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18 août 2012 6 18 /08 /août /2012 09:54

 

Pour cela, rien de plus simple. Il suffit d'apprendre les quelques expressions ci-dessous et de les placer dans tout commentaire :


- «Rien lâcher » (« on lâche rien » et ses variantes : « il [ou elle] lâchera rien », « il [ou elle] a rien lâché », etc.).


- « Enorme » : qualifie désormais un peu tout, la moindre performance, le moindre propos.


- « C'est juste... » : suivie d’un qualificatif, cette expression permet de s'extasier ou de transformer un événement ou un résultat quelconque en véritable exploit (« c'est juste magique », « c'est juste formidable »...). On associera de préférence cette expression au qualificatif indiqué ci-dessus : « c'est juste énorme ».


- « Tout donner » (« il (ou elle) a tout donné ») : doit impérativement se dire d'un(e) concurrent(e) français(e), afin de gommer un peu l'information principale : l'élimination dudit concurrent.


- « Mettre la pression » (« il [ou elle] s'est mis la pression tout seul ») : se dit généralement d'un concurrent français battu, afin de montrer que sa défaite est essentiellement due à un problème personnel plutôt qu'à la valeur de ses adversaires, étrangers donc inférieurs.


- « C'est un guerrier » : se dit d’un concurrent français plutôt mal parti mais qui va « tout donner », « rien lâcher ». A noter que l’expression ne s’emploie jamais au féminin. On n’est pas des gonzesses quand même !


- « Vibrer » (« ils nous ont fait vibrer », « elle nous a fait vibrer », etc). En sport, on ne passe jamais un bon moment, on « vibre ».


- « Extraterrestre » (« c’est un(e) extraterrestre ! ») : se dit d’un athlète manifestement au-dessus du lot. Faire dans l’inflation, l’exagération, est absolument nécessaire à tout bon commentaire. Il est devenu tout à fait banal, par exemple, d’affirmer AVANT le début d’une rencontre sportive : « Nous allons assister à un match formidable. » Le commentateur n’en sait évidemment rien, mais ça ne mange pas de pain…


- Eviter absolument les formules ou termes ringards, passéistes, poussiéreux, sclérosés, qui ramèneraient le spectateur aux années de la télévision en noir et blanc. Ne dites JAMAIS « entraîneur », mais « coach » ! Les dernières minutes indécises d’une rencontre sont devenues le « money time » ! « Coaching », « scoring », « run », seront également du meilleur effet.

 

- « Entrer dans la légende » (« il lui reste une tentative pour entrer dans la légende ») : à noter qu'il n'est pas impossible à un athlète qui « entre dans la légende » de pouvoir en sortir (si l'on apprend, par exemple, qu'il n'a pas ingurgité que du jus d'orange avant l'épreuve). Attention, il peut arriver qu’un concurrent en lice soit déjà « entré dans la légende ». On introduira dans ce cas la nuance suivante : « Il lui reste une tentative pour entrer DEFINITIVEMENT dans la légende. »

 

- « Patron » (« c’est lui le patron ») : se dit de l’athlète qui domine nettement sa discipline ou l’épreuve en cours. A noter là encore, curieusement, que l’expression ne concerne pas la compétition féminine.

 

Ici Londres, à vous les studios !

 

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18 août 2012 6 18 /08 /août /2012 09:49

refuser la légion d'honneur

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18 août 2012 6 18 /08 /août /2012 09:45

Levriers-en-detresse.jpg

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18 août 2012 6 18 /08 /août /2012 09:30

 

L’association Moruroa e tatou s’inquiète du risque d’effondrement de l’atoll de Moruroa. Un rapport du ministère de la Défense vient de paraître et l’association parle de “cataclysme” et de possible “pollution radioactive de l’océan”.

Dans un rapport de la Défense qui vient d’être communiqué aux autorités locales, le risque d’effondrement de Moruroa est mis en exergue.

