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22 mars 2014 6 22 /03 /mars /2014 08:11
Le Parlement français a adopté à l'unanimité la loi reconnaissant que la traite des Noirs et l'esclavage constituent un crime contre l'humanité. Cela peut sembler évident concernant la privation de liberté, la déportation et l'exploitation d'environ 12 millions d'individus rappelées avec succès par le film 12 Years a Slave.

Pourtant aujourd'hui encore de nombreuses rues portent les noms de grands armateurs négriers, honorant ainsi leur mémoire comme autant de fiertés et de mérites au fronton de nos villes. Certains de ces personnages ont aussi eu des actions positives. Mais, en participant à ce juteux trafic d'êtres humains, ils sont devenus des criminels au regard de l'humanité et du droit, et ce malgré l'absolution offerte par le Code noir.

A l'occasion des élections municipales, la Fondation du mémorial de la traite des Noirs lance une campagne nationale. Celle-ci vise à ouvrir un débat sur le bien-fondé de la persistance de ces noms de rues qui honorent des criminels, et qui sont une offense aux victimes et résistants de l'esclavage.

Un courrier sera adressé à toutes les listes candidates aux élections dans les villes de Bordeaux, La Rochelle, Le Havre, Nantes et Marseille et une pétition ouverte sur le site Change.org.

Le geste le plus fort est bien sûr de rebaptiser les lieux publics portant des noms liés à ce commerce, mais nous pouvons aussi envisager l'apposition de panneaux explicatifs dans les rues concernées. Ainsi il serait indiqué pourquoi on honore la personne éponyme, mais également cela montrerait le respect dû à la mémoire des victimes d'un crime contre l'humanité et des combattants de la liberté.

A titre d'exemple on imaginerait mal aujourd'hui une rue Papon ou une avenue Himmler.

Alors pourquoi devons-nous subir par exemple une rue Saige à Bordeaux (22 rues de négriers), une rue Grou à Nantes (11 rues), une rue Giraudeau à La Rochelle (5 rues), une rue Begouen au Havre (5 rues) et une rue Roux de Corse à Marseille (6 rues)?

Il ne s'agit nullement pour nous de jeter l'opprobre sur des municipalités ou des familles entières, car la culpabilité n'est heureusement pas héréditaire (tout comme les honneurs ne devraient pas l'être non plus), mais plutôt d'engager un travail de mémoire apaisé, loin de toute repentance, en vue de redonner plus d'intégrité à la signalétique urbaine.

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