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9 janvier 2021 6 09 /01 /janvier /2021 10:56

Paru dans "La Bouinotte" - Hiver 2020

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9 janvier 2021 6 09 /01 /janvier /2021 10:51

L’autre jour, l’animateur le plus survolté du PAF s’indignait de ce que palpait, jadis, l’un de ses chroniqueurs, Bernard Montiel : 150.000 euros mensuels pour « Vidéo Gag », sur TF1. D’où cette interrogation métaphysique du présentateur : « Quand tu gagnes 150.000 euros par mois à faire des lancements de vidéos de chiens qui pètent, pourquoi tu vas t’emmerder à faire une interview et défoncer ta chaîne ? »*

Pourtant, une question brûle les lèvres : combien gagne Cyril Hanouna pour organiser des lancers de nouilles dans les slips de ses invités ? Selon Le Canard enchaîné du 6 février 2019, ce seraient 40.000 euros mensuels qui lui atterriraient direct inzepocket. C’est à la fois peu, comparé à ses grands aînés, et beaucoup, à en juger de la bonne tenue intellectuelle de sa tranche horaire. Pourtant, il y aurait quelques petits à-côtés, à en croire le site combien.io, spécialiste de ces sujets de basse intendance.

Ainsi, H2O, sa société de production, forte de 250 millions d’euros investis par le groupe Canal, disposerait d’un chiffre d’affaires annuel garanti de 50 millions d’euros. Ce qui assurerait à notre homme, si l’on en croit le mensuel Capital, des dividendes de près de deux millions d’euros par an. Si cela était avéré, ses 40.000 euros mensuels de salaire ne lui serviraient que d’argent de poche hebdomadaire.

Bref, ce n’est pas la crise pour tout le monde. Sauf, peut-être, pour les chroniqueurs de « Touche pas à mon poste », dont la rémunération serait passée de 500 à 300 euros par prestation à l’antenne, toujours à en croire l’hebdomadaire satirique. Certes, la situation de Cyril Hanouna est légèrement différente de celle d’autres salariés surpayés, sachant qu’à la tête d’une entreprise, il doit régler, chaque mois, salaires et charges sociales. Ces menus détails évacués, « Touche pas à mon poste » demeure la raison « sociale » du show hanounesque. À ces tarifs, on comprend mieux pourquoi il n’a guère envie qu’on touche à celui qu’il occupe.

Il n’empêche que tout cela donne une assez juste idée de ce qu’est devenue la profession de journaliste. Une poignée de stars aux revenus de footballeurs et une horde de pigistes précarisés auxquels il manque toujours deux sous pour faire  un franc. Ce qui explique encore, tout  du moins en partie, la raison  de leur conformisme tant systématique que navrant : les plus fortunés ont peur de dégringoler dans l’échelle sociale, tandis que les autres sont terrorisés à l’idée de perdre le peu qu’ils ont.

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9 janvier 2021 6 09 /01 /janvier /2021 10:46

Lettre ouverte à M. Antoine Marette, présentateur du Journal de 12 h 30 sur France-Culture :

« Nous protestons avec indignation contre la manière profondément discourtoise, antidémocratique et malhonnête dont vous avez traité à l’antenne le 100ème anniversaire du Congrès de Tours dans votre journal du 29 décembre 2020.

Après avoir donné quelques rares indications factuelles (et insidieusement fielleuses) sur ce congrès historique, vous avez interrogé Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, non pas sur le Congrès de Tours et son actualité, mais… sur le Pacte germano-soviétique. Après la très brève réponse enregistrée de ce dernier sur ce sujet, la parole a été donnée bien plus longuement à un « historien » connu pour son anticommunisme exacerbé, sa proximité avec la droite réactionnaire et son statut d’idole de l’extrême droite française et « européenne », Stéphane Courtois. Celui-ci connaissait manifestement la réponse de Roussel et a eu tout loisir de la démolir en développant l’argumentation traditionnelle des anticommunistes et en terminant son propos par une justification éhontée de l’interdiction du PCF par décret Daladier du 26 septembre 1939 ; rappelons que cette interdiction par les députés (droite, radicaux, SFIO) qui, par la suite, ont massivement investi Pétain, a conduit, directement ou indirectement, de nombreux militants et dirigeants communistes français comme Pierre Sémard, Guy Moquet ou Georges Politzer à la chambre de torture ou au peloton d’exécution. Bien entendu, ni F. Roussel ni aucun historien en désaccord avec les thèses largement discréditées de Courtois n’ont pu répondre à cette réponse-réquisitoire, aussi fausse et liberticide sur son contenu que déloyale sur la forme que vous, « journaliste » tenu à un minimum d’équité, lui avez donnée.

