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26 septembre 2009 6 26 /09 /septembre /2009 08:35


Pourquoi se construit-il tant d’éoliennes ?

On comptait, selon le Syndicat des énergies renouvelables (SER), 1 500 éoliennes pour une puissance de 2 700 mégawatts (MW) fin 2007, réparties dans 341 parcs éoliens en métropole ; 130 nouveaux parcs, représentant 450 éoliennes, ont été installés courant 2007. Les éoliennes devraient être 3 500 en 2010, pour une puissance de 7 300 MW, et plus de 8 000 en 2020 (dont 850 en mer) pour une puissance de 25 000 MW.
Selon ses partisans, le recours à l’éolien permet de diversifier nos ressources énergétiques, objectif louable avec la hausse du prix du pétrole et le fait que les combustibles traditionnels – gaz, pétrole, charbon – sont épuisables et polluants. L’éolien va dans le sens des accords de Kyoto, ratifiés par la France et l’Union européenne, qui prévoient une réduction de 8 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2008-2012 afin de lutter contre le réchauffement climatique. Les éoliennes sont enfin le fer de lance des énergies propres pour atteindre une production de 21% d’électricité d’origine renouvelable à l’horizon 2010, objectif fixé par la loi d’orientation sur l’énergie du 13 juillet 2005. «Seul l’éolien peut nous permettre de parvenir à cet objectif, affirme Michel Lenthéric, chargé de mission à l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie). L’énergie hydraulique a atteint ses limites. Et les coûts de production de l’éolien sont moins élevés que ceux des panneaux photovoltaïques.»
Mais pour les nombreuses associations opposées aux éoliennes, dont la Fédération environnement durable ou Vent de colère sont les plus en pointe, elles sont une imposture écologique. Ces associations font valoir que la France est le pays d’Europe dont la production d’électricité provoque le moins de rejet de CO2 par habitant. Notre électricité provient pour 76,85 % de l’énergie nucléaire, qui pose certes le problème de la gestion des déchets, de l’approvisionnement à terme en uranium, mais n’émet aucun gaz à effet de serre. Elle provient aussi de l’énergie hydraulique, ressource propre et renouvelable à hauteur de 11,6 %. La part de l’énergie thermique (gaz, charbon, pétrole) monte à 10 % et celle de l’éolien à 0,73 %. « Nous n’avons pas besoin de l’éolien, soutient Christian Gerondeau (lire notre interview page 53) parce que les énergies nucléaire et hydraulique répondent à nos besoins. Pour preuve, nous exportons 10 % de notre production d’électricité. Lors des périodes de grand froid, où la demande d’électricité est supérieure, nous faisons appel aux centrales thermiques, qui émettent des gaz à effet de serre. L’utilité d’une éolienne serait de s’y substituer à ces occasions. Or les périodes de grand froid sont des périodes anticycloniques où il arrive que le vent soit absent sur la totalité de notre territoire. » Météo France confirme et nuance à la fois : lors de ces épisodes anticycloniques, le vent peut souffler dans certaines régions, notamment le Sud. Là où il fait le moins froid !

Participent-elles à la diminution du CO2?
Selon les chiffres avancés par France Energie éolienne, 25 % de l’électricité produite par ces ailes aériennes permettrait une réduction de 20 % des émissions de gaz à effet de serre. Le Réseau action climat, qui regroupe plusieurs ONG, a calculé de son côté que 5% des émissions de CO2 seraient évitées grâce à l’éolien. «Pure propagande », rétorquent les associations. « Dix mille éoliennes produisant 25 000 MW ne peut que réduire de 0,5 % les émissions françaises de CO2, soutient Jean-Louis Butré, président de la Fédération environnement durable. Pire encore, en développant les éoliennes, on multiplie le recours aux centrales thermiques. » Selon la Commission de régulation de l’énergie, l’éolien ne contribue que de façon marginale à la réduction des émissions de gaz à effet de serre, simplement parce qu’il s’agit d’une production intermittente, qui ne peut être stockée et qui doit être relayée par d’autres sources d’énergie. « Les éoliennes ne tournent que de 20 à 25% du temps, car elles ne fonctionnent pas lorsque le vent est trop faible ou trop fort ! explique Jean-Marc Jancovici, ingénieur conseil. Nous sommes donc contraints de disposer en renfort de centrales thermiques ou hydrauliques, qui sont les seules à avoir une souplesse de mise en marche permettant de compenser instantanément les variations de la production éolienne. » L’Allemagne, pays leader de l’énergie éolienne et qui entend renoncer à l’énergie nucléaire, vient de donner son feu vert à la construction de plus d’une vingtaine de centrales thermiques à charbon. Retour fumeux vers le XIXe siècle ! Sans parler du Danemark, champion de l’éolien et l’un des plus fort émetteurs de CO2 par habitant. En France, plusieurs projets de centrales thermiques sont à l’étude : sur le port du Havre, à Beaucaire, dans le Gard, à Saint-Brieuc en Bretagne, à Bastelicaccia en Corse-du-Sud, à Lucenay-lès-Aix dans la Nièvre... L’envers du décor n’est pas si vert...

Combien coûte l’électricité produite par les éoliennes ?
L’arrêté ministériel du 10 juillet 2006 impose à EDF un tarif de rachat de l’électricité produite par les éoliennes de 8,2 centimes d’euro par kilowattheure (KWh), soit 82,8 euros par mégawattheure (MWh), et ce pendant dix ans. Le tarif varie ensuite de 8,2 à 2,8 centimes d’euro le kilowattheure les cinq années suivantes, en fonction des rendements. Plus ils sont faibles, plus le tarif de rachat est élevé. Autrement dit, moins elles produisent, plus elles rapportent ! Les promoteurs sont assurés d’un retour sur investissement même dans les sites les plus mal choisis. Cela ne peut que les inciter à implanter des parcs dans des sites peu venteux, mais aussi encourager certains d’entre eux à limiter leur production dans les sites venteux. Pendant ce temps, la note s’alourdit pour la collectivité. Car ces prix sont bien au-delà des prix du marché de l’électricité, qui fluctuent quotidiennement entre 4 et 5,5 centimes le kilowattheure (40 et 55 euros le mégawattheure). A titre de comparaison, le prix de revient d’un mégawattheure d’origine thermique varie entre 30 et 45 euros et celui d’un mégawattheure d’origine nucléaire descend à 26 euros, selon le Journal officiel du 27 juillet 2006 (lire infographie page 51).
Si ce tarif, supérieur au prix du marché, est une véritable aubaine pour les promoteurs, il pèse sur la facture d’électricité du consommateur. C’est lui qui paie les surcoûts liés aux obligations d’achat d’électricité des énergies renouvelables sous la forme d’une « contribution aux charges de service public d’électricité (CSPE) », mentionnée sur la note d’électricité et qui se monte à 0,53 euro TTC par kilowattheure. Plus EDF achètera d’électricité provenant de l’éolien, plus cette contribution augmentera.
Depuis le 13 juillet 2007, pour bénéficier du tarif de rachat d’EDF, les éoliennes doivent être construites sur une « zone de développement de l’éolien » (ZDE). Mais toutes les demandes de permis déposées avant cette date ont droit au tarif de rachat d’EDF quel que soit l’endroit où les éoliennes se trouvent. Il y a fort à parier que les dépôts de permis de construire remis avant la date fatidique se sont envolés. Leur nombre exact n’a pas encore été éventé...

