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7 novembre 2020 6 07 /11 /novembre /2020 09:43

Un préavis de grève des personnels de réanimation est en cours depuis le 19 octobre aux Hospices Civils de Lyon, à l’appel de la CGT Santé. Les soignants expliquent :

“Nous avons espéré être entendus sur les revendications portées par les personnels de réanimation et soins critiques des HCL, contrairement à nos espoirs nous avons eu une réponse très administrative qui ne répond en rien aux revendications des personnels. […] Le préavis de grève est maintenu à partir du lundi 19 octobre 2020.”

Parmi les revendications, des moyens matériels et humains pour rouvrir des lits, pour les patients covid mais pas seulement. Cela au moment où la direction de l’établissement voudrait supprimer les congés de novembre et décembre et que les équipements de soins et de protection, tels les pousse-seringues sont toujours manquants.

“Des pousse-seringues, est-ce trop demandé aux Hospices Civils de Lyon 2éme CHU de France ? Nous ne parlons pas de rémunération nous voulons des effectifs et du matériel” s’indignent les soignants.

À Nancy, c’est l’annonce de 600 nouvelles suppressions de postes et la fermeture de 200 lits supplémentaires au Centre Hospitaliser Régional Universitaire de Nancy, qui provoque une vague de colère. Si le directeur de l’ARS Grand Est qui, en pleine première vague épidémique avait cru bon de confirmer le plan, a été poussé pour cette communication transparente à la démission, le régime Macron n’a toujours pas voulu supprimer ce plan.

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7 novembre 2020 6 07 /11 /novembre /2020 09:37

Le 28 octobre la grève se poursuivait à la raffinerie Total de Grandpuits avec une opération de blocage des expéditions de carburant durant 48 heures. Les ouvriers continuent de se battre contre les suppression de postes et le risque de fermeture de la raffinerie. Ils viennent ainsi de décider en assemblée générale intersyndicale une grève de 48h avec “la coupure de toutes les expéditions de produits par tout moyen, route, fer ou pipeline, jusqu’à samedi 6 heures”.

Initiative Communiste a réalisé le 27 octobre cet entretien avec les grévistes. En voici un extrait :

IC : Bonjour, pouvez-vous dans un premier temps vous présenter ?

Adrien Cornet, délégué syndical CGT raffinerie Grand Puits. Je travaille à la raffinerie depuis 10 ans.

IC : Depuis quand êtes vous entré en lutte ?

Adrien Cornet – Nous avons appris le 24 septembre que les capacités de raffinage de Grand Puits allaient être fermées. Elles vont être délocalisées dans des endroits où les normes sociales et environnementales sont moins lourdes par rapport à la France. Cela va engendrer 200 suppressions d’emplois sur Total et 500 suppressions d’emplois sur les entreprises extérieures. À la suite de cette annonce, on a organisé une assemblée générale et nous avons donc mené notre première action le 6 octobre : nous nous sommes rendus devant le parvis de la Défense au pied de la tour Total pour qu’aucun emploi ne soit supprimer.

IC: Quelles sont vos revendications ?

Adrien Cornet – Nous voulons un projet qui ne comprend aucune suppression d’emplois : actuellement, on est 450 salariés des entreprises Total et 700 des entreprises extérieures. On veut également une transformation de l’outil en gardant le raffinage en attendant la transition définitive.

IC : À l’heure à laquelle nous parlons, quelles ont été les réponses de vos patrons ?

Adrien Cornet – Monsieur Pinatel, directeur raffinage monde et monsieur Charcot, directeur raffinage Europe ont été très clair : il y aura 200 suppressions de postes à Total et 500 dans les entreprises extérieures.  Nous avons donc demandé dans le cadre du plan social 3 réunions, avec la direction, et cela a été refusé catégoriquement. Il n’y a aucun dialogue social chez Total : on a un projet et il est à prendre ou à laisser.

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24 octobre 2020 6 24 /10 /octobre /2020 11:03

"Une semaine après l'assassinat de Samuel Paty, le gouvernement entend renforcer son projet de loi contre le séparatisme, en intensifiant notamment la surveillance des réseaux sociaux. Jean Castex a annoncé, vendredi 23 octobre, vouloir sanctionner ceux qui publient, notamment en ligne, des informations personnelles "mettant en danger la vie d'autrui", a-t-il indiqué à l'issue d'un Conseil de défense.

"La surveillance des réseaux sociaux et la lutte contre la haine en ligne seront intensifiées", a-t-il annoncé, avec un renforcement "sans délai" des effectifs de la plateforme de signalement Pharos, qui est chargée d'examiner les signalements de contenus potentiellement illicites.