À l’occasion de l’anniversaire du bombardement d’Hiroshima, Roland Oldham, le président de l’association Moruroa e tatou, fait le point sur le nucléaire en Polynésie française. Avec Bruno Barrillot et certains membres de l’association, Moruroa e tatou a développé plusieurs sujets : le rapport 2010 relatif à la surveillance radiologique et géométrique des sites de Moruroa et Fangataufa rendu public récemment ; le rapport sur l’étude des denrées alimentaires de base à Hao ; la modification de la loi Morin et enfin les derniers jugements devant les tribunaux en mai dernier.

Le premier point n’est pas des moindres. Il s’agit tout de même du risque d’effondrement de Moruroa. Et pas d’uniquement un petit bout de récif comme le laisser entrevoir le ministère de la Défense. En effet selon Bruno Barrillot, “avant, on nous parlait d’un glissement d’une loupe sur la pente externe océanique. Aujourd’hui, selon un nouveau rapport, on nous parle d’un probable cataclysme avec des répercussions plus considérables. Ce n’est plus du tout la même chose. Ce n’est pas juste une vaguelette qui va nous mouiller les pieds”. L’association craint une “dilution dans le milieu océanique des matières nucléaires contenues dans les cavités des 13 tirs souterrains dont huit sont de l’ordre voire plus puissants qu’Hiroshima qui ont été effectués sous les zones Camélia et Françoise. Ce serait une pollution radioactive de l’océan complètement inédite et difficilement évaluable”. Lire la suite.

 

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18 août 2012 6 18 /08 /août /2012 09:24

 

Drôle de surprise pour ce couple de Tendu. Il y a quelques jours, Amélie et Yann Nedey ont découvert un permis de construire, apposé à quelques mètres de leur maison qui longe la voie ferrée, à « Lothiers-Gare ». Dans quelques mois, un pylône de trente mètres, équipé de deux antennes GSM Rail, devrait pousser à six mètres de la chambre du petit dernier, âgé de 6 ans.

Le chantier est géré par la société Synérail, mandatée par Réseau ferrée de France (RFF) pour construire un nouveau réseau de télécommunication ferroviaire, déployé progressivement sur 14.000 km de voies. Un chantier de très grande ampleur, donc, au milieu duquel se retrouve notamment la famille Nedey.

 Pétition et collectif

« David Rodriguez, premier adjoint au maire de Tendu, nous a appelés pour nous demander si nous avions été informés de cette construction. Jusqu'alors, personne ne nous avait contactés. Cela se fait dans le dos des riverains. » Pour Amélie et Yann Nedey, l'édifice, dont la hauteur ne passera évidemment pas inaperçue, « n'est pas rassurant. Il n'y a aucune garantie scientifique prouvant que les ondes produites par ces antennes ne sont pas nocives. »
> Première démarche pour le jeune couple, qui s'est mis à chercher informations et contacts sur Internet : lancer une pétition. Une première étape rapidement suivie d'une seconde : la création d'un collectif, qui vient de voir le jour (1). 
> Pour Amélie et Yann Nedey, pas question de vivre sous l'ombre d'antennes GSM.« Nous allons tenter de rassembler un maximum de personnes dans notre collectif. Et également demander le soutien et les conseils des Robins des toits (2). » En naviguant sur Internet, ils sont également tombés sur le parcours d'un collectif monté à Bidart, dans le Pays Basque, qui a réussi à faire déplacer le projet, plus à l'écart des habitations. « C'est possible ici aussi. A quelques kilomètres de chez nous, on est en pleine zone rurale. »

(1) Collectif de Lothiers-Gare : collectif-loga@laposte.net
> (2) Association spécialisée dans la lutte contre les dangers du rayonnement électromagnétique et les implantations d'antennes-relais.

 Nous n'avons pas eu de réponse de Réseaux ferrés de France (RFF).