A qui profite l’argent des éoliennes ?
D’abord, selon les différents vocables, à leurs promoteurs, développeurs, opérateurs. Avec un tarif de rachat d’électricité de 82 euros le mégawattheure, chaque éolienne de 2 MW garantit à son promoteur 360 000 euros de revenu annuel pour un temps de fonctionnement moyen annuel de 2 200 heures. Une opération rentable. Le coût de l’éolienne installée se situe, selon France Energie éolienne, entre 1 million et 1,3 million d’euros. Soit un amortissement entre trois et cinq ans maximum. Pas étonnant qu’elles aient le vent en poupe.
On comprend mieux dès lors le mistral de spéculations que fait souffler cette source d’énergie. Le vent vaut de l’or. C’est ainsi que le groupe Suez a acheté 50,1 % des parts de la Compagnie du vent, spécialisée dans la promotion d’éoliennes, pour un montant de 321 millions d’euros. Or, le chiffre d’affaires de la Compagnie du vent se limite à 11 millions d’euros. Mais elle serait « riche » de signatures d’élus pour des permis de construire permettant la production de 2 000 MW. « Ce qui valorise chaque mégawattheure à plus de 300 000 euros, poursuit Christian Gerondeau. Avec 6 à 10 éoliennes et une puissance de 12 à 30 MW, la valeur de chaque signature obtenue varie de plus de 3 millions d’euros à près de 10 millions. Le tout sans le moindre risque. » La manne profite aussi aux fabricants (essentiellement allemands, danois, espagnols). Les grands groupes ne s’y trompent pas et investissent en masse. Quelques exemples : Areva a acheté 51 % de la société Multibrid, un concepteur et fabricant d’éoliennes basé en Allemagne et spécialisé dans les turbines offshore de grande puissance, valorisant l’entreprise à 150 millions d’euros. De son côté, Alstom a pris le contrôle d’Ecotècnia, une entreprise espagnole qui fabrique et commercialise des éoliennes, pour un montant de 350 millions d’euros.
L’argent s’envole, avec quelques retombées – bien plus modestes – pour les propriétaires des terrains et pour les communes. Les premiers se voient attribuer un loyer de 1 000 à 2 500 euros par an et par éolienne. Les secondes perçoivent annuellement, par le biais de la taxe professionnelle, 500 à 700 euros par an et par mégawatt, après une période de déduction fiscale au bénéfice du développeur. On compte aussi quelques retombées pour l’emploi : 5 000 ont été créés, selon le Syndicat des énergies renouvelables, via les bureaux d’études, le travail d’installation et de maintenance des parcs. Mais rien pour les riverains, qui se plaignent d’une dépréciation de leur bien immobilier. Aucune étude n’ayant été effectuée, Notaires de France ne peut confirmer cette donnée. Un signe éloquent toutefois : le groupe d’assurances MMA propose un contrat « garantie revente » qui couvre la perte de valeur de revente des propriétés, notamment en cas d’implantation d’éoliennes à proximité...

Comment se monte un projet ?
Une petite brise suffit. Le grand reproche des associations, c’est le manque de transparence dans la création des sites éoliens. « Dans la majorité des cas, les projets sont montés à l’insu des habitants, affirme Jean-Louis Butré. Des promoteurs démarchent des agriculteurs et leur font signer des promesses de bail en faisant miroiter un revenu supplémentaire. Puis ils persuadent les élus avec deux arguments : la taxe professionnelle et l’action citoyenne pour lutter contre le réchauffement climatique. Dans les faits, on constate que nombre d’éoliennes sont situées sur un terrain appartenant aux élus des communes. »
Un diagnostic à peine nuancé par Jean-Yves Grandidier. « Nous essayons d’obtenir une délibération du conseil municipal pour une étude d’implantation, tout en s’assurant la disposition du foncier par la signature de promesses de bail. Les études coûtent cher. » Celles-ci sont à la charge du promoteur qui choisit le bureau d’études. Elles intègrent une enquête sur l’impact des éoliennes sur les oiseaux et une étude sur le bruit. De fortes nuisances ne rendent pas pour autant le projet caduc. Le promoteur peut modifier l’implantation des éoliennes ou proposer, dans son dossier, des mesures compensatoires : contrat d’agriculture durable, aides pour l’achat de friches, proposition d’équipements tels que des visualisateurs de ligne à haute tension pour les oiseaux... Du vent et des verroteries, selon les associations. L’étude d’impact est jointe à la demande de permis de construire déposée dans la commune, qui la transmet dans les quinze jours à la Direction départementale de l’équipement (DDE). Celle-ci examine la légalité du dossier, puis le communique à tous les services de l’Etat concernés (Diren, Drire, Direction de l’aviation civile, Service départemental de l’architecture et des paysages, etc.). Tous émettent un avis – favorable ou défavorable –, qui reste uniquement consultatif. Une majorité d’avis négatifs n’empêche pas l’obtention du permis ! Le dossier est ensuite transmis à la préfecture, qui lance une enquête publique. Puis le tribunal administratif nomme un commissaire-enquêteur, souvent un retraité de l’administration... des gendarmes, des douaniers... pas forcément spécialisés... L’enquêteur rencontre les élus des communes et organise des permanences à jours fixes. Théoriquement, toute personne qui le souhaite peut consulter le dossier et déposer son avis sur un registre. Elle doit faire vite, le vent presse, l’enquête ne dure qu’un mois. Puis le commissaire-enquêteur remet, avec avis, son rapport au préfet qui accorde ou non le permis de construire. Missionnaire de l’Etat, le préfet se trouve souvent en position délicate. Entre le marteau et l’enclume, sa décision est, selon le cas, contestée au tribunal administratif, soit par les associations, soit par le promoteur. Le recours n’arrête pas le processus, mais, dans la pratique, le projet peut être suspendu jusqu’au jugement. En 2004, 33 % des permis accordés ont fait l’objet d’un recours et 27 % en 2005.
Depuis juillet 2007, les ZDE sont initiées par les communes ou les communautés de communes. Elles définissent un périmètre apte à recevoir des éoliennes répondant à trois critères : un potentiel éolien (donc, théoriquement, du vent), une possibilité de raccordement au réseau et la prise en considération des paysages et des monuments. Pour Henri de Lepinet, président de l’Union Rempart, qui regroupe des associations de sauvegarde du patrimoine, « le risque aujourd’hui est de voir proliférer une profusion de ZDE sur l’ensemble du territoire de façon à multiplier les possibilités d’installer des éoliennes. » Peut-être n’a-t-il pas tort. Des éoliennes sur un seul village, et la manne que représente la taxe professionnelle bénéficie dans ce cas à toute la communauté de communes.