Selon les informations de Franceinfo, une centaine de personnes vont être recrutées pour renforcer la surveillance des réseaux sociaux. Cela concerne Pharos mais aussi les autres services concernés, comme la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) ou les renseignements territoriaux. On ne sait pas précisément combien d'agents supplémentaires seront précisément affectés à Pharos, qui fonctionne aujourd'hui avec 30 policiers et gendarmes."


Eh oui, il y a en ce moment trente flics qui surveillent Internet. Alors tenez-vous tranquilles les gars ! C'est drôle, ils sont plus nombreux quand il s'agit de cogner sur les Gilets jaunes. Et plus rapides aussi quand il s'agit de poursuivre Hervé Ryssen, Alain Soral ou Dieudonné.
Enfin heureusement, l’effectif passera à 130 « très prochainement ». Te voilà rassuré, mon vieux Samuel ?

 

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24 octobre 2020 6 24 /10 /octobre /2020 10:56

Sous couvert de “mettre en concurrence”, l’Union Européenne sous les offices zélés de Sarkozy a imposé la privatisation d’EDF-GDF, offrant en 2008 GDF à l’opérateur privée de l’eau et de l’assainissement, la Lyonaise des eaux devenue Suez. Les deux entités prenant le nom d’Engie en 2015.

En 2017 le régime Macron décide de céder pour 8.7% du capital d’Engie encore détenu par l’Agence des participations de l’État, descendant ainsi sous le seuil de 24% du capital et 28% des droits de vote.

Issue de sociétés coloniales (Compagnie du canal de Suez, Banque d’Indochine), Suez avait été nationalisée en 1982 et privatisée en 1987. Elle fusionne complètement avec la Lyonnaise des Eaux en 1997. Suez contrôle ainsi une part importante de la distribution de l’eau et de l’assainissement en France (19% de la population). Un secteur où l’autre acteur privé majeur est Veolia (ex- Vivendi, ex-Compagnie générale des eaux) qui contrôle 40% de la distribution. La SAUR et des régies publiques assurant le reste de la distribution.

Veolia en lançant une OPA sur Suez s’assurerait une situation de monopole privé dominant sur l’eau potable et l’assainissement, un bien commun et un service public essentiel de la population. Alors que les travailleurs sont évidemment opposés à cette fusion dont la traduction sera évidemment suppression d’emplois et pression à la baisse des salaires, Veolia a pu compter sur le soutien de la CFDT pour s’emparer de Suez, avec pour projet de vendre à la découpe les parties les plus juteuses de l’entreprise.

À l’issue d’un vote, le Conseil d’administration d’Engie qui compte 13 membres, a approuvé la vente avec sept voix pour, la plus courte majorité possible, face à quatre voix contre et deux abstentions. Sur les 13 membres, six “indépendants”, trois représentants de l’État actionnaire, trois représentants des salariés (1 CGT, 1 CFE-CGC, 1 CFDT) et 1 CFDT au titre des salariés actionnaires. Les 6 “indépendants” et la CFE CGC ont voté pour, les deux représentants de la CFDT ont quitté la salle, validant l’OPA. Le régime Macron aurait téléphoné aux représentants CFDT pour qu’ils se comportent ainsi d’après une source citée par Médiapart. Un vote contre de la CFDT aurait obligé la CFE-CGC à voter contre, faisant basculer le résultat du vote.

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24 octobre 2020 6 24 /10 /octobre /2020 10:32

Plus de 100 ans après la déclaration Balfour, des avocats palestiniens ont attaqué en justice jeudi le gouvernement britannique, tenu responsable pour ce texte ayant ouvert la voie à la création de l'Etat d'Israël et dont découle "la souffrance des Palestiniens".

Signée en 1917 par le chef de la diplomatie britannique Arthur Balfour, cette déclaration indique que Londres apporte son soutien à "l'établissement en Palestine d'un foyer national pour le peuple juif".

Cette initiative de Londres, qui règne alors sur la Palestine mandataire, avait été une étape importante dans le processus qui allait conduire en 1948 à la création de l'Etat d'Israël.

Les plaignants, dont la démarche est avant tout symbolique, considèrent le gouvernement britannique responsable d'une déclaration "sinistre" et demandent des indemnisations pour les Palestiniens lésés, sans fixer de somme.

"Le mandat britannique est à la racine de la souffrance du peuple palestinien et a ouvert la voie à la violation de leurs droits et au pillage de leur terre", a affirmé Mounib al-Masri, à la tête de l'Assemblée nationale des travailleurs indépendants lors d'une conférence de presse à Ramallah.

