phalanges chrétiennes libanaises à Beyrouth, il n'a jamais dévié d'un iota de son objectif premier. Il ne s'est jamais embarrassé, ni de morale ni de philosophie, et encore moins d'humanisme. Son credo militaire était son seul état d'âme. Ce qui l'a amené à être d'abord membre du Mapaï (l'ancêtre du Parti travailliste) avant de fonder le Likoud, de le quitter ensuite pour créer Kadima («En avant», en hébreu), une nouvelle formation apte à lui permettre de rassembler la majorité des Israéliens tout en mettant en œuvre ses orientations profondes, essentielles pour lui, aux prix de concessions que ce pragmatique savait nécessaires.

Apprécié de George W. Bush

Au mois de juillet 2005, à l'occasion d'une visite officielle à Paris (après des mois d'accusations portées contre la France taxée de «pays le plus antisémite du monde»), il déclarait à la presse: «Je n'ai pas changé, Jacques Chirac n'a pas changé. Le monde a changé.» C'est ce nez politique qui explique sans doute la longévité politique de cet homme tant apprécié de George W. Bush. Celui-ci ne l'appellait-il pas «mon ami» et «homme de paix»? Ne lui a-t-il pas certifié, dans une lettre que Sharon s'est toujours fait un malin plaisir de citer, qu'il ne fallait plus se référer aux frontières de 1967, au mépris de toutes les résolutions des Nations unies?

Mur de séparation

C'est fort de ce soutien qu'Ariel Sharon a décliné sa stratégie, toute sa stratégie. À commencer par ce fameux mur tantôt baptisé «barrière de sécurité», tantôt «mur de séparation». Un leurre destiné à la communauté internationale. A l'époque, le Shin Beth (les services de renseignements extérieurs israéliens) avait lui-même reconnu que si les attentats suicides ont diminué sur le territoire israélien, c'était moins à cause du mur que le résultat de la trêve décrétée par les factions armées palestiniennes. Quant au tracé du mur, qui accapare les meilleures terres de Cisjordanie, il définit les frontières que Sharon souhaitait imposer. C'est dans cet ensemble que se situe le retrait unilatéral de la bande de Gaza effectué au mois d'août 2006. Un retrait qui ne s'est évidemment pas accompagné d'une relance du processus de paix. Ariel Sharon avait pourtant martelé pendant des années que Yasser Arafat, son ennemi de toujours, était le seul et unique obstacle à la paix. La disparition du vieux leadeur palestinien, en novembre 2004, n'avait rien changé dans le fond. L'occupation s'est poursuivit sous Sharon et ses successeurs.

 

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