Les éoliennes détruisent-elles le paysage ?
Un sondage ELP/SER/France Energie éolienne réalisé en septembre 2007 montre que 90 % des Français sont favorables à leur développement. Pour beaucoup, les éoliennes ont bonne image et belle allure. Certains considèrent qu’elles participent à l’organisation du paysage, tout comme, en leurs temps, les aqueducs, les viaducs, les moulins à vent, les voies routières... Mais pour ceux qui sont au pied du pylône, elles sont d’abord des machines posées sur un socle de plus de 1 000 tonnes de béton, pouvant atteindre 150 mètres de haut, qui massacrent leur environnement proche, leur portent ombrage et font du bruit. A titre de comparaison, les plus grands pylônes électriques culminent à 48 mètres de hauteur. « Si une éolienne n’est pas inesthétique, sa multiplication devient catastrophique pour les paysages », affirme Paule Albrecht, présidente de la Société pour la protection des paysages et de l’esthétique de la France. Même discours tenu par Didier Wirth, président du Comité des parcs et jardins de France : « L’éolien n’a aucun intérêt, ni économique, ni énergétique, ni écologique. Alors, pourquoi sacrifier le patrimoine paysager de la France ? » L’Académie des beaux-arts apporte son soutien dans un livre blanc sur les éoliennes. Elle dénonce leurs dimensions excessives et leur manque d’harmonie avec le paysage. « D’autant que les parcs sont dispersés et que les promoteurs n’hésitent pas à les installer dans des zones protégées : parcs nationaux, régionaux, zones Natura 2000... ou à proximité de magnifiques monuments, constate Philippe Toussaint, président de Vieilles maisons françaises. On oublie que les éoliennes de 150 mètres de haut sont visibles à 10 kilomètres à la ronde. » Les exemples malheureux sont monnaie courante. C’est pourquoi la Réunion des associations nationales de sauvegarde du patrimoine bâti et paysager, surnommé le « G8 du patrimoine et de l’environnement », demande à ce qu’on applique aux éoliennes la réglementation des installations industrielles, que l’on impose une distance de 10 kilomètres par rapport aux sites classés et inscrits, en excluant toute éolienne des lieux protégés. Actuellement, en l’absence de cadre réglementaire, tous les débordements sont permis. Seule reste la concertation au moment de l’enquête publique et... la bonne volonté du promoteur. « S’il y a un impact, il est réversible, assure Jean-Yves Grandidier. Les contrats sont limités à quinze ans, et la durée de vie d’une éolienne est de vingt ans. La loi du 3 janvier 2003 impose aux constructeurs de parcs éoliens de déposer une caution bancaire pour garantir le démontage des installations. » Sauf qu’à ce jour, cette règle n’est que du vent. Aucun décret d’application n’est venu l’encadrer.

Sont-elles bruyantes et dangereuses ?
«Vivre près d’une éolienne, c’est subir le bruit d’une centrifugeuse », raconte Auguste Dupont, habitant de Sortosville dont le logement est situé à 320 mètres d’une éolienne. « Avec les vibrations des pales, poursuit-il, ma maison construite sur une dalle de ciment se fissure. » Le ronronnement du frottement des pales se mêle aux grincements provenant des engrenages de l’appareil. Le bruit n’est pas permanent, mais son intensité et sa portée varient en fonction de la vitesse et de l’orientation du vent, et de la topographie des lieux. « Des études sont réalisées par les opérateurs. Et la règlementation impose que le bruit ne dépasse pas 3 décibels la nuit et 5 décibels le jour, explique Jean-Louis Bal, directeur des énergies renouvelables à l’Ademe. Des progrès sont réalisés et les dernières générations d’éoliennes sont moins bruyantes. » Le problème est réel, au point que l’Académie de médecine a pris position. Elle recommande d’installer les éoliennes d’une puissance supérieure à 2,5 MW à plus de 1 500 mètres des habitations, en rappelant qu’à des intensités modérées, le bruit peut perturber le sommeil, entraîner des réactions de stress et se répercuter sur l’état général. Au-delà du bruit et des paysages, les parcs éoliens perturbent l’activité des radars et en particulier des radars météorologiques qui permettent de détecter les vitesses des vents et de prévoir des événements climatiques tels que les tempêtes, les tornades... Un comble ! Mais, comme dit le proverbe, qui sème le vent...
Sites à consuler :
www.thewindpower.net, www.environnementdurable.net,
www.ventdecolère.org, www.env.fr
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Publié par Sébastien Hénault
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19 septembre 2009 6 19 /09 /septembre /2009 09:14
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Publié par Rolland Hénault
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12 septembre 2009 6 12 /09 /septembre /2009 09:54

 

Salaire : 6952,91 €

+ secrétariat : 1525 €

+ collaborateurs : 8949 €

+ train : gratuit en 1ère classe

+ avion : 40 vols gratuits

+ taxi parisien : gratuit

+ auto : à disposition

+ hôtels haut de gamme : tarifs préférentiels

+ restaurant de l’Assemblée : environ 7 € le repas ! Table très haut de gamme ! Sans compter les cigares.
+ prêts à taux réduit : 2 à 3%

Récapitulons :

Soit une enveloppe mensuelle officielle de plus de :

17400 € par mois


Soit pour 577 députés :

10 039 800 € par mois.


Plus de 120 millions € par an.


Mais… ils peuvent ne pas être réélus !

Et alors, et alors…

Debré est arrivé é é !

Et, avant son départ et l’élection de Nicolas Sarkosy, il a fait voter une loi sur le régime spécial des retraites des députés !

Les députés non réélus percevront « à vie » 20 % de leur traitement : soit 1390 € par mois.


