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26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 14:22

 

Bon eh bien tant pis ! On va continuer à s’instruire ! On va donner dans les « grands sujets de société », comme ils disent. J’en discutais hier encore avec un ambassadeur (de tri, il n’a pas de chauffeur, il se déplace en camion benne, bref il vérifie si nous remplissons civiquement nos sacs poubelles). Car non seulement nous trions nous-mêmes les déchets de la société de consommation, mais nous payons une taxe pour ce travail, et nous sommes punis quand le boulot est mal fait !

Et c’est ici qu’on m’arrête généralement : « Ecoute, tes conneries sur Guy Debord et tous ces intellos, ça commence à bien faire ! » D’abord je ne vois pourquoi le mot « intellectuel » serait une injure, alors que le mot « escroc », à son plus haut niveau, est plutôt un compliment, puisqu’il vaut une belle propagande électorale à pas mal d’entre eux !

Et puis je ne suis pas spécialement un intellectuel, la preuve, j’ai gardé les vaches, pas celles auxquelles vous pensez, les vraies, qui sont si sympathiques.

Je rappelle, puisqu’on est dans la sociologie du bétail, la généalogie de Mr Giscard d’Estaing, dont la noblesse remonte à 1922, et trouve son origine dans un titre vacant, la famille d’Estaing ayant plié bagage définitivement par épuisement sexuel à cette époque : c’était la débandade dans la famille ! On débandait tellement que la place devint libre.

Or l’ascendant de VGE portait le nom plus ordinaire d’Agénor Bardoux, et il eut au moins le mérite d’employer Guy de Maupassant dans son Ministère de l’Instruction publique. Comme quoi, Giscard a servi à quelque chose. Il n’était pas seulement diamantaire !

Mais je change à peine de sujet puisque j’en arrive aux poubelles. Vous souvenez-vous que Giscard invitait au petit déjeuner des éboueurs maliens ? Et qu’il ne les violait même pas ? Eh bien c’en était des Ambassadeurs de tri. Il y avait du bon dans cet homme ?

Reconnaissante, la ville de Clermont donna son nom à une voie de circulation : « Rue de la Tour Fondue ». On mesure ici l’élégance de cette ville de gauche, car il eût suffi d’inverser les termes et ça donnait : « Fondu de la Tour » ! La face du monde en eût été changée, comme dit l’autre, qui est le génial auvergnat Blaise Pascal. Vous souhaitez une petite digression ? oui, c’est toujours dans les digressions qu’on s’instruit ! Blaise avait observé les paysans qui s’obstinaient à utiliser la Brouette, moyen de transport pourvu de deux bandes (cet article est très érotique et c’est pas fini !) de roulement. Alors, Blaise, saisi d’une inspiration divine s’écria : « Mais Bordelacu (c’est du latin, du bas latin !) ils banderaient mieux avec une seule roue. Il supprima donc une roue et on obtint la brouette, qui est de ce fait contraire à son étymologie : « Bis-Rouette » que les populations mal embouchées commençaient à rebaptiser « Biroute ». Vous voyez d’ici la dégradation du langage ! Et j’en arrive enfin à Guy Debord, qui décrit ainsi les homo-enculus (c’est du très bas latin !) que nous sommes devenus :

« Ils (nous, Debord prend de la distance) ont perdu le peu qu’ils avaient, et gagné ce dont personne ne voulait. Ils collectionnent les misères de toutes les exploitations du passé ; ils n’en ignorent que la révolte….mal nourris d’une alimentation polluée et sans goût, mal soignés dans leurs maladies toujours renouvelées, continuellement et mesquinement surveillés….Ils meurent par séries sur les routes, à chaque épidémie de grippe, à chaque vague de chaleur, à chaque erreur de ceux qui falsifient leurs aliments… »

Mais j’arrête, Pour quelques euros, vous pouvez vous procurer « In girum imus nocte et consumimur igni » Et ne vous affolez pas, c’est un palindrome. C’est une phrase qui se lit dans les deux sens. Je traduis ? Rassurez-vous, je ne sais pas traduire, mais on me dit que ça donne à peu près ça : « Nous tournons sans cesse en rond et nos désirs sont sans fin ».

Ces quelques petits exemples, dont je reconnais volontiers qu’ils sont désordonnés, décousus, pour ne pas dire déstructurés, nous montrent un peu que le massacre de l’Education Nationale est essentiel pour les maîtres du monde. Ils cherchent à nous en mettre plein la vue avec des discours incompréhensibles, alors qu’il est si simple de parler clairement : oui, le chômage augmente, oui, la misère s’étend aux classes moyennes, oui, tout augmente sauf votre revenu. Oui, on vous ment et on vous encule à longueur de journées.

Oui, la télé est de plus en plus bêtifiante, et délibérément.

Oui, les « faits divers » sont là pour nous faire peur et, vous l’avez remarqué, quand un crime horrible (y aurait-il des crimes sympathiques, agréables, caressants ?) a lieu, il tient la « une » dans les médias durant la semaine, au moins, si bien qu’on a l’impression d’être entourés d’assassins et de violeurs imprévisibles.

Et, du coup, il y en a, et des gens comme vous et moi, au départ. Alors on construit des prisons et plus on construit de prisons, plus on les remplit, car le nombre des crimes augmente, vu que cette société rend cinglé : 7 détenus sur 10 relèvent plus ou moins de la psychiatrie (Statistiques Officielles).

Plus on est de fous, plus on rit ? J’en suis de moins en moins sûr !

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commentaires

Odette Laplaze-Estorgues 26/11/2011 15:04

Je l'attendais ma dose hebdomadaire de Rolland Hénault. (Oui je suis addict et sans aucune envie de me faire désintoxiquer !) Et cette fois, me voici comblée. Il est question des grands hommes de
mon Auvergne d'adoption : l'ami Blaise de la première calculette et de la "bi-rouette". Luii, il est grand par l'oeuvre. L'autre, ne l'est que par la taille et les conneries faites, écrites ou
bafouillées. Aujourd'hui, j'ai en particulier apprécié les leçons de bas latin, même de très bas latin. C'est truculent ! Alors cher Roll, prépare ta plus belle plume pour samedi prochain. Et sois
remercié pour le partage. OLE