La plainte a été déposée jeudi auprès du tribunal de Naplouse, dans le nord de la Cisjordanie, au nom de la Fondation pour le suivi des droits des Palestiniens, du syndicat des journalistes palestiniens et de l'Assemblée nationale des travailleurs indépendants.

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10 octobre 2020 6 10 /10 /octobre /2020 11:19

Bafouant la Déclaration universelle des droits de l’homme selon laquelle « les parents ont, par priorité, le droit de choisir le genre d’éducation à donner à leurs enfants » et le protocole additionnel de la Convention européenne des droits de l’homme (« L’État […] respectera le droit des parents d’assurer cette éducation et cet enseignement conformément à leurs convictions religieuses et philosophiques »), Emmanuel Macron annonçait, lors de son discours de lutte sur les séparatismes, la fin de l’instruction en famille. Sous prétexte de viser les écoles coraniques clandestines, l’État trouve un nouveau moyen d’extraire nos enfants de leurs « déterminismes familiaux » pour mieux leur inculquer la « morale laïque » si chère à Vincent Peillon. Réactions avec Ingrid Riocreux.

Pour quelles raisons avez-vous choisi d’instruire vos enfants à la maison ?

Je crois important de préciser d’emblée que, pour nous, l’instruction en famille ne représente pas un idéal ; ce n’est pas un choix que nous avons fait de gaieté de cœur. C’est la conséquence d’un constat : le constat que l’école ne remplit plus sa mission. On y perd beaucoup de temps pour ne produire, finalement, que des apprentissages pauvres, fragiles et parcellaires. Le renoncement au par cœur et aux exercices répétitifs au profit du ludique a pour conséquence de délayer les acquisitions essentielles dans une multitudes d’activités éparpillées et compliquées dont il ne restera rien. L’école, aujourd’hui, c’est la loterie : si on a la chance de tomber sur une bonne maîtresse, tant mieux. Mon mari et moi parlons en tant que parents, mais aussi en tant que professeurs de lettres en lycée, atterrés par l’état des élèves qu’ils voient arriver chaque année en seconde : aucun, ou presque, ne sait tenir un stylo, la lecture leur est pénible, on ne sent chez eux aucun intérêt pour rien. Trop d’entre eux sont blasés, mous et indisciplinés. Comment pourrait-il en être autrement : ces enfants sont à l’école tous les jours, toute la journée depuis l’âge de trois ans et ils n’y ont presque rien appris ! Ils n’ont jamais eu l’occasion de se concentrer longtemps dans le silence. Ils n’ont jamais découvert le goût de l’effort, la satisfaction de surmonter une difficulté, la sensation délicieuse de l’accumulation des savoirs, le plaisir intellectuel de la connaissance. C’est un monstrueux gâchis. Alors, tout simplement, avant qu’il ne soit trop tard, mon mari et moi voulons faire en sorte que nos enfants ne finissent pas comme nos élèves.

Comment accueillez-vous l’annonce d’Emmanuel Macron d’interdire cette instruction familiale à la rentrée prochaine ?

Elle est scandaleuse dans l’état actuel du système éducatif. Je voudrais souligner une coïncidence terrible : la veille du discours du Président aux Mureaux, l’Éducation nationale a publié les résultats d’une étude sur le niveau des élèves de CM2 en mathématiques, révélant que celui-ci est catastrophique. Seuls s’en sortent les enfants des familles socialement favorisées – comprenez ceux à qui les parents paient des cours particuliers. Autrement dit, l’Éducation nationale reconnaît son incapacité à remplir sa mission. Cet aveu concernant les mathématiques vaut dans toutes les disciplines, on le sait bien, et d’autres études le montrent régulièrement. Et on voudrait nous interdire de retirer nos enfants d’un système qui reconnaît son propre échec ?

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10 octobre 2020 6 10 /10 /octobre /2020 11:13
Un arrêté préfectoral, paru le 29 septembre, dans le cadre de la lutte contre le Covid, créé le malaise : transporter du matériel musical en voiture est désormais interdit. Ce qui inclut aussi bien les platines que les instruments de musique.

