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24 mai 2014 6 24 /05 /mai /2014 09:36

La cour de justice centrale de Riga, en Lettonie, vient de mettre aux arrêts le militant du parti  l’"Autre Russie" Ayo Benes, surnommé le  Lénine noir". La police de la sécurité lettone a ouvert contre lui une procédure judiciaire pour "appel au renversement violent de l’Etat et à l’élimination de l’indépendance de la Lettonie". 

Ayo Benes est l’un des plus célèbres combattants pour les droits de la langue russe en Lettonie. Ces derniers mois, il a été très actif au sein des partisans du «printemps russe» en Ukraine. Il a fait partie des rangs de la milice d’autodéfense au cours du référendum sur l’adhésion de la Crimée à la Fédération de Russie. On se souvient aussi qu’à Donetsk, il s’est fait connaître comme brillant orateur lors des meetings pro-russes où ses discours  enflammaient la foule. Puis, il a été deux fois expulsés d’Ukraine par le Service de sécurité ukrainien. Lors de sa dernière déportation, on l’a immédiatement arrêté à Riga, capitale de la Lettonie.

Auparavant, les autorités lettones voulaient le priver de sa citoyenneté pour sa participation à la milice d’auto-défense de la Crimée. Maintenant, ils sont résolus à l’envoyer en prison . De toute évidence, ils ont peur que le «printemps russe» ne se propage en Lettonie où 40 % de la population sont Russes et dont une partie considérable est privée de ses droits civils…

 

 

Selon des informations issues de la Résistance, Alexandre Gerasimov dont je décrivais récemment la disparition,  est vivant. Il est dans un bon hôpital, soigné pour des blessures graves, surtout une fracture du bassin (pelvis). On peut ajouter à ses malheurs, des brûlures. Mais il n’a pas, heureusement, de problème pour payer les frais d’hôpital car, actuellement en Ukraine la médecine est payée à 100% par les patients. A Odessa, il y a une collecte de fonds pour les blessés du carnage du 2 mai, malgré le marasme économique.

Le représentant de la Résistance m’a informé que depuis le 16 mai, le SBU et la police ont commencé à faire des interrogatoires dans les hôpitaux mais, ils le font de façon déconcertées et séparées. Le SBU considère comme «témoins», les personnes victimes du massacre de la Maison des syndicats. Mais, selon la pratique judiciaire courante ukrainienne, les «témoins», après interrogatoire, passent en catégorie «accusés». Pour la police en revanche, ce sont des «victimes».

Dans les hôpitaux, les patients refusent de parler : «Je n’ai rien vu, je ne connais personne ; je n’ai rien compris, je ne sais pas ce qui s’est passé».

Il faut se rappeler que, pendant le procès mondialement connu dit «affaire de torture d’Odessa» (2003-2004), contre un groupe de la Résistance communiste armée dans notre ville, la cour de justice n’a pas reconnu les nombreux faits de tortures féroces, malgré les preuves flagrantes et la mort d’un des détenus suite à ces dernières. Par exemple, des cicatrices très visibles sur les mains et les pieds, avec des marques de menottes, qui servaient à les accrocher pendant des heures, ou encore les multiples fractures, etc. Les citoyens Russes, membres du groupe, étaient aussi torturés de la même manière. Le SBU et le pouvoir de l’époque avaient jugé ça très compromettant et avaient donc donné l’ordre au juge de ne rien reconnaître. Pourtant, ce dernier en parlait en privé, sans se cacher.

La même parodie de justice mâtinée de cynisme est préparée par le SBU dans les mois qui viennent. Les victimes vont être accusées à tort. D’ailleurs, ce n’est un secret pour personne.

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