Notre but n’est pas non plus de rappeler à Courtois, à vous-même et aux autres amateurs d’amalgames « antitotalitaires » odieux entre les exterminateurs et les libérateurs du camp d’Auschwitz, que les communistes français furent de très loin la principale force de la Résistance sur le territoire national (et notamment, de la Résistance armée via les FTP-MOI et les FTP-F), qu’ils furent l’âme de l’insurrection parisienne décisive de 1944 dirigée par les FFI communistes Henri Rol-Tanguy et André Tollet, de même que l’URSS fut le principal adversaire militaire de Hitler durant toute la guerre, les ¾ (et même 90% en 1944-1945) des divisions allemandes étant concentrées sur le Front Est. Rappelons aux amnésiques ce que le Général de Gaulle a déclaré en 1944, lors de sa visite d’Etat au Maréchal Staline : « les Français savent que la Russie soviétique a joué le rôle principal dans leur libération ».

Georges Gastaud
Fadi Kassem

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3 janvier 2021 7 03 /01 /janvier /2021 15:05
Le numéro 18 de la revue trimestrielle sur la chanson "Hexagone" vient de paraître et consacre un dossier de 30 pages à "La chanson et l'Anarchie".
Je vous livre un court extrait de l'introduction. Y en aura pas d'autres, ni maintenant ni plus tard, ras-le bol du tout-gratuit d'internet. Alors sortez les oursins de vos poches et achetez la revue (informations en bas de page).

 

"Croyez-le ou non, les anars sont le plus souvent des gens éminemment fréquentables. Nous avons ainsi échangé le plus pacifiquement du monde avec la chanteuse Elizabeth, le chanteur Serge Utgé-Royo, ainsi qu'avec Patrick Kipper et Floréal Melgar, activistes infatigables de l'anarchisme et de la chanson, quatre monuments libertaires à leur façon. Gageons que leurs regards croisés nous aideront à y voir plus clair en ce domaine parfois un peu sombre pour le profane. Alors installez-vous confortablement, baissez un peu la lumière... et n'ayez plus peur du noir !" (Patrick Engel)

 

 
 
Prix du numéro (version papier) : 15 euros (participation aux frais de port : 3 euros).
Par chèque à : Hexagone la revue, 9, place Saint-Sauveur, 22100 Dinan.
Par CB sur le site : http://hexagone.me

 
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24 décembre 2020 4 24 /12 /décembre /2020 10:29

La situation est grave. Au théâtre du Rond-Point, le censeur Ribes ne peut plus présenter son insolence conforme et son rire de résistant subventionné. Au théâtre de la Colline, on ne verra plus de spectacles qui questionnent sur les questions, et qui dérangent sans rien déranger. Dans les centres dramatiques, et leurs clones estampillés DRAC, l’indigénisme et le décolonialisme sont à l’arrêt, les descendants des esclaves, opprimés mémoriels, vont-ils s’en remettre ? Les gays ne peuvent plus représenter comment ils ont découvert, un jour, qu’ils frémissaient au passage d’un individu du même sexe, et les indécis du genre s’interroger scéniquement pour savoir s’ils sont hommes ou femmes. Dans les gynécées culturels, les spectacles sur la parité ou la domination patriarcale sont annulés, et les autrices femmes n’écrivent plus sur des problèmes de femmes pour un public de femmes, bénéficiant d’un pack-femme pour trois spectacles. Et célébrant migrants, clandestins et sans-papiers, une adaptation de la vie de Cédric Herrou a dû être reportée. Les humoristes France Inter ne rient plus, et l’on se demande déjà si la soirée parisienne des fleuristes, rebaptisée Soirée des Molière, pourra avoir lieu ou si elle sera décentralisée à Béziers.

Dans les musées d’art contemporain ou les FRAC, lieux toujours vides, même sans virus, il n’y aura pas ces soirées de vernissage où se retrouvait, selon l’expression de Nicole Esterolle, « une étrange confrérie, bras verbeux de l’idéologie esthétique bureaucratico-financière mondialisée ».

Hélas, tout ce monde de la culture, suspendu par la queue à la poutre des subventions, ce monde où la liberté d’expression est celle d’un perroquet des DRAC sur son perchoir ministériel, tous ces porteurs d’une culture formatée, d’un théâtre qui « fait sens et humanité », tous ces colporteurs des poncifs du temps et des vérités du journal de 20 h, tous ces censeurs de l’art authentique, celui qui est vivant et libre, découvrent soudain le goût de la censure et le malheur d’être interdit de public. C’est le retour du cinéma muet et de la scène culte de l’arroseur arrosé.