Repères

Chassez ces antennes qu'on ne saurait voir ! La formule est facile, mais elle fait florès depuis de nombreuses années. Entre les pylônes dédiés à nos téléphones portables, à ceux dressés pour conduire la fée électricité et les autres, les citoyens brandissent deux objections : la pollution visuelle et celle des ondes. Dans l'Indre, ces habitants de Tendu ne sont pas les premiers à s'opposer à une telle implantation. Exemples : en 2010, des habitants de Preuilly-la-Ville, près du Blanc, avaient sorti tous les arguments possibles pour empêcher l'installation de trois antennes-relais de téléphonie mobile sur le château d'eau. En 2005, toujours dans la Brenne, à Rosnay, où trônent déjà treize pylônes de la marine, c'est l'installation d'un nouvel élément de 42 m de haut qui inquiète un riverain : il est censé se dresser à… deux mètres de son domicile. A chaque fois, le pot de terre contre le pot de fer. Et beaucoup d'énergie pour peu de résultats.

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18 août 2012 6 18 /08 /août /2012 09:20

 

Une journée (de plus) de résistance au Chefresne

Pelleteuse et camions bennes se sont présentés ce lundi 30 juillet au matin dans l'espoir de commencer les chemins d'accès vers les emplacements prévus de trois pylônes, numérotés 224, 225 et 227.

Stoppés par des taureaux présents dans les parcelles à terrasser, les engins de chantiers ont dû rebrousser chemin.

RTE a alors mandaté un huissier accompagné de son escorte en bleu de rejoindre les domiciles des propriétaires présumés des bovins nerveux. Ceux-ci étaient malheureusement absents mais avaient laissé un mot sur la mort que leur apportait le rouleau compresseur RTE.

Du coup, un gendarme soudainement inquiet quant à la survie d'un des agriculteurs a appelé les pompiers. La présence du propriétaire du taureau auprès de sa bête a fini par rassurer la maréchaussée qui a promis de transmettre la parole du présumé suicidé, bien déterminé à ne pas lâché le morceau.

Cette résistance aux travaux intervient alors que la section du contention en charge du jugement des recours contre la DUP s'est déclarée insuffisamment compétente pour statuer sur la légalité de celle-ci dont se prévaut RTE pour monter ses pylônes à marche forcée. En même temps, cela repousse la décision du Conseil d'Etat, date à laquelle RTE compte bien avoir terminé la totalité de la ligne.

Une reprise des travaux sous grands renforts était prévue dans la journée, avec quelques pontes de la filiale d'EDF et sa garde mobile rapprochée (composé de 4 bus et de son contenu) mais à 18h, rien ne va plus, même pas la garde mobile qui a disparu.

Les engins de terrassement de l'entreprise sous-traitante de RTE, en l'occurence JP Brionne de Saint Clément-Rancoudrey, et les camions ont pris logement à la carrière de Tessy, qui fournit la caillasse à bousiller les champs.

Partie remise pour ce mardi 31 juillet où une mobilisation plus forte sera sûrement nécessaire pour s'assurer que nos deux valeureux fermiers (ou leurs taureaux) peuvent continuer à tenir tête à la machinerie infernale.

Rdv est pris au Chefresne du côté du pylône 226, à la Crépinière ou au bois de la bévinière, le plus tôt est le mieux mais plus tard, c'est bien aussi.

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18 août 2012 6 18 /08 /août /2012 09:15

 

La Confédération paysanne défend depuis sa création les petites fermes, les petites structures sur lesquelles les paysans pratiquent une agriculture paysanne, de proximité, privilégiant les aspects sociaux, environnementaux et territoriaux de l'agriculture, plutôt que la course à l'agrandissement et au productivisme.