« golden parachutes » de nos députés :

Jean-Louis Debré a fait voter à l'unanimité et dans le silence complet, une loi pour que désormais, un député non réélu touche pendant 60 mois au lieu de 6 son indemnité mensuelle nette qui est à ce jour - selon info sur site Assemblée nationale - de 5178 €, soit 6 952 € brut. Chaque député non réélu coûte donc aux Français 417 180 € sur 5 ans ! Sans parler de ce qu'il leur coûtera « à vie » !

L’opposition n’a pas crié au scandale.

Pour une fois tout le monde a été d’accord y compris Messieurs Hollande, Mamère et compagnie de l’opposition de tous bords…

Bien entendu cette généreuse « indemnité chômage » est totalement inconditionnelle, et l'heureux bénéficiaire de cette jolie rémunération de 5 ans, n'est tenu à aucun engagement quelconque, comme par exemple justifier de la recherche d'un nouvel emploi, d'une visite mensuelle auprès d'un conseiller ANPE, ou d'une activité justifiant cette « aide sociale »... bref, tout ce qui est demandé à des chômeurs ordinaires.

Alors qu’est-ce qu’on dit à Monsieur Debré ?

MERCI

 

Si vous êtes scandalisé et refusez d'être pris pour un con, diffusez au moins ce message !

Sinon contentez-vous de payer des impôts !!!

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Publié par Michel Duterme
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6 septembre 2009 7 06 /09 /septembre /2009 18:16

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Publié par ELIZABETH
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5 septembre 2009 6 05 /09 /septembre /2009 08:30

Encore une fois la rentrée des classes va se dérouler dans de « bonnes conditions », en dépit des suppressions de postes d’enseignants. Autrement dit, moins il y a d’enseignants et mieux ça va !

Ce tour de passe-passe est rendu possible si l’on veut bien se donner la peine d’analyser le sens de deux mots clés qui font partie de ce nouveau lexique que George Orwell appelait la « novlangue », c'est-à-dire le mensonge permanent, car le pouvoir, dans la plupart des pays du monde a besoin de « citoyens » qui ne comprennent pas. Ce phénomène est très bien décrit dans un livre de Jean-Claude Michéa : « L’enseignement de l’ignorance ». Car il ne s’agit pas d’une simple dégradation de l’enseignement, mais d’une véritable politique visant à la déculturation, c’est à dire à fabriquer uniquement des consommateurs, dans tous les domaines de l’activité humaine.

Examinons ces deux mots essentiels : les « sciences de l’éducation » et la « communication. »

Si l’éducation est essentiellement une « science » (origine le latin « scire » : savoir) il s’agira de transmettre des « connaissances » par des moyens dits « scientifiques », c'est-à-dire que l’homme ne sera plus nécessaire, puisqu’il sera remplacé par la « machine » (latin « machina » : invention, ruse, engin). Cela supposera que seul importera le « fonctionnement » mécanique, ce dernier mot étant synonyme de « machine ». Si l’on veut faire de l’éducation essentiellement une science, l’homme devient superflu. Et, dans la logique du Ministère de l’Education Nationale, il sera supplanté par l’informatique. C’est d’ailleurs ce qui se produit dans tous les domaines de l’activité économique, ce qui permet, peu à peu, de réduire le nombre de ceux qu’on appelait autrefois les « travailleurs ». L’avantage principal de ce système, présenté comme un « progrès », c’est que la machine n’est pas capable de réfléchir, de critiquer, de se syndiquer.

Quand l’éducation devient une science, l’homme devient une machine à distribuer du savoir. A la limite, il va être complètement inutile, si l’on souhaite fabriquer des hommes dociles, qui ne vivent pas, mais qui fonctionnent. Pratiquement, des automates. Or, l’enseignement, mais aussi l’activité humaine dans son ensemble, a, depuis les origines, été considéré comme un art. On disait « un art de vivre », on écrivait un « art d’aimer ». L’art suppose qu’on utilise des techniques, mais il vise à une sorte de perfection. Il serait plus intéressant de parler de l’art d’enseigner, car le prof enseigne d’abord ce qu’il est, et il est impossible d’imaginer une pédagogie qui ne tienne pas compte des émotions, des sentiments, de l’esprit critique. Je crois que, pour cette raison, la création de lycées de 1500 à 2000 élèves est une catastrophe, sauf pour les lycées « hauts de gamme » destinés à former une élite, qui vit déjà dans un milieu élitiste.

Il faut bien se dire que beaucoup de gens qui ne sont pas du métier peuvent transmettre des connaissances et il existe des initiatives individuelles très intéressantes : certains profs non rétribués réunissent trois ou quatre élèves dans…leur salle à manger. Car l’école n’est pas obligatoire, c’est l’enseignement qui est obligatoire. Peu de gens le savent. Et, avant que la culture française soit définitivement morte, il faudra bien trouver d’autres solutions.

J’en arrive maintenant à la fameuse « com. », la communication, terme emprunté au lexique du commerce et de la publicité, voire de la propagande. Ce n’est pas le mot qui convient pour l’école ! Le véritable mot, c’est la « relation », qui exprime l’idée d’un lien, affectif notamment entre l’élève et le prof. Vouloir enseigner à des élèves sans les aimer, c’est non seulement une erreur, mais une attitude criminelle. Quand on n’aime pas la jeunesse (et on a le droit) on peut se lancer dans une autre profession. Mais aujourd’hui où aller ? La mondialisation suppose que 80% des habitants de la planète ne travailleront plus. Ils consommeront des loisirs et on leur donnera le minimum pour qu’ils mangent et qu’ils s’abrutissent dans des jeux stupides. L’école, dit Michéa, n’est plus un lieu d’études, mais une sorte de parc d’attractions, où l’on garde les jeunes le plus longtemps possible en leur faisant croire qu’ils font des études. On arrive bien à 80% de reçus au bac, et même parfois à 100% ! Evidemment, puisque les enseignants, par divers systèmes, sont obligés d’arriver à ce score. Il sera plus difficile d’arriver à 100% d’emplois…

Je vous disais que l’enseignement est un art, l’amitié est un art, l’amour est un art. Pas une science. Et ça me rappelle soudain mai 68, quand le docteur Carpentier avait écrit ce tract : « Apprenons à faire l’amour ». Il énumérait les zones érogènes, comme fait le boucher quand il présente un dessin avec les meilleurs morceaux découpés en pointillés : le rumsteck, le plat de côtes, la bavette etc. En somme l’amour ce serait le choix des bons morceaux !