« J’ai d’abord vu l’arrêté sur les réseaux sociaux. J’ai cru que c’était une blague. Je suis allé vérifier sur le site de la préfecture. Et ça n’en était pas une. C’est complètement fou ! »
Gael Lefévère est musicien professionnel, intermittent du spectacle. Il joue de la bombarde dans le groupe de fest-noz Hiks. Comme beaucoup de musiciens, il est abasourdi par l’arrêté préfectoral publié le 29 septembre, en même temps qu’une série de mesures pour faire face à la pandémie de la covid-19. Cet arrêté stipule que « sont interdits, à compter du 29 septembre, et jusqu’au 13 octobre, la tenue de rassemblements festifs à caractère musical et la circulation des véhicules transportant du matériel, susceptible d’être utilisé pour une manifestation festive à caractère musical, répondant à l’ensemble des caractéristiques énoncées à l’article R.211-2 du code de la sécurité intérieure ».

« Ça veut dire qu’on ne peut plus transporter nos instruments de musique ? C’est incompréhensible. Comment dès lors répéter ? », s’interroge Gael.

Youen Paranthoen, accordéoniste, membre du groupe Spontus et du collectif Clam, est lui aussi plongé dans un abîme de perplexité. « On se trimballe toujours avec nos instruments. Ce lundi, je dois aller répéter. Je vais circuler avec mon accordéon. Je peux être verbalisé » ?

Yves Marie-Texier, comédien et metteur en scène de la compagnie Mouton Major, qui travaille avec beaucoup de musiciens, ne décolère pas. « Comment interpréter cet arrêté ? On ne peut plus circuler avec des instruments de musique. Les copains qui vont venir répéter, on va prendre leur matériel ? On va leur donner une amende ? C’est complètement fou. On touche à des libertés fondamentales. C’est complètement liberticide. On nous dit que c’est pour les teufeurs. Mais l’arrêté est flou et ça peut être au libre arbitre du gendarme. »

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10 octobre 2020 6 10 /10 /octobre /2020 11:06

Bernard Tapie alias Nanard, repreneur et dépeceur de sociétés, aventurier, chanteur de charme, comédien, politique, et propriétaire de 89% de La Provence, elle ‑même actionnaire majoritaire de Corse Matin, est sous une double pression. Médicale, car il souffre d’un double cancer. Judiciaire, car il a jusqu’ici échappé à rembourser quelques centaines de millions d’euros, frauduleusement gagnés dit la justice.

Pour l’actif devenu passif il y a l’affaire Adidas/Crédit Lyonnais datant de… 1993. Nanard s’estime alors lésé par la banque lors de la vente d’Adidas ; en 2006 (13 ans plus tard), il obtient 400M€ de dommages et intérêts lors du jugement d’un tribunal arbitral. Patatras, l’instruction de la cour d’appel démontre qu’il était contre, vraiment tout contre, deux des arbitres. Le jugement est cassé et en mars 2019 il est condamné à rembourser la modique somme de 438M€ pour « escroquerie et détournements de fonds publics ». L’actif est devenu un passif. Un an et demi plus tard, recours à la Cassation aidant, il n’a toujours pas remboursé un centime.

Il ne nous appartient pas d’évaluer les actifs mobiliers ou immobiliers de Bernard Tapie. Mais sa participation de 89% dans La Provence est un actif, un actif réel mais en difficulté.

Après des pertes proches de 3M€ en 2019, la barre des 4M€ dans le rouge pourrait être dépassée en 2020. Le PDG Jean-Christophe Serfati envisage une « rationalisation des charges de personnel », autrement dit des licenciements, négociés si possible.

Un malheur n’arrive jamais seul, Corse Matin qui se portait comme un charme il y a encore peu de temps, accusera aussi une perte avoisinant les 4M€ en 2020. Résultat des courses, après trente personnes en moins en 2020, une nouvelle fournée de départs à l’horizon. Depuis 2019 La Provence ne possède plus que 51% de la société éditrice, les 49% restants sont dans les mains d’un consortium de 154 entreprises de l’île, mené par le promoteur immobilier Antony Perrino. Ce dernier (source Lettre A) aurait déjà mis la main sur tout ou partie des locaux de Corse Matin à Ajaccio, en contrepartie de son soutien.

Qui pourrait tirer les marrons du feu ?… Nous ne vous faisons pas languir plus longtemps, oui c’est bien Xavier Niel qui est le mieux placé pour une reprise. En cas de décès de Bernard Tapie comme en cas de guérison, la liquidation judiciaire de La Provence est déjà actée pour rembourser une partie des 400M€ dus à la collectivité. Niel (déjà 11% du titre), propriétaire d’une ribambelle de titres, pourrait faire un joli coup avec un empire sudiste allant de Nice à Marseille et au-delà. Beau papa Bernard Arnault implanté au Parisien, aux Échos, à l’Opinion, un duo familial libéral qui peut apparaître comme des faiseurs de rois dans la perspective de 2022 et plus tard.