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24 décembre 2020 4 24 /12 /décembre /2020 10:18

Les frontières anglo-françaises sont fermées et la presse d’outre-Manche commence à s’inquiéter de l’approvisionnement en victuailles pour des fêtes de Noël déjà bien compromises par le reconfinement décrété par Boris Johnson. Du coup, les camions sont bloqués d’un côté comme de l’autre du Channel. Et le Sun, le fameux tabloïd britannique qu’on sait, de titrer : « Les Français n’ont aucune pitié ! » Peut-être, mais pas plus que les Anglais à Mers el-Kébir, Dunkerque ou Fachoda. Ou, même, qu’en 2003, lorsque ce même journal comparait le défunt Jacques Chirac à un « ver », alors qu’il ne faisait que tenter de dissuader l’Occident d’entrer une seconde fois en guerre contre l’Irak ; ce, avec les funestes conséquences qu’on sait, cette équipée militaire ayant été plus ou moins acte de baptême de l’État islamique. Pour une fois que Jacques Chirac proférait quelque chose de sensé, fallait-il encore que les Anglais viennent tout gâcher.

Du coup, nos amis brittons n’auraient plus que quelques jours de stock de ces produits alimentaires frais qu’ils ont depuis longtemps renoncé à faire pousser. Une autre leçon à méditer : Margaret Thatcher, dans sa volonté frénétique de « moderniser » son pays, l’a désindustrialisé tout en réduisant son agriculture à la portion congrue, préférant le transformer en nation de traders et autres aigrefins de la finance. Mais en cas de disette, ce ne sont pas les stock-options qui remplissent l’assiette ; sans négliger le fait que, conséquence logique du laisser-faire libéral, des institutions nationales telles que Jaguar et Land Rover sont passées sous contrôle indien. C’est la revanche, tant finale qu’ironique, du mahatma Gandhi.

Et nos amis anglais de désormais s’inquiéter de ne plus pouvoir exporter leurs produits. Mais quels produits ? À part les Beatles et James Bond, Charlotte Rampling et Benny Hill, on ne voit pas trop bien. Leurs haricots à la tomate et leur jelly, à base de pectine et de gélatine, leurs femmes à dentition chevaline et leur conduite à gauche ? Soyons sérieux. Pourtant, il y a toujours un si. Celui, évidemment, de ces crustacés principalement pêchés par des Écossais formant le plus important syndicat du genre en Europe. Mais les Écossais, eux, ont plus envie de sortir de l’Angleterre que de l’Europe, probablement inspirés par l’exemple des Irlandais, peuple lui aussi soumis à l’ancestrale férule londonienne. Ironie de l’Histoire, la Grande-Bretagne est entrée dans l’Europe pour mieux la torpiller politiquement, espérant la réduire à un seul marché économique. Aujourd’hui, ils semblent perdre sur les deux terrains.

Jeanne d’Arc serait-elle enfin en voie d’être vengée ?

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24 décembre 2020 4 24 /12 /décembre /2020 10:14

Lors d’une interview accordée, le 14 décembre, à la chaîne américaine CNBC, le PDG de Pfizer, Albert Bourla, a déclaré : « J’ai 59 ans, je suis en bonne santé, je ne travaille pas en première ligne, donc il n’est pas recommandé que mon groupe se fasse vacciner maintenant. » Il a, en outre, exigé de son personnel, et en particulier de ses cadres, qu’il ne se fassent pas vacciner en priorité, pour ne pas « donner le mauvais exemple »…

On me dira ce qu’on veut, je ne vois pas en quoi le fait de se faire vacciner constitue un mauvais exemple. Au contraire, dans le contexte actuel de défiance, il me semble que si les dirigeants du groupe américain avaient commencé par s’administrer le vaccin eux-mêmes, et publiquement, cela aurait au contraire rassuré nombre de personnes, prouvé son efficacité et son innocuité, et incité bien des gens sceptiques à suivre l’exemple du staff du géant pharmaceutique.

Mais non, Bourla ne veut pas que la moindre personne considérée à risque se voie retardée dans sa vaccination, et privée d’un remède qui sauvera sa vie… Il est prêt à se sacrifier au service de petites gens et ne gaspillera pas quelques centaines de doses pour son seul intérêt personnel. Bel exemple de sacrifice et d’abnégation.