Ecoutez, vous ferez comme vous voudrez. Mais si l’enseignement consistait à apprendre les techniques de marketing, ça voudrait dire que l’homme est devenu un objet, un produit à vendre.

Je préfère dire que l’enseignement est un art, qui met en jeu la personnalité du prof, avec ses défauts et ses qualités, mais sa tendresse pour les élèves.

Sinon, c’est un con fasciste ! Et les cons fascistes, ça ne se baise pas, ça vous baise !

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Publié par Rolland HENAULT
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22 août 2009 6 22 /08 /août /2009 08:18

Les départs et les retours de week-end nous ont habitués à cette expression pourtant rarement expliquée : le chassé-croisé. Ca donne évidemment envie de chercher et j’ai été surpris d’apprendre que le mot  date de… 1835. J’ai été moins étonné que la formation en ait été la suivante : ce sont bien les deux verbes, « chasser » et « croiser » qui ont été ici, à l’origine de ce nom.

Oui, mais en 1835,  les week-ends étaient rares, d’autant plus que le mot lui-même n’est apparu qu’en 1905. D’ailleurs on disait plutôt « la fin de semaine », ou la « semaine anglaise ». Raymond Queneau écrivait « ouiquenne », au nom de la défense du langage populaire parlé !

 En fait il faut aller chercher le sens premier du mot. « Chasser » désigne une danse, ou plus précisément le « temps où une jambe exécute un pas glissé tandis que l’autre se rapproche ».

Pour le chassé-croisé, Robert donne cette définition : « Pas figuré où le cavalier et sa danseuse passent alternativement l’un devant l’autre. ». Par extension, c’est donc l’échange réciproque et simultané de place. Ouf ! Je suis déçu. J’avais rêvé à une véritable chasse, parmi tant d’autres, mais la plus pacifique, celle par laquelle on désignait la poursuite amoureuse par exemple.

 Eh bien non ! pas question d’amour dans cette expression ! Alors où ils vont, tous ces gens ? Ils se remplacent les uns les autres, et en plus il ne font que se croiser ! Aucune rencontre, aucun contact direct.

  Les uns quittent leur domicile pour des séjours vers des lieux prévus par l’industrie touristique, tandis que les autres en reviennent, et le même phénomène se reproduit régulièrement, pratiquement toutes les semaines,  avec une densité variable. Je suis toujours étonné de la pauvreté de cette existence.

 Peut-être est-il utile de rappeler le sens du mot « touriste », qui nous vient de l’anglais « tourist », de « tour » qui signifie « voyage ». A ce propos, le voyage est bien français. Sous la forme « veiage », (1080) il peut se traduire exactement par « chemin à parcourir ». Il suppose un déplacement vers un lieu éloigné, pour « voir du pays » et apprendre à connaître le monde. On peut rappeler le fameux voyage de Montaigne, au milieu du 16ème siècle. Il se rend à Plombières dans les Vosges, continue par la Suisse, l’Italie, Venise et Rome. Le prétexte en était de « prendre les eaux » c'est-à-dire de soigner une maladie des reins. Le voyage était une aventure et l’on se déplaçait avec une escorte, c'est-à-dire une troupe armée chargée de veiller à la sécurité du voyageur. Ce privilège était réservé aux plus riches car les pauvres n’allaient pas plus loin que leur village.

Aujourd’hui aussi on prétend veiller sans cesse à notre sécurité, mais de façon bien différente. Les moyens mis en place  (radars, caméras) constituent une sorte de racket permanent qui vise à vous faire payer le plus cher possible. Simple question : le « voyage » est-il encore formateur ? La réponse doit être mitigée. Il s’agit bien plus de faire fonctionner un secteur de l’activité économique, et ces longs défilés de véhicules automobiles suivent des itinéraires prévus, et souvent payants pour aboutir vers des lieux souvent identiques. Si bien que ces migrations saisonnières et très provisoires ont pris l’aspect d’une fuite devant des conditions de vie de plus en plus concentrationnaires. On donne généralement, à la radio la longueur des « bouchons » et des « ralentissements », un peu comme s’il y avait un record à battre. La vraie question est alors : ces voyages-là correspondent-ils à une nécessité réelle ? Certains  proposent une réduction drastique (l’anglais « drastic » : radical, rigoureux) des déplacements inutiles, sur route mais également en avion, sous peine de voir très vite notre cadre de vie définitivement détruit et notre planète invivable.

Je ne suis pas bien gai, heureusement, il y a la canicule, ou, au moins, la chaleur. Elle était autrefois une qualité dans les relations humaines, et il n’était pas insultant, dans les milieux populaires de dire d’une femme qu’elle était « chaleureuse » ou carrément « chaude ». On précisait même, plus vulgairement l’organe de production de ce mode de chauffage gratuit. On disait qu’elle « avait le feu au cul ». Je conseille aux mâles d’éviter cependant les femmes portées à de trop hautes températures. Ils risqueraient de se retrouver avec une merguez entre les cuisses. C’est du moins une histoire qu’on m’a racontée mais j’ai, comme vous, de la peine à la croire.

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15 août 2009 6 15 /08 /août /2009 08:01

Les « Bleus » ont gagné, par un but à zéro, contre ces peuplades hyper nordiques, au membre complètement ratatiné par le gel !. Les Bleus sont des footballeurs français. Les Bleus sont aussi des rugbymen français. Les Bleus sont également des basketteurs français. Les Bleus sont les Français. Les Français sont des Bleus. Ils écoutent des radios, qui sont des radios pour Bleus et qui s’appellent France-Bleu. Bref le bleu est désormais la couleur patriotique franco-française. Les Français sont bleus des pieds à la tête. Ils ont le nez bleu, les femmes ont les seins bleus, les hommes ont la bite bleue. On ne voit pas pourquoi le drapeau français n’abandonnerait pas ses trois couleurs pour ne garder que le bleu.

Le bleu et surtout pas le rouge !

Si les Français étaient rouges, ça ferait une tache dans le paysage. Ce serait la révolution, le marxisme, le communisme, la faucille qui rend marteau. Ce serait la lutte des classes, la Commune de Paris, l’égalité, la liberté, la fraternité, peut-être même la fin de l’exploitation des pauvres. Ah ! non surtout pas le rouge. Heureusement qu’on a le bleu !