Or il existe d'énormes injustices dans le monde agricole, qui fait que ces petits paysans – les cotisants solidaires, considérés comme ayant une trop petite surface, sont privés de ce fait de tous les droits : ni droit à la protection sociale, ni droit à la retraite, ni les autres droits reconnus aux exploitants. Ils représentent en France plus de 12 % du monde agricole. Dans l'Aude, 40 % des installations agricoles sont des cotisants solidaires. Ils sont par ailleurs parfaitement connus et recensés à l’unité près par l'organisme de protection sociale, la Mutualité sociale agricole, vu qu'ils versent une cotisation de solidarité et depuis quelques années, une cotisation accident du travail.
A force de revendiquer, la Confédération paysanne et les cotisants solidaires ont petit à petit obtenu quelques droits : droit à la formation , droit à l'assurance accident du travail et aux maladies professionnelles. Mais ceci reste largement insuffisant.
C'est pourquoi, à la veille des élections professionnelles agricoles (qui auront lieu en janvier 2013), la Confédération paysanne lance une campagne pour que les cotisants solidaires obtiennent le droit de vote pour élire leur représentants à la chambre d'agriculture. Il y a urgence, les inscriptions sur les listes électorales seront closes en octobre prochain !
Il semble en effet complètement archaïque que ces petits paysans, qui forment un véritable vivier d'innovations agricoles (AMAP, transformation de produits locaux, circuits courts, pratiques agricoles souvent très respectueuses de l’environnement...) et l'agriculture citoyenne de demain, ne puissent pas donner leur avis sur les orientations agricoles et choisir leurs représentants.
Ce critère de taille est inacceptable. Enlèverait-on le droit de vote à un agriculteur parce qu'il a une  ferme de 500 hectares ?

Nous avons réclamé avec force au Premier Ministre et au Ministre de l'Agriculture désormais en place, l'ensemble des droits pour les cotisants solidaires. Dès à présent le droit de vote parce qu'il y a un délai d'inscription. Il s'agit d'une décision politique, très simple à mettre en oeuvre par la promulgation d'un décret (que nous avons déjà remis au Ministère). Au plus vite, la mise en place de tous les droits sociaux. Mais la fin des injustices ne se fera pas sans pression. Nous savons que le gouvernement ne cédera sans l'appui revendicatif des paysan-ne-s et citoyen-ne-s soucieux-ses de l'égalité et de la justice sociale.

C'est pourquoi nous vous appelons à une campagne massive de mails à destination du Président de la République et de son gouvernement (Premier Ministre et Ministre de l'Agriculture).
Nous comptons sur votre soutien pour plus de démocratie et la justice dans le monde agricole.

Vous pouvez écrire à François Hollande, directement sur le site de l'Elysée à ce lien :

http://www.elysee.fr/ecrire

 

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11 août 2012 6 11 /08 /août /2012 08:48

201207301080_zoom.jpgJe ne vous demande pas de me plaindre mais enfin c’est pas facile d’écrire un éditorial. D’abord il faut trouver le sujet, ça encore, ça passe. Ensuite il ne faut pas se décourager, il faut savoir que les lecteurs sont potentiels. Ils préfèrent souvent les conneries simplifiées, les jeux Olympiques, le Championnat du monde cycliste, à cause des pédales qui permettent des plaisanteries éculées, les faits divers bien saignants, avec des victimes qui gémissent longuement, mais qui ne sont pas nombreux ! Alors de quoi j’ai l’air avec mon éditorial ?

 J’ai l’air d’un Résistant à la connerie, il faudra vous contenter de cette définition.

Par exemple, cette semaine, on se croyait débarrassé à jamais de la tronche à Sarkozy ! Eh bien non ! Et sa putasse, la Carla, elle est là aussi. Le motif est intéressant : ils connaissent très bien les problèmes du Proche Orient et ils ont été pris d’une vocation soudaine pour sauver l’humanité, même très bronzée. Ils sont prêts à pendre le dictateur par la peau des couilles ! La Carla, elle en mouille son petit string !