Un esprit philanthropique que M. Bourla n’a pourtant guère démontré jusqu’ici : dès le lendemain de l’annonce de la découverte du vaccin, Bourla avait vendu un paquet considérable de stocks-options, profitant ainsi illico de la hausse boursière que la nouvelle avait déclenchée autour du titre de sa société.

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24 décembre 2020 4 24 /12 /décembre /2020 10:08

Une explosion suivie d’un vaste incendie ont détruit le 20 décembre une usine pharmaceutique dans la ville de Taoyuan, à Taïwan, faisant deux blessés graves, dont un est décédé des suites de ses brûlures. Cette usine, d’après le Taiwan English News, citant le quotidien taïwanais en chinois The Liberty Times, n’était rien de moins qu’un jalon important de la production mondiale d’hydroxychloroquine.

Les causes du sinistre sont toujours l’objet d’une enquête, mais il apparaît que cette usine, si elle ne fabriquait pas elle-même de l’hydroxychloroquine, en fournissait les éléments premiers permettant sa fabrication. Elle en était même le deuxième fournisseur mondial, faisant la presque totalité de son chiffre d’affaires avec l’étranger.

Rien n’indique pour l’instant que la production mondiale d’hydroxychloroquine en sera notablement affectée, mais cela ne surprendrait guère. Cela tombe diablement à pic, justement au moment où commence la campagne mondiale de vaccination, activée par la peur, la contrainte et désormais, semble-t-il, par la disparition non seulement voulue mais peut-être même mise en œuvre de toute alternative sérieuse de masse.

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12 décembre 2020 6 12 /12 /décembre /2020 09:48

« Cette année encore, plus que d’habitude, la mise en place de l’espace traditionnel dédié à Noël sur la place Saint-Pierre se veut un signe d’espoir et de confiance pour le monde entier. Elle veut exprimer la certitude que Jésus vient parmi son peuple pour le sauver et le consoler », souligne le Vatican.

 

Jésus est bien venu nous sauver mais en scaphandre cette fois. Trouillard !

 

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12 décembre 2020 6 12 /12 /décembre /2020 09:43

Si les lois relatives à la sécurité globale et contre les séparatismes font la une depuis plusieurs semaines, trois décrets tout aussi polémiques ont été promulgués il y a sept jours sans faire de bruit - ou presque. Ces décrets modifient le périmètre des trois fichiers de « sécurité publique » gérés par la police et la gendarmerie : le premier relatif à la Prévention des atteintes à la sécurité publique (PASP) et le deuxième qui a trait aux Enquêtes administratives liées à la sécurité publique (EASP) et un dernier relatif à la Gestion de l'information et prévention des atteintes à la sécurité publique (GIPASP). Un des objectifs affichés par le gouvernement est la lutte anti-terroriste.

Par le biais de ces fichiers, les forces de l'ordre peuvent désormais tout ficher sur les personnes suspectes, de leurs « habitudes de vie » à celles « en ligne » en passant par leurs « activités publiques ou au sein de groupements ou de personnes morales ».
Conséquences : le volume et la variété des informations recueillies vont donc considérablement augmenter. De plus, ces recherches ne sont plus limitées aux seules personnes physiques mais désormais élargies aux associations, groupes Facebook ou autres collectifs militants.

Très remontée, La Quadrature du Net (LQDN) n'hésite pas à parler de « fichage massif [pour les] militantes et militants politiques, leur entourage (notamment de leurs enfants mineurs), leur santé ou de leurs activités sur les réseaux sociaux », dans un article publié mardi 8 décembre.
C'est pourquoi les défenseurs des libertés numériques « malgré ses moyens limités » ont annoncé qu'ils « contester[aient] ces décrets non seulement dans la rue, chaque samedi au sein de la coordination contre la loi sécurité générale, mais aussi en justice, devant le Conseil d’État ». Ils seront dans la rue dès le 12 décembre prochain.

Ces décrets combinés aux outils de vidéosurveillance autorisés par la loi de sécurité globale sont une nouvelle étape vers la surveillance généralisée. LQDN écrit : «  si [...] tous les manifestants pourront être filmés en manifestation et que, via le fichier TAJ [Traitement d'antécédents judiciaires, NDLR], une grande partie d’entre eux pourra être identifiée par reconnaissance faciale, le PASP et le GIPASP leur a déjà préparé une fiche complète où centraliser toutes les informations les concernant, sans que cette surveillance ne soit autorisée ni même contrôlée par un juge. » Autrement dit, les pouvoirs de la police grandissent au détriment de ceux de la justice.

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