Cette valorisation du bleu remonte assez loin, exactement après la guerre de 1870. Il paraît qu’on doit ça à Gambetta. Mais ça ne s’est pas fait d’un seul coup, parce que les combattants de la guerre de 14-18 étaient affublés d’un uniforme garance, jusqu’à la fin de l’année 1914. Il n’a donc fallu que cinq mois pour que les chefs militaires français, particulièrement observateurs, s’aperçoivent que le rouge n’est pas une bonne couleur, question camouflage. En janvier 1915, l’habit garance a donc été remplacé par le « bleu horizon », mélange de laine blanche et de bleu clair. C’était astucieux, l’Etat Major français avait compris que le bleu horizon, avec un peu de chance, ça ne se voit pas sur l’horizon. Ca suppose évidemment que le soldat reste constamment placé sur une ligne de crête, là où se trouve, en permanence, l’horizon. Les chefs militaires ne sont pas cons. Du coup, ils ont inventé la « ligne bleue des Vosges », formule imaginée encore par Gambetta, natif de Saint Dié et qui voulait être inhumé face à l’ennemi, par solidarité avec les habitants de l’Alsace Lorraine. L’expression devint très populaire, notamment dans les cimetières. Les Français, revanchards, voire carrément pas contents d’être morts, eurent désormais l’œil fixé sur la « ligne bleue des Vosges ». Encore heureux que les Espagnols n’en aient pas profité pour nous attaquer par derrière ! Beaucoup sont danseurs, et Coluche faisait dire, dans un sketch célèbre, à une brave femme, dont le fils était danseur : « Alors votre fils aussi, il est pédé ? »

Donc, le symbole de cette couleur bleue n’est pas innocent du tout. Elle signifie que la culture française n’existe plus que par rapport à une histoire lointaine, bien enracinée dans le fond du cerveau. Le kaki a remplacé le bleu horizon en 1935 pour les uniformes militaires. Certes, on eut le bleu de chauffe, habit de l’ouvrier, qui, peut-être, englobe, dans cette nouvelle dénomination, des Français. C’est encore de l’histoire de France, et de la bonne ! Je pencherais plutôt, pour le sens qui est donné à cette couleur dans les « cités » et les « quartiers » dits « sensibles » : les Bleus sont des flics, avant tout !

Et ces Bleus m’énervent parce qu’on a oublié la « Gauloise bleue », devenue ringarde pour les nouvelles générations américanisées.

Je ne vois pas pourquoi l’on a joué ainsi sur cette couleur, d’autant qu’elle se prête à de nombreuses plaisanteries et entre dans des locutions très diverses.

C’est une question secondaire ?

Pas tout à fait autant qu’il n’y paraît à première vue : le rouge est toujours associé au danger, et pas seulement quand le feu passe au rouge. « Tous les indicateurs sont au rouge » disent les journalistes spécialisés quand ils estiment qu’on entre dans une phase économique difficile. Et le jour du 15 août la journée sera « rouge ». Alors il y aura des communistes partout ? On va revoir les banlieues rouges ? Les gardes rouges ?

Non la journée sera bleue, puisqu’il y aura un flic tous les dix mètres.

Au fait, c’est quoi, un « bleu » ? A l’origine, c’est un conscrit nouvellement arrivé et Alain Rey date l’intrusion de ce mot dans la langue française en 1840. On disait aussi « bitau », un mot venu de la région de Genève sous la forme « bisteau », qui désignait un apprenti tout nouvellement arrivé. Toujours est-il que c’est de là que nous vient le « bleu-bite », qui qualifie un jeune soldat inexpérimenté.

Mais aujourd’hui, comme le dit encore Alain Rey, le bleu-bite est bien « senti » comme un composé de « bite ». Notez que vous n’êtes pas obligé de « sentir » toutes les bites qui passent, sous prétexte que vous êtes mus par un patriotisme particulièrement puissant.

Vous me rendez grossier. C’est à cause de la petite victoire « étriquée » (de « trique », je n’insiste pas) de la France aux Féroé. Je trouve que les Bleus ont eu la bite un peu courte. Ils n’ont gagné que d’une courte tête. Une tête de nœud, évidemment.

 

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4 juillet 2009 6 04 /07 /juillet /2009 10:18
 

Ca ne fait pas la une des quotidiens, et pourtant il y a des êtres humains qui se suicident en prison.

Incroyable !

Des gens qui ne sont pourtant condamnés qu’à perpétuité mais qui vont sûrement aller au paradis après avoir expié. Les salopards !

Non je ne parlais pas des « maîtres du monde », qui font crever tous les jours des milliers de gens ordinaires, des « petits hommes » selon la formule de Reich.

Je ne parlais pas des crapules de l’Elysée, de Matignon, des chefs de tout poil, depuis ceux qui font sauter leurs contraventions jusqu’à ceux qui se payent le luxe d’alimenter des tueurs à gages.

Je parlais de Christian Monin, qui, après 23 ans de prison, se voit refuser sa libération conditionnelle, suite à des rapports d’experts en psychiatrie, qui le présentent comme « dangereux ».

Je l’avais aidé à passer une équivalence de bac, et, depuis, il suivait seul son chemin. Un chemin qui est une impasse.

Et tout le monde s’en fout, à tel point que la presse locale (département 36) ne dit rien de son nom, (au nom, précisément, du respect des Droits de l’Homme) des causes de sa délinquance, des circonstances dans lesquelles on lui refuse la sortie après 23 ans de camp de concentration soft !

Ici, département 36, mais ailleurs c’est pareil, chacun refuse de voir les deux lieux de souffrance qui constituent les principales entreprises de la Région : le Centre Pénitentiaire du Craquelin ( Maison d’Arrêt + Centre de Détention) et la Maison Centrale de Saint Maur !

Christian s’est pendu, froidement, après avoir prévenu les autorités.

C’est un acte calculé, froid, précis.

Si j’étais Ministre de la Justice, j’aurais honte et je me suiciderais illico.

Mais ces gens-là n’ont jamais honte !

 

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20 juin 2009 6 20 /06 /juin /2009 08:45


 

Ce petit livre a été rédigé par un véritable enseignant, qui enseigne plus ou moins, mais sans en saigner.

Un deuxième classe, qui est passé au travers des projectiles, qui a connu le front plus que l'arrière, la tranchée dégueulasse... qui s'est trouvé constamment face à l'ennemi, je veux dire l'élève, dans ce qu'on appelle désormais le "face à face pédagogique".

Une expression qui en dit long sur la relation entre l'élève et le maître, qui rappelle qu'il s'agit bien d'un combat, à la régulière, où les adversaires s'observent, se mesurent, se dévisagent, avant l'empoignade finale.

Lisez, avant de ricaner, vous en avez pour votre pognon, mes chéris.

(Pour le commander, voir la page "éditions de l'impossible").