Pourtant, il m’avait semblé qu’il y a quatre ans, les mêmes, Sarkozy et sa putassone, avaient des mots gentils pour l’infâme dictateur de la Syrie, qui opprime le peuple aujourd’hui.

C’est fou ce qu’ils changent vite !

Bon, ça suffira comme ça, la tronche de ces monstres. Tirons la chasse d’eau ! Gloup (ça c’est pour faire jeune, genre BD…)

C’est d’un fait divers que je veux vous parler. Pas facile.

Des faits divers, il y en a partout, et variés en plus. Et tous sanglants, sinon ça vaut pas le coup. Avec un peu de cul quand même ? Oui, une pincée. Sinon le lecteur repart la bite sous le bras !

Et Sarkozy avec la bite sous le bras, et toutes ces gesticulations, il va la paumer, sa petite bitoune. Et la Carla elle sucera un bonbon à la menthe ?

 J’arrive enfin aux faits. En Ardèche donc, les poulets sont sur les dents ! Il y a en effet, là bas, un « prédateur sexuel » qui devrait permettre de réparer, pour les journaux, la baisse du tourisme causée par l’été pourri. Cela mérite qu’on s’y attarde plus longuement.

 Ces actes de violence se passent à Saint Didier sous Aubenas, en Ardèche donc. Les internautes interviennent sur les sites de leur choix et il faut savoir que 25% des internautes sont virtuels, leurs réactions étant inventées par des machines. Ce sont donc ces réactions d’internautes qui vont donner la tonalité générale à l’amateur de faits divers croustillants, au moment où une nouvelle loi est votée pour la lutte contre le harcèlement sexuel.

 Ainsi, on invite les campeurs, puisque le « prédateur » agit dans les tentes et les mobile homes, à organiser des tours de garde. L’un des internautes s’étonne ainsi : « …regardez avec DSK le foin que ça aurait fait… ».

 Suite à ces suggestions émouvantes, on est bien amenés à poursuivre la réflexion et sur le même mode. On frémit en effet à l’idée que DSK ait pu passer des vacances sous la tente à Saint Didier sous Aubenas en Ardèche. Il faut, je crois, écarter cette hypothèse. DSK n’est pas le prédateur sexuel de l’Ardèche. Voilà au moins un suspect d’éliminé. DSK n’est ni dans l’Ardèche ni dans la Dèche ! Les gendarmes n’en poursuivent pas moins leurs investigations.

Ils se penchent maintenant sur le cas de Mr Sarkozy, qui recevait avec les honneurs le chef d’état syrien le 14 juillet 2008. Mr Sarkozy était alors l’ami du criminel syrien, Bachar Al Assad.

Comme il avait été l’ami du célèbre Chef d’état campeur Kadhafi, qui avait installé ses tentes dans Paris.

Au fait, à partir de combien de victimes un « prédateur en séries » devient-il un chef d’état à l’abri de la justice ?

Si j’étais gendarme en Ardèche, je surveillerais d’abord les déplacements des chefs d’états, qu’ils vivent ou non sous la tente. Il est à peu près sûr que tous sont effectivement des criminels en série. Ils forment un énorme gang international !

Vous voyez bien que les faits divers sont utiles. Simplement, il faut les prendre et les décrire sur une plus grande échelle.

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11 août 2012 6 11 /08 /août /2012 08:41

Maintenant, je parle des jeunes qui sont nés vers 1950-55. Ils ne communient même plus, ces mécréants ! Pauvre France !

 A leur place, je ne serais pas fier de moi ! Parce que moi, j’ai communié, j’ai même renouvelé mes vœux.

Je ne sais pas ce que ça veut dire. Puis j’ai été confirmé et je ne sais toujours pas ce que ça veut dire !

 Mais il y a tellement de choses dont on ne sait pas ce que ça veut dire, quand on a 12 ans !

Heureusement d’ailleurs !

Tenez un exemple : « Convoler ». C’est un « faux ami, comme il est dit dans les manuels d’enseignement des langues. Voler d’un con à un autre ? C’est grossier. C’est pas catholique !

