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12 novembre 2011 6 12 /11 /novembre /2011 08:54

 

Le 25 septembre dernier, sur les ondes de Radio-J, la plus radicale des fréquences « juives » parisiennes, un vibrant appel à la générosité du public était lancé par le présentateur, Guy Rosanowicz, et par le président de l’Union des Patrons Juifs de France (UPJF) Claude Barrouch.

Il s’agissait, expliquaient-ils, « d’aider quatre jeunes de la communauté » , membres de la « Ligue de Défense Juive » dont Barrouch faisait en même temps l’éloge, à payer les sommes auxquelles ils avaient été condamnées par le tribunal, pour avoir saccagé la Librairie Résistances à Paris, le 3 juillet 2009.

Ni Barrouch, ni Rosanowicz n’eurent évidemment le courage de rappeler à leur public la réalité des faits : l’irruption, dans la librairie, de cette bande (de cinq membres, et non quatre) encagoulée ; et la destruction, en quelques minutes, de plusieurs milliers de livres, sans s’arrêter au fait que parmi les ouvrages que ces gens arrosaient impitoyablement d’huile, il y en avait une série traitant de la Deuxième Guerre Mondiale et du génocide du peuple juif.

Non. Tandis que Rosanowicz parlait de la librairie comme d’un établissement « révisionniste » , antre de la campagne de boycott d’Israël, Barrouch vantait « ces jeunes qui ont le courage de leurs idées ». « Et ce n’est pas parce qu’ils ont commis une action peut-être un peu forte qu’ils n’ont pas droit à notre reconnaissance et à notre soutien », assénait-il avec un art consommé de la litote.

Les détails de cette opération « Jeunes en détresse » étaient alors fournis à l’antenne : envoi de chèques à l’association « Les Amis de l’UPJF », avec promesse de délivrance d’un « reçu CERFA » (ouvrant droit à déduction fiscale du don), les auditeurs étant avertis que les intéressés n’avaient strictement “pas les moyens de payer” les 13.000 € auxquels ils avaient été condamnés.

Le problème, c’est qu’en ce dimanche 25 septembre 2011, lorsque Barrouch fait appel à la générosité du public pour aider des voyous sans le sou, la librairie Résistances est au contraire effectivement en passe d’obtenir réparation.

Un huissier commis par la librairie –après que la justice a brillé par sa passivité à vérifier l’exécution des peines - a en effet réussi, dans les jours précédents, à faire saisir les comptes bancaires des condamnés.

Et sur l’un des comptes de la bande, appartenant au propriétaire d’une agence immobilière du très huppé XVIème arrondissement de Paris, il y avait largement de quoi prélever les dommages et intérêts (et non des « amendes », comme dit à l’antenne par un Rosanowicz gêné de tendre la main pour payer une librairie incontestablement solidaire du peuple palestinien). Barrouch aura eu du mal à ignorer cet état de fait, d’autant plus que son protégé, étant tout à la fois « patron » et « juif », ne peut logiquement qu’être membre ou sympathisant de l’Union des Patrons Juifs de France.

L’argent (15.000 € en tout, avec les sommes acquittées par les parents du 5ème membre de la bande, un mineur qui avait été jugé séparément) servant à réparer, partiellement, le préjudice subi par la librairie Résistances est finalement arrivé à bon port il y a quelques jours.

Nicolas SHAHSHAHANI, gérant de la Librairie Résistances

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