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6 juin 2009 6 06 /06 /juin /2009 08:46
 

Je marche avec Elisabeth et c’est une marche rituelle et particulièrement savoureuse.

Le lieu, d’abord : Conflans Ste Honorine, dans le département des Yvelines. Mais sur la place de Chennevière, quartier distinct du port fluvial, un panneau continue d’indiquer « Seine et Oise ».

Nous marchons le dimanche, ou, exceptionnellement, un jour férié. Le départ est précédé d’un petit déjeuner (café, tartines avec beurre et confiture) au cours duquel nous échangeons déjà les premières provocations :

- Je me sens particulièrement fort aujourd’hui !

- Je te trouve au contraire une petite mine ! Ca va être dur pour toi…

Elisabeth est la seule personne avec qui je puisse marcher. Elisabeth sait marcher, c’est à dire qu’elle marche exactement de la même façon que moi. Exactement. Autant dire alors que nous ne sommes qu’une seule et même personne.

L’itinéraire est toujours le même depuis dix ans. Il est ponctué, en permanence, d’un dialogue identique, qui comporte tout de même, exceptionnellement, quelques variantes.

Il s’agit donc d’une sorte de théâtre de marche à deux voix.

Le départ est donné rue des Grandes Terres.

Scène première, je n’indiquerai pas les autres :

- On emmène les pébroques ?

- Pas moi, je suis pas un pédé ! (J’ai décidé une fois pour toutes que le parapluie est un attribut de l’homosexuel, et j’ai décidé également de dire toujours « pédé », quoi qu’il arrive, parce que Boris Vian, dans « l’Ecume des Jours » a remplacé, lors du mariage de Chloé et Colin, les « demoiselles d’honneur » par des « pédérastes d’honneur ». Je suis très pointilleux sur la fidélité aux grands auteurs.)

Alors Elisabeth me tend l’un de ses parapluies, le plus masculin des deux :

- Bon l’Alpenstock, je veux bien ! Les alpinistes sont rarement des pédés. On peut pas s’enculer en cordée….même si c’est tentant !…il y a trop de risques…

A ce moment, Elisabeth me tire par la manche ou directement par la peau du bras, soi-disant pour m’éviter d’être écrasé par un véhicule à moteur, en réalité pour me déconcentrer. Ensuite, d’autres remarques, plus facultatives, peuvent ponctuer les cent premiers mètres :

- On est partis trop vite !

Elle ajoute : « Gros ! » (c’est mon nom de marcheur).

A quoi je réponds par une lenteur exaspérante, de façon à provoquer un prolongement à cette intéressante conversation sur la nécessité de partir en choisissant bien le rythme. On arrive ainsi à la traversée de la rue par le « mauvais passage pour piétons ». Car il en existe deux, très rapprochés, mais l’un est bon et l’autre mauvais. C’est comme ça !

Demi-tour, on prend le bon passage.

Suit une remarque rituelle et insultante sur la partie de la chaussée réservée aux « deux roues », chaussée sur laquelle, en dix ans, nous n’avons vu aucun cycliste !

Le ton est donné, la marche sera facile parce qu’elle est rythmée. Je cite quelques moments importants : remarque désobligeante sur le distributeur automatique de carburant :

- 24h sur 24 mon cul, oui ! Il est toujours en panne !

- Et puis c’est plus cher qu’ailleurs !

- Même le gazole il est plus dégueulasse qu’ailleurs !

Cependant nous progressons jusqu’aux enclos des chiens. En réalité un vendeur de véhicules d’occasion qui connaît la malignité foncière de l’être humain et qui a laissé la garde de son entrepôt en plein air à deux solides molosses, qui frétillent de la queue en nous voyant passer. Nous allons bientôt abandonner le centre-ville de Chennevière pour nous enfoncer dans la banlieue de Conflans. Remarques rituelles sur les faignants qui habitent une maison pas finie depuis deux ans et semblent se satisfaire de l’absence d’enduit sur les murs extérieurs :

- Des vrais porcs, ceux-là !

- Pire que ça ! des cochons !

Le dialogue est un peu redondant mais très vite nos remarques portent sur le mauvais entretien du palmier qu’un propriétaire néglige outrageusement.

- Il est bien aussi con que le napoléonien…

C’est Elisabeth qui parle. Je l’approuve en ajoutant :

- Franchement, t’as vu comme c’est moche, sa taule ? En plus, c’est un miteux ! il a des colonnes, deux seulement et toutes maigrichonnes…

- Il pourrait au moins leur donner à bouffer, Napoléon, ce radin….

C’est une excellente plaisanterie qui nous permet d’arriver sans encombres dans la rue des Culs Baillets, que nous prononçons ostensiblement « Culs bâillés », pour bien marquer le fait que les habitants de cette rue le portent constamment entrouvert, leur cul.

Et juste à côté voici le collège Bérégovoy, nous en profitons évidemment pour rappeler que le taux de mortalité est élevé chez les hommes politiques, même de gauche, et un peu douteux.

Mais il faut se magner le fion (expression d’Elisabeth je ne suis pas responsable de ses grossièretés !) car, au détour d’un bosquet voici l’un des sommets mythologiques de cette marche solitaire à deux : Les Tours de la Défense.

La question est simple : va-t-on les apercevoir, oui ou non, bordel ?

Il faut dire que le spectacle (gratuit) est superbe ! La totalité des Tours de la Défense avec, en prime, la Tour Montparnasse et la Tour Eiffel, et Paris, à nous deux, comme disait Rastignac selon Honoré, mais lui il regardait ça depuis Montmartre ou Belleville, c’est amusant les grands génies littéraires nés trop tôt ne verront jamais les Tours de la Défense depuis le Collège Bérégovoy, comme nous, alors comment voulez-vous qu’ils aient notre génie ?

- C’est pas possible ! dit Elisabeth. Ces cons-là n’ont jamais vu les Tours de la Défense…

- Même Molière ne les a pas vues !

- Même Shakespeare…

- Oui, mais là, t’es pas juste, Shakespeare on peut pas lui demander de faire le voyage, surtout à l’époque, pour admirer des paysages qui n’existent pas.

Quand on ne voit pas les Tours de la Défense, on les insulte, très simplement :

- C’est des salopes !

- C’est même des putes !

- Des ordures….nous faire ça à nous !

Nous marchons, cependant, et nous traversons un champ, avec des coquelicots (à la saison) ce qui occasionne des remarques acerbes sur l’emploi excessif des pesticides par les agriculteurs, qui ont ainsi tué l’inspiration des impressionnistes.

