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6 juillet 2013 6 06 /07 /juillet /2013 09:23

 

« L’arrache cœur » de Boris Vian, comme roman champêtre de l’apocalypse agricole

(On croit trop souvent que Boris Vian fut un auteur étranger à nos vieux terroirs et c’est une légende colportée par des universitaires sans scrupules et sans diplômes. Au contraire c’est un roman qui annonce les ravages de la civilisation industrielle…)

Premier commentaire

La première remarque qu’on peut faire concerne la structure du roman. Trois parties à peu près égales, et le chiffre 3 est traditionnellement un chiffre sacré. Le premier grand chapitre est consacré à l’accouchement et à la prime enfance des trois salopiots, le second chapitre inclut la vie du village, le troisième tourne avant tout autour du combat entre Dieu et le Diable, incarnés par le curé et le sacristain sous l’œil des paroissiens hostiles, qui leur lancent des cailloux.

Peu à peu l’espace et le temps vont changer. (Je sais que certains ne suivent pas, ils sont occupés à charger leur 11,43, arme à la mode à l’époque, dans l’immédiat après guerre, ce qui est une façon de parler car on est toujours entre deux guerres.)

Boris a bien connu l’Avant-guerre, et aussi l’Après guerre !

Les lieux où se déroulent les principaux événements héroïques du village, sont la Rivière Rouge (du sang vraisemblablement) avec le personnage de La Gloïre, qui ramasse avec les dents qui lui restent un argent qui lui est d’ailleurs inutile.

Nous découvrons enfin les très mauvais traitements infligés aux Apprentis, et la crucifixion du cheval !

Le dernier chapitre, c’est le combat entre le Bien et le Mal. Avec participation des paroissiens.

Le temps est divisé en mois inégaux.

Au début le roman est daté avec noms de mois « normaux » mais qui ne respectent pas l’ordre chronologique.

La grande innovation commencera le « 24 juinet »

(Alberto, je t’ai déjà dit de ne pas te piquer en classe, en plus tu t’es fait avoir, c’est pas de l’héro, c’est du jus de pomme !...et puis cesse de tripoter Anne-Sophie, c’est pas original, elle devrait enfiler un slip, sinon elle sera la victime d’attouchements voire davantage, remarque c’est sûrement ce qu’elle veut bon alors continue, mais n’oublie pas que j’ai aussi une arme de poing ! Voilà ce qu’on serait obligé de dire aujourd’hui en 2013 tellement les élèves écoutent peu)

Ensuite ça va continuer ( Benjamin, retire le doigt que tu as enfoncé dans la fente de Marie France, Je suis encore interrompu, on est en 2013 !!!) avec des noms romantiques à souhait, avec le 39 jouinout, puis le 55 janvril, puis le 73 févruin, le 98 avroût etc…mais complètement hors du temps légal et obligatoire....

(Ecoutez je lâche une rafale de mon pistolet mitrailleur la prochaine fois que vous sucez vos doigts après avoir goûté à la fente de Marie Claire…et puis tout se mêlerait, les commentaires sur le livre et les remarques indispensables pour calmer très momentanément les esprits, non c’est devenu complètement impossible…) Je disais donc que le Temps est disloqué, et que Vian nous annonce la fin du monde, d’ailleurs rien qu’en voyant vos faces de porcs dégénérés, je m’en doutais ! Ah vous avez des sales tronches ! avec des groins de morveux ! (on serait toujours en train de faire des remarques de ce genre… Tout de même à 43 ans vous devriez savoir lire tant pis je continue…En principe vous devriez avoir compris ce que je dis…mais non ils ne comprennent plus rien du tout…)

L’espace est peuplé de phénomènes inconnus dans nos régions

Il en va ainsi des « calamines » et des « brouillouses », des « cormarins » et, pour les animaux plus petits, les « crobes ».Etc.

Mais j’aurais dû commencer par une vue globale de la géographie des lieux, qui ne sont pas aussi imaginaires (rentre ta bite, c’est la dernière fois que j’interviens, à la fin je tue toute la classe, Alexandre et cesse de sucer, Alexéïa ! ça va te donner un rhube, il a plein de crobes entiers, Alex…voilà maintenant je soliloque…)

Soyons enfin une vraie classe normale.

Et je sens que la description du paysage se profile à l’horizon !

Il y a la maison sur la falaise, le village avec toutes ses spécialités, ventes de vieux au quintal, ou au détail, ferrage des enfants pour qu’ils tiennent mieux la route dans les virages, messes utilitaires avec mise en scène puisque nous sommes dans la société du spectacle, quoique les restes des anciennes coutumes aient persisté, me suis-je bien fait comprendre ?

J’explique « Calamine » : c’est un intermédiaire entre une plante vivante et une plante fabriquée, avec ce qui reste d’un moteur « calaminé ». C’est presque un « artefact » mais pas complètement…Dans « L’Ecume des jours » on avait déjà en vente et en vitrine un « lapin mécanique » l’être vivant était à mi-chemin entre le vivant et la technologie.

Vian est séduit par les technologies de pointe et il aime quand même les choses naturelles. Il communie même avec la nature, par l’intermédiaire de Jacquemort :

« Jacquemort s’agenouilla sur l’herbe terreuse, touchant le sol de ses deux mains étendues »

Il s’agit bien d’un sacrement, je dis ça en passant, quand les musulmans lèvent le cul très haut dans le 18ème arrondissement de Paris, ils attendent le coup de bite du prophète mais il s’agit d’une sainte posture religieuse, Vian l’avait deviné : les chrétiens c’est fini, les musulmans arrivent et ils vont tous nous violer, et puis ce sera très vite la débandade générale) !

D’ailleurs, dès la première page (Livre de Poche n° 2398, page 27) il nous prévient avec la présence de « crottes de biques aux contours bizarrement irréguliers ». Et il continue avec la « présence de boucs de Sodome ».

Je vous sens excités par cette histoire de Sodome...Ils donneront lieu, plus loin, à un miracle : « …du portail grand ouvert au perron de la maison, une main prévoyante avait tendu un ruban de soie rouge »…Si c’est pas un miracle, ce ruban, vous me direz ce que c’est !

Et je vous laisse sur une bonne impression :

« Sur le lit, la mère reposait, en proie aux cent treize douleurs de l’enfantement… »

Voilà, maintenant que j’ai massacré les « étudiants », il reste à dynamiter le lycée, installer une entreprise, recycler tout ça en habitations pour les SDF…Vous allez voir, je vais dire des choses importantes maintenant qu’il n’y a plus ces morveux pour troubler mon discours sur « L’Arrache Cœur »

(à suivre absolument)

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