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2 octobre 2010 6 02 /10 /octobre /2010 08:49

capitan.jpgComme je les aimais les vacances de Noël de mon enfance! Pour les cadeaux, oui, bien sûr, mais aussi pour ces après-midi devant la télévision (qui n'était pas encore devenue « la télé ») à regarder (aujourd'hui on dit « comater ») des films en couleur ou pas (aujourd'hui tout est en couleur même le désespoir). Il y avait deux catégories de films distinctes. Les comédies avec Les Charlots, Le De Funès... et puis l'aventure avec Gérard Philippe, Jean-Paul Belmondo et... Jean Marais. Ben oui, tu as bien lu, Jean Marais. La Meuf de Cocteau! Catégorie aventure! Où plutôt cape et d'épées! Même à huit ans, avec un regard innocent d'enfant pur, dur de trouver crédible Jean Marais en chevalier avec une cavalière à son doigt et une chevalière à son bras, ou l'inverse, je sais plus, les détails s'émoussent. Merde, on parle d'un gars qui a quand même donné son nom à un célèbre quartier de Paris (info à vérifier cependant) où la densité de pénis au mètre carré est inversement proportionnelle au nombre de cheveux sur la tête de Michel Blanc. C'est un exemple.

De toute façon, moi je regardai les films de cape et d'épées que lorsqu'il y avait Bourvil dedans. Parce que j'ai toujours aimé Bourvil. Je trouvai qu'il avait le regard plein de bonté. J'ai jamais revu un tel regard depuis. Mais je m'égare alors que, pendant ce temps, Jean narrait. Oui, il racontait de sa voix de crécelle précieuse comment lui Chevalier François de Crémazingues de Capestan se porte au secours de son ami le Marquis de Teynac qui est attaqué dans son château. C'est le début du Capitan les gars, rappelez-vous! 1960. Un film de André Hunebelle paire. Qui a réalisé a peu près tous les films de cape et d'épées de l'époque ce qui évite de se gourer trop quand on veut jouer l'érudit dans les soirées où on cause. Bref, Jean marnait pour sauver son pote qui se fait lâchement (toujours!) assassiner dans le dos! Alors, bon, avec son épée, Jean paraît les coups et décidait de venger son ami qui l'a souvent mis! Bourvil, Cogolin dans le film, pendant ce temps, fait l'imbécile dans une autre scène et ça fait rire le gamin que je suis alors. Le rôle du faire-valoir il a mais tellement magnifique qu'il pique souvent la vedette à la vedette. Alors bon, Jean râlait. Arrive forcément le moment où les deux se rencontrent de manière opportune pour Bourvil et inopinée pour Jean. Alors, bon, Bourvil fait encore l'imbécile et, pendant ce temps, Jean smarrait. S'enchaînent les péripéties d'usage. Rencontre avec des brigands méchants et vilains qui se règle à coups de rapières qui fontclinget puisclang. Alors là, à un contre quinze, Jean gagnait. Puis une poursuite avec de vrais chevaux qui fonttacacloppuis notre valeureuse héroïne et son faire-valoir se retrouvent dans un canot où là, Jean ramait. Je vous épargne la fin du film qui se termine forcément bien. Jean se chope Gisèle (on a fait plus glamour comme nom de princesse depuis!) et Bourvil fait l'imbécile. Qu'avaient de particulier Le Bossu, Le Capitan, Le Capitaine Fracasse et quelques autres? A part Jean Marais, des capes et des épées, pas grand chose à vrai dire. C'est une période qui, en France, a connu son heure de gloire entre 1950 et 1960, petite décennie où le genre était à la mode. On y trouvait de l'aventure familiale au rythme trépidant pour l'époque (qui serait considéré comme « neurasthénique » pour celle d'aujourd'hui mais il faut bien vivre avec mon temps comme disait Simone Signoret), de la romance, de l'humour, bref, un vrai divertissement à des couettes pour le spectateur yéyé. Et puis, Jean Marais faisait rêver toutes les filles à l'époque. Car c'était une autre époque. Pour faire une équivalence gaillarde pour le jeune d'aujourd'hui qui nous lit, envisageons un instant Magloire dans le rôle de Rambo... Toi aussi, ça te fait rire d'imaginer, hein!? Et bien Jean Marais c'était ça à l'époque. Car c'était une autre époque. Mais je me répète. Quoiqu'il en soit, le genre se prêtait bien à notre pays. Culturellement déjà.... L'Histoire de France monarchique est riche en histoires potentielles. Sans parler des châteaux qui offraient de somptueux décors naturels! Et puis, ce qui différencie surtout les « cape et d'épées » français des américains, c'est l'introduction (hum) d'une certaine dose de paillardise dans les films typique à notre mentalité gauloise. Car, oui, pendant ce temps, Jean prenait. Et cher !

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commentaires

Odette Laplaze-Estorgues 02/10/2010 10:48


Je dois d'abord m'excuser : je me suis foutrement bien marrée (Marais...) en lisant ce texte, pensant que l'auteur en était Rolland Hénault. Désolée pour Olivier Latissière. Pourtant, en fait,
cette erreur pourrait être prise comme un chouette compliment, non ? Juste quelques mots de plus : moi, mes souvenirs d'enfance et de cinéma, c'est une toile tendue en plein air, les soirs d'été
avec les séquences de film, déformées par le vent, qui rendaient encore plus rigolos Charlot ou Laurel et Hardy. Et, tricheuse, je ne payais pas ma place mais me faisais en revanche houspiller par
le proprio. Normal !