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3 octobre 2020 6 03 /10 /octobre /2020 10:05

Journée sans voiture, on ne passe pas. Stoppé porte Maillot, le dépanneur insiste. Une dame est coincée dans un ascenseur, il doit se rendre sur place pour la délivrer. « Arrière, pollueur ! Répandeur de fumée noirâtre, ennemi de l’air pur, malfaisant motorisé ! » À la manière des videurs de boîte de nuit, les policiers refusent l’entrée à ce forcené qui n’y connaît rien en écologie. « T’as une voiture, tu rentres pas. » L’absence de marquage sur les parois du véhicule ne lui donne aucun droit. Il n’est pas inscrit « pompier », « urgences », « taxi » ou quelque chose comme « sauveur de dames dans les ascenseurs ».

Dans sa cage arrêtée entre le premier et deuxième étage, la dame attend. Le technicien ne saurait tarder. Après une heure passée à compter les petits trous de la grille d’aération, elle rappelle le service dépannage. « Je commence à trouver le temps long. Que faites-vous ? » L’inconsciente ne sait pas que la journée sans voiture bat son plein. Quelle drôle d’idée de vouloir descendre de chez soi autrement que par les escaliers alors que Paris est cerné. Les policiers gardent toutes les portes, jettent des bassines d’huile bouillante sur les assaillants, repoussent la tôle vers la banlieue. Le combat fait rage et la dame s’imagine qu’un petit réparateur d’ascenseur va pouvoir passer. Ah ah ah… L’équipe municipale se gausse… La journée va permettre de faire baisser la température mondiale de 0,000 000 000 % ! Les calculs sont formels.

Porte Maillot, le dépanneur cherche la faille. Un trou dans la muraille, une erreur de la défense et il s’élancera dans les rues de la capitale. Le moment arrive. Profitant qu’un policier tente de bouter un car de touristes anglais au-delà du périph’, il fonce, passe la frontière et entre dans la Ville lumière aux ascenseurs capricieux. il arrive auprès de la naufragée et l’extirpe de sa prison suspendue.

"J’ai la chance d’être en bonne santé et d’avoir un bon mental, mais si j’avais été quelqu’un de fragile, ou de malade, que serait-il arrivé ? " Il y aurait eu un hommage, chère madame. « Aux tombés pour la journée sans voiture. »

Sur Twitter, le journaliste Clément Weill-Raynal propose d’instaurer la « journée sans ascenseurs ».


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3 octobre 2020 6 03 /10 /octobre /2020 09:58

À voir les réactions de Marseille au sort qui lui est fait par le pouvoir parisien, on peut se demander si l’avenir des gilets jaunes ne serait pas plutôt, selon l’expression « houellebecquienne », dans l’extension du domaine de la lutte. Quand Samia Ghali – qui, en tant que maire adjoint, a rang d’officier de police judiciaire – déclare tout de go que « la police municipale ne verbalisera pas les restaurants et bars ouverts », c’est qu’elle se sent forte d’un soutien populaire qui dépasse visiblement celui des cafetiers et restaurateurs.

À la fronde des ruraux « perdants de la mondialisation » (formule théorisée par Christophe Guilluy) et mobilisés des mois sur les ronds-points pourrait-il s’ajouter, demain, celle des urbains déchirant les ukases de biocrates qui les empêchent non seulement de gagner leur vie, mais tout simplement de la vivre pleinement ?

Parce que les habitants des métropoles sont loin d’être tous des béats bobos-écolos gentrifiés en trottinettes électriques, et ce n’est pas parce qu’ils sont plus souvent cadres et diplômés du supérieur qu’ils ne souffrent pas de la saleté, des rodéos, de la délinquance, du terrorisme, des transports défaillants et plus généralement de l’abandon par l’État de ses missions régaliennes, au seul profit de la protection de « la planète » et du sanitarisme répressif.

Mais peut-on concevoir une convergence des luttes entre deux mondes différant par la culture et la sociologie ?

Peut-être en les fédérant contre un ennemi commun qui serait non plus le politique – désormais simple communicant interchangeable – mais le haut fonctionnaire inamovible, qui ne laisse jamais le citoyen en repos, invente chaque jour un changement pénible et coûteux qu’il susurre à son ministre, qui l’imposera jusqu’au fin fond du dernier hameau, mais dont lui-même n’aura généralement pas à souffrir.

De même que sa rémunération et ses divers privilèges, qu’il a même réussi à mettre au rang des secrets d’État…

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