Dans un ouvrage intitulé « L’Anglais tel qu’on le parle ». On s’attend à trouver des amis, qui vont parler avec nous. Eh bien non ! Il y a simplement des sortes de hiéroglyphes ou alors des « Faux amis ».

Exemple : « It rains cats and dogs. »

Au début, c’est régulier : « It  rains » ça veut bien dire que ça rince !

Mais les chats et les chiens, qu’est-ce qu’ils viennent foutre là ? Franchement ? Des giboulées de chats et de chiens, c’est si rare que je n’en ai jamais vu !

 C’est vrai qu’avec les Anglais, j’ai pris un mauvais exemple.

Les Anglais sont des ennemis héréditaires.

Dans un sens c’est pas de leur faute s’ils nous aiment pas. Puisque c’est héréditaire !

Les personnes bien élevées parlent plutôt de « la perfide Albion ».

 C’est encore plus vache parce que « Albion » tout le monde ne sait pas que ça vient d’un mot qui signifie « blanc ».

 Les Anglais sont blancs mais perfidement. Ils mentent.

A l’intérieur ils sont rouges, pleins de tripes dégoûtantes assaisonnées à la bière !

 En plus en cas de guerre, ils font semblant d’être copains avec nous, ils embarquent les petits Français, comme à Dunkerque en 1940, puis ils les foutent à la mer, en ricanant.

 Les Anglaises sont moches. Elles disposent de grandes dents, qui sont un danger réel dans les situations amoureuses.

Les Anglaises mordent à pleins dentiers !

 Elle avalent les couilles par deux, elles n’ont aucune éducation.

 En plus, elles sont malpolies, elles disent « les couilles », la preuve c’est marqué dans la phrase précédente !

 

Les jours perdus (1943-1944 notamment)

J’ai conservé quelques jours précis mais je pense que j’en ai perdu tant d’autres !

 

A la queue des vaches : l’heure de none

Passage poétique   (tous les étés de 1944 à 1954)

Je me souviens de ce moment si émouvant de la journée. Il me cause une sensation d’effroi et pourtant il ne se passe rien.

Justement, il ne se passe rien.

Vers 3 heures de l’après-midi, on entend un silence derrière le silence.

 C’est un silence absolu, d’une qualité proche de la perfection.

D’où vient-il ? Où se situe-t-il exactement, ce silence surnaturel ?

Les oiseaux se taisent, les poules cessent de caqueter, les vaches sont affalées dans le sainfoin et même les chèvres demeurent immobiles et muettes. Les laboureurs, ou les chasseurs si c’est dimanche, évitent les gestes bruyants, les cris, les chiens n’aboient plus, c’est un arrêt sur image et surtout un arrêt sur son. La lumière tombe, verticale, sur nos têtes.

 Immobilité complète.

 La terre tourne-t-elle encore ? Les abeilles, les mouches, les guêpes sont muettes. A peine un bruit de brindille dans un buisson. Une tôle qui craque quelque part sous le hangar. Pour faire mieux ressortir la profondeur sacrée du silence…il est trois heures. C'est-à-dire quinze heures.

« L’heure de la mort du Christ. C’est ce qu’on appelle l’heure de none. On est entrés dans le sacré. » dit ma tante Ernestine.

 On est entrés dans la Mort.

Mais tout ça, c’est peut-être des impressions fausses. En tout cas, c’est très effrayant.

Et rassurant en même temps.

 

Printemps 1973  (1969 et suivants jusqu’en 1998)

Je suis en voiture, une 2CV, et je tremble d’effroi. Très vite, je ne peux plus conduire, non je ne peux plus, je suis paralysé, et je stationne contre un trottoir, aller plus loin m’est impossible.

Le flic du carrefour : une statue de la Mort, le pâtissier d’en face aussi, le libraire également, sont présentés au public sous la forme de la Mort.

