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24 décembre 2011 6 24 /12 /décembre /2011 10:08

 

l y a longtemps que Jean Ziegler nous a prévenus mais nous avons été trop peu nombreux à entendre. Nous sommes sourds et aveugles, en Occident, abrutis par un boucan vaguement musical. J’ajouterai que nous sommes de fieffés salauds : nous tuons en masse, en séries, impunément, et nous sommes si stupides que nous ne voyons pas que la fin de la planète est proche. Car non seulement nous affamons les peuples du sud pour le profit très provisoire de quelques milliardaires dégénérés, déjà boitillants, tordus, frappés par un rétrécissement du cerveau ! Je veux parler de tous ces infirmes cyniques qui se réunissent dans les G20 et qui se croient à l’abri : banquiers féroces, industriels le couteau entre les dents, économistes dégoulinants de sang, journalistes mange merde, cireurs de pompes à la solde de tous ces bandits de grand chemin. Assurément l’archétype de ce monde occidental est constitué par le couple Sarkozy-Bruni, qui se reproduit, en plus !

A l’époque où il y avait encore un résidu d’école, on lisait Montaigne. Il avait rencontré des « sauvages » comme on disait, des « cannibales » originaires du Brésil. Précisément en octobre 1562. Et il leur avait parlé. Le plus important réside dans leur réponse, la voici :

« …ils nomment les hommes moitiés les uns des autres…ils observent des hommes pleins et gorgés de toutes sortes de commodités, et leurs moitiés mendiants à leurs portes, décharnés de faim et de pauvreté.. »

On se croirait dans la France de 2011. La si belle France qui gémit de ne pouvoir aller se faire bronzer, parce que l’été est pourri, de ne pouvoir aller glisser sur la neige en hiver, de ne pouvoir aller golfer en toute saison ! Alors attendez la suite. Ces sauvages réfléchissent :

« …et ils trouvaient étrange comme ces moitiés icy nécessiteuses pouvaient souffrir une telle injustice, qu’ils ne prissent les autres à la gorge, ou missent le feu à leurs maisons ». (Essais, livre 1, chapitre XXXI « Des cannibales ».)

Quelle belle leçon de morale ces sauvages nous donnent !

Mais j’ai promis du concret, le voici : la sécheresse fait rage en France, peut-on lire dans la presse du 30 novembre. Dès le lendemain la pluie s’abat et, sur ma région tempérée, au centre de l’hexagone, 130 mm d’eau sont tombés en 15 jours. La pluviométrie s’annonce encore une fois et pour la quatrième année consécutive, excédentaire par rapport à la moyenne, calculée sur trente ans !

Pourtant des puits tarissent, des petits cours d’eau sont à sec ! Monsanto est passé par là, avec la culture au round up, la multiplication des traitements dits « phytosanitaires », la fin des assolements, la disparition de plantes réputées « sauvages » (on dit « adventices » quand on est poli !)

A cela, il faut ajouter la disparition des activités sociales dans les bourgs et les villages, l’apparition des « rurbains », qui se regardent en chiens de faïence, l’égoïsme et, plus récemment, la vidéo protection !

Je n’oublie pas la concentration des terres, la disparition des vrais animaux domestiques, bref un raccourci de la fin du monde, par la disparition de cette relation privilégiée qu’entretenait le paysan avec sa terre.

Si l’on ajoute que la population des « paysans » s’est muée en « exploitants agricoles », et même en exploiteurs tout court, on a une idée de la liberté qui reste au travailleur de la terre. Esclave plus que jamais, il obéit aux injonctions des multinationales et c’est, dans les régions céréalières une question de vie ou de mort.

Evidemment, les nouveaux agriculteurs sont à l’abri de la pauvreté. Du moins tant qu’ils ne seront pas mangés par leurs voisins. C’est pourquoi on peut parler de cannibalisme agricole en France et partout en Occident.

L’Apocalypse annoncée depuis longtemps, nous arrive enfin, avec la destruction de toute vie de l’esprit, de toute morale individuelle ou sociale.

Ca ne devrait pas empêcher les estomacs français de digérer les substances toxiques qu’on leur mitonne, et d’acheter tout ce qui est en vente. Cela n’empêchera pas non plus les grandes enseignes des supermarchés de trafiquer leurs étiquettes, de brûler les surplus alimentaires, et tout ça à la satisfaction générale.

Allons une chanson pour finir ?

Elizabeth a écrit une « chanson cannibale ». C’était la semaine dernière dans l’Indre, à Saint Gaultier, à 18 heures. Nous avons fait promettre aux spectateurs de ne pas dévorer leurs voisins.

 

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commentaires

Odette Laplaze-Estorgues 25/12/2011 15:33

Fameux propos pour veille de Noël (truc qui mériterait développement) alors que de fraternelles agapes du cru 2011 risquent fort de ne concerner que très peu de personnes ! Tout fout le camp et le
mot culture devrait s'écrire Kulture tellement elle est aux ordres des fossoyeurs qui détruisent le pays. Quelle différence entre les tyrans conspués (à juste titre) et notre Petit Timonier et sa
cour ? Vive ceux qui osent encore s'élever contre les cannibales ! Et bravo Élizabeth pour le titre de cette nouvelle chanson que j'ai hâte d'écouter ! OLE