Et puis voilà, nous descendons doucement par une sorte de sentier tracé entre des arbres indécis. C’est tortueux à souhait et nous avons le choix entre la « Sente des Anes » et la « Sente des laveuses ». La plaisanterie sur la fente des baveuses sera éliminée au bout d’un an, non pas pour sa grossièreté, mais à cause de sa possibilité de reclassement dans le dictionnaire des idées reçues de Gustave (Flaubert). Notre référence essentielle, car vous avez compris que cette marche est littéraire, culturelle, médisante, sportive, intellectuelle, satanique et j’en passe.

Dans la descente bucolique, nous regardons vers la droite, la Seine, et nous observons les marcheurs d’en bas, qui sont parfois aussi des cyclotouristes.

Nous marchons, et nous médisons. (nous méditons, les deux verbes sont synonymes)

- T’as vu, cet abruti, avec sa terrasse en ciment armé !

- Quand je pense que des types comme ça, ça a le droit d’avoir des chiens !

- On devrait leur interdire les animaux. A force de vivre avec ces tarés, par mimétisme, les chiens perdent leur intelligence !…c’est dégueulasse !

Bien entendu nous ne connaissons pas les habitants de ces maisons souvent très bien exposées, rarement de mauvais goût. Mais c’est un jeu de marcheur, que de médire et de méditer en même temps.

Et puis tout d’un coup, sur le verglas, Elisabeth glisse, effectuant une sorte de roulade involontaire. Pas de mal, elle est souple.

- Vous ruez des quatre fers, chère amie (dans ce cas-là, le jeu consiste à passer au vouvoiement) vous ne tenez pas sur vos pattes, vous les portugaises ! Ca doit être à cause du poil dont vos mollets sont réputés être pourvus…

Il m’arrive la même aventure mais en juillet, par temps sec :

- Vous ne connaissez pas le verglas d’été, ah ! vous êtes bien de votre cambrousse !

Ca fait un partout, nous sommes à égalité. Nous en profitons pour placer une remarque littéraire :

- Montaigne avait bien raison quand il écrivait : « Je marche mieux à mont qu’à val ! »

Là, je lui en ai fichu plein la vue :

- Oui il est plus facile de descendre que de monter, c’est dans le chapitre consacré à l’institution des enfants….Montaigne a toujours raison.

- Moi, les chiards, je les instruirais pas ! Je les laisserais nature, se démerder tout seuls ! On verrait bien de quoi ils sont capables….

Cependant nous voici arrivés sur les bords de la Seine et c’est ici que nous reprenons la fameuse plaisanterie de Coluche :

- C’est la Seine ou la Loire ?….

- Je sais pas, j’ai oublié mes lunettes.

Nous ne rions pas, évidemment. Nous marchons, l’humour reste coincé à l’intérieur. Nous apercevons les cygnes et les canards. Parfois les mouettes, et, toujours les bateliers sur les péniches. Voici le panneau « Herblay », barré d’une croix, car nous avons quitté la commune de Conflans et rien ne nous disait que nous marchions en terre étrangère. Elisabeth fait sa remarque rituelle :

- Ouf ! on se sent mieux. C’est pas les mêmes cons, maintenant, c’est les nôtres.

Ensuite c’est le passage devant un restaurant dont nous déplorons régulièrement l’absence de clientèle, sur le ton de la compassion :

- C’est malheureux tout de même…et en plus ils ont un employé !

- Je me demande comment ils vivent…

- Un jour on s’arrêtera…qu’ils aient au moins une fois un client dans leur vie!

En fait, il est 10h30 et les clients se restaurent généralement plus tard.

Nous croisons des hordes de randonneurs suréquipés, sursponsorisés :

- Ils en ont pour plus cher sur le cul qu’à l’intérieur de la tête…

- Ils sont moches !

- Presque aussi moches que les marcheurs professionnels…..

- Et ils puent !

Et voici le col, la sente des laveuses, mais dans le sens de la montée. Elle donne lieu à une sorte de fausse compétition où l’un des deux marcheurs feint de s’échapper. Ensuite, c’est Simone Weiss, dont nous rappelons toujours les mérites (« Ah çà c’était une sacrée bonne femme ! Elle l’a pas volée, sa plaque sur sa maison ! »)

Puis nous traversons le vaste jardin public, qu’aucun urbaniste n’est venu restaurer. Souvent deux ou trois couples exotiques y effectuent des mouvements respiratoires ou des gestes d’une gymnastique extrême-orientale compliquée.

Nous descendons par un sentier goudronné, nous traversons la rue en pestant contre les automobilistes, qui pourraient se déplacer à pied comme tout le monde, nous gagnons enfin la ville, et la fameuse « Salle Festive », à distinguer impérativement d’une simple « salle des fêtes ». Selon la technique des municipalités socialistes, le nom de l’établissement, « Simone Signoret » est indiqué verticalement, ce qui nous oblige à nous tordre le cou vers la gauche pour lire le programme.

- Je comprends ce que ça signifie, être socialiste….il faut pencher la tête à gauche ! C’est très fort…et vraiment très à gauche. Une salle Blaise-Cendrars s’orthographie avec un trait d’union, et c’est alors qu’apparaît, sur un bâtiment, le nom de Marcel Hamon, que nous feignons de confondre avec Marcel Amont, un ami :

- C’est malheureux ! il était connu, Marcel, même à l’Union Pacifiste ! Et voilà où il en est réduit : peintre en bâtiment !

C’est presque fini, mais nous avons marché durant onze kilomètres et il nous reste à rentrer par le marché du dimanche, à traverser le parking près duquel un vieux banlieusard persiste à faire pousser avec bonheur des légumes variés en quantité et en qualité très supérieures à ceux du supermarché « Champion » sur lequel nous médisons sans excès.

Encore deux cent mètres et c’est l’arrivée. Elisabeth ne manque jamais son : « Alors on est à la traîne, mon pauvre gros ! »

Ce qui est parfaitement inexact et d’une mauvaise foi portugaise intolérable. Le chien attend, c’est une sorte de berger allemand, qui n’aboie pas en français, et qui ne traduit pas son langage.

Nous avons encore dix mètres à effectuer dans le terrain, sous une treille, surveillée par un chat intraitable, élevé chez les ferrailleurs du port de Gennevilliers.

C’est fait. Douze à treize kilomètres entre 8h30 et 11h30.

Ma plaisanterie sera la même à chaque fois :

- C’est rien…on devrait recommencer, avec un sac à dos !

Je n’obtiens qu’un haussement d’épaule.

C’est le problème des marches solitaires à deux : l’autre n’est jamais vraiment complètement parfait.

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Publié par Rolland HENAULT
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