Je suis cerné par de petits morts : c’est la sortie des écoles. Et au-dessus des nuées d’hélicoptères, des parachutes…il est temps que je me réveille, justement j’ai oublié l’heure..

Plus tard un copain me raconte : tu as horreur de la Mort, c’est une maladie, tu devrais te faire soigner, quel âge as-tu ?

« -33 ans… »

« -Alors tu es atteint d’une crise de catholicisme aigü, c’est mortel…tu as l’âge de la crucifixion… »

Tous ces moments perdus étaient certainement tout aussi intéressants pour la connaissance de la campagne et de la vie ordinaire du jeune con qui m’a conduit où je suis, petit à petit.

Je crois quand même me souvenir de plusieurs événements importants.

Mais leur nombre est dérisoire par rapport aux jours oubliés, perdus à jamais, dans les déchèteries de la mémoire.

Ici je suis sérieux, grave, à peine un peu prime sautier.

La Mort me suit et me précède partout et tous les jours.

Je l’oublie en écrivant, je l’exorcise.

Pas complètement.

 La Mort est partout.

La dérision est mon bouclier contre la Mort.

 

Les défilés (29 Avril 1944)

Au printemps 1944, j’observe, accroupi dans l’herbe, une longue, une interminable colonie de fourmis rouges qui traversent l’allée de la Vigne. Où vont-ils ? Et pour quelle raison ?

Je me souviens de la date et si ça vous intéresse, je vous la donne : le 29 avril 1944, parce que c’était l’anniversaire de ma mère.

Elle était née en 1912, elle a donc 32 ans.

Elle était née avant la guerre de 14, c’était incroyable !

L’événement, je veux dire la colonne de fourmis, en lui-même est d’importance. Il me fait penser aux interminables défilés militaires dont on parle à la radio.

Les défilés sont très à la mode en 1944. Et ce ne sont pas des défilés de mode.

Les pompiers défileront dans les rues du bourg, dès l’année prochaine. Les vignerons défileront aussi. Les laboureurs défilent déjà. Ils sont au nombre de douze, les pompiers, avec un gradé qui marche à côté, pour le cas où l’un d’entre eux tenterait de s’échapper.

Mais on ne s’échappe pas de la vie.

Il  leur donne parfois l’ordre d’arrêter. Puis l’ordre de repartir. Ces manœuvres sont incompréhensibles… Je me souviens qu’au dernier moment, ils tournent en direction du café Ponroy, puis du café Guillaume.

 Mais ils ont « rompu les rangs » (j’apprendrai cette expression au service militaire, vingt ans plus tard). Quand les rangs sont rompus, les pompiers n’ont plus de grade. Ils sont libres.

C’est la débandade !

 Ils peuvent pisser dans les trèfles et cracher  dans les sainfoins, comme leur a dit Robert Desnos, fumer à volonté, sans attendre le signal.

Le signal, dans l’Armée, c’est : « Repos, vous pouvez fumer ! »

 Mais la position dite du repos n’est pas reposante. Elle est très étudiée. Il faut placer la main droite sur le ceinturon, avancer le pied gauche et laisser tomber le bras gauche le long de la couture du pantalon.

 Le regard tourné noblement vers la « Ligne bleue des Vosges », hurle l’adjudant. « Vous les voyez, les Vosges ? » qu’il ajoute.

« -Et la ligne bleue, vous la voyez ?... »

 Il insistait.

 Les Vosges c’était une ligne bleue. Et c’était le genre d’abrutis qu’on n’a pas envie de contrarier.

 Moi, je pensais au sirop, déjà évoqué.

 J’étais heureux qu’on eût une pensée pour Cazé.

 Mais au repos, à la longue, on s’ennuie.

Même avec le droit de fumer.

Mais, si ces ordres sont infantiles, je ne suis plus en enfance puisque je suis âgé de 24 ans.

Les jours passés à l’Armée sont des jours perdus, mais ils ont laissé des traces profondes. Par exemple, ce monde inaccessible et si proche dont je suis séparé par un simple grillage…

Les jours passés à l’Armée ont laissé en moi la marque de l’infantilisme, de l’imbécillité la plus primaire.

Par exemple encore, j’ai appris que le repos n’est pas reposant, que l’absence d’obligations n’est pas la liberté. La simple obligation de se tenir dans une position précise, ça m’est insupportable.

J’aurais dû en tuer deux ou trois de ces cons.

Davantage : deux ou trois douzaines.

 

Le 8 mai 1945 la famille fête la Victoire !

C’est le plus incompréhensible de tous ces événements historiques.

D’abord, en premier lieu, la guerre n’est pas terminée.

Elle ne le sera vraiment, si on tient à la qualifier de mondiale, qu’en août 1945.

Et encore « mondiale » ça se discute. Les Bantous, les Inuits, les Pygmées, n’ont pas tous  participé aux combats !

 Mais on peut dire quand même que la fête est finie, je veux dire la guerre, en ce 8 mai 1945.

 Officiellement, il n’y a plus de combats en Europe.

Les derniers lampions s’éteignent le soir et c’est toujours un peu mélancolique, une histoire qui finit bien.

Toutes les allemandes ont été violées, les vieillards et les petits enfants aussi ! Il en reste plus un seul à enculer ! Ah le travail a été bien fait !

On a… gagné !... on a… gagné ! on a… gagné !

 Cependant des jeunes gens de vingt ans continuent de gémir dans des hôpitaux où ça sent l’éther. Ils gémissent longtemps, pour faire les intéressants, mais ça marche pas, alors ils meurent, fatigués de n’intéresser personne.

 Ils n’ont rien d’autre à faire. Et gémir, même très fort, ça ne rapporte rien. Pas un Kopeck !

Dans les mois, voire les années qui suivent, on a retrouvé des tireurs isolés, qui étaient restés à leur poste, vaillamment.

 De farouches créatures qu’on avait oublié de prévenir. Ces soldats continuaient la Guerre mondiale. Des années plus tard.

 Seuls.

 Héroïques et à peine un peu cons.

Tout le monde se foutait de leur gueule.

On les a quand même désarmés, les canons de leurs fusils étaient bouffés par la rouille. Ca pouvait devenir dangereux pour les joggeurs et les footballeurs milliardaires.

 Donc, on considérait que la guerre de 1939-45 était finie. Mais on trichait. Il restait à régler leur compte aux Japonais. Ces crapules bridées avaient inventé les kamikazes.

 Un kamikaze, ça crève en vous faisant crever !

 Ca n’a pas peur de la mort.

Contre eux, il n’y a rien à faire d’autre qu’une extermination globale. C’est ce que j’entends à la radio, après Geneviève Tabouis.

 Une bonne extermination, ça les calme.

Un produit comme le DDT mais en plus fort.

Bientôt, on a trouvé la formule.

 

Un jour les prisonniers sont revenus (automne 1945)

Et tout le monde croit qu’ils étaient tellement privés qu’ils se sont jetés sur les femmes, en poussant des cris, et c’est pas vrai !...ça aurait fait un grand bruit, « boum ! » mais en anglais « boom », et ça se serait appelé le baby-boom…alors il y aurait eu des mioches partout avec des berceaux, des langes, des réunions de familles…de l’eau courante dans les bénitiers !

La terre fut devenue une immense, une interminable maternité !

Je préfère ne pas y penser.

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11 août 2012 6 11 /08 /août /2012 08:38

L'Eclipse


Louis XIV qu'on appelait aussi le Roi Soleil

était souvent assis sur une chaise percée

vers la fin de son règne

une nuit où il faisait très sombre

le Roi Soleil se leva de son lit

alla s'asseoir sur sa chaise

et disparut.

 


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