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21 juillet 2012 6 21 /07 /juillet /2012 09:20

Samedi 21 Juillet à 21 heures

Grange Fernand Maillaud MOUHET

La compagnie du Grand Théâtre présente

 

CANDIDE d'après l'oeuvre de Voltaire

candide.jpgOrganisé par le Comité des Fêtes de MOUHET
Avec le concours du Conseil Général de l'Indre et de la Région Centre
dans le cadre de Musique et Théâtre au Pays

ENTREE GRATUITE TOUT PUBLIC

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21 juillet 2012 6 21 /07 /juillet /2012 09:16
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21 juillet 2012 6 21 /07 /juillet /2012 09:13

 

La charcuterie corse : elle est  présentée comme un des plus purs produits du terroir  français. Et  pourtant la charcuterie corse ne dispose d'aucune « appellation  d'origine contrôlée ». Le  consommateur ne trouvera donc sur les rayons des supermarchés du  continent que des produits dont les matières premières proviennent d'ailleurs à plus de 90%. Ainsi,  par exemple, malgré les têtes de Maure et les mentions « Produit  de l'île de Beauté » sur les étiquettes, le saucisson d'âne est  importé d'Argentine et les jambons sont pour la plupart composés  de carcasses issues de  Chine.

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21 juillet 2012 6 21 /07 /juillet /2012 09:10

 

Notre pétition contre les radars mobiles embarqués vient de passer le cap
des 350 000 signatures.

En nous y mettant tous, nous pouvons rapidement atteindre l'objectif déterminant de
500 000 signataires, et même bien plus.

Aidez-nous à y parvenir en envoyant cette vidéo à votre entourage pour leur faire découvrir ce qui les attend, dès cet été, sur la route.

Voici le lien :

http://www.liguedesconducteurs.org/radars-mobiles-embarques.html.

500 000 citoyens mobilisés contre cette nouvelle mesure de répression injuste, c'est
historique ! Et ce sera déterminant pour arriver à stopper le déploiement massif des
nouveaux radars mobiles embarqués.

Alors, je compte sur vous pour transférer ce message à un maximum de personnes.

Un grand merci.

Christiane Bayard
Secrétaire Générale

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21 juillet 2012 6 21 /07 /juillet /2012 09:05

 

Il y a quelques jours, l'équipe du refuge de Chamarande vous a fait suivre l'appel d'urgence sur l’augmentation des abandons dans nos refuges.
Peut-être ce message vous a-t-il échappé, ou peut-être n'avez-vous pas eu le temps de le consulter… Dans tous les cas, face à la gravité de la situation, je me permets de vous inviter de nouveau à regarder sans attendre cette vidéo.
Depuis son enregistrement, de nouveaux chats et chiens abandonnés sont arrivés dans tous nos refuges, rendant la situation toujours plus critique. Nos collègues des 56 refuges de la SPA partout en France doivent faire face à cette arrivée de nouveaux pensionnaires.
Épuisés, affamés, ces pauvres animaux dont le regard traduit le désespoir d'avoir été trahis par des maîtres en qui ils avaient pourtant toute confiance, ont absolument besoin de notre aide pour se reconstruire en vue de leur adoption.
Pour cela, nous devons absolument disposer de plus de nourriture, offrir plus de soins vétérinaires, mobiliser plus de personnel : seul votre don peut nous permettre de disposer des moyens nécessaires pour répondre à la détresse de nos fidèles compagnons.
Il n'y a pas une seconde à perdre.
Agissez dès maintenant en faveur de nos amis : abandonnés par des maîtres ingrats, ne les abandonnez pas à votre tour !
Je compte vraiment sur vous.
Luc Cazenave
Directeur Général de la Société Protectrice des Animaux

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21 juillet 2012 6 21 /07 /juillet /2012 09:02

Chers ami(e)s de la forêt tropicale,

2.000 Orangs-outans sont en danger à Bornéo. Une société minière britannique veut exploiter les gisements colossaux de charbon situés sous la réserve protégée dans laquelle ils vivent. 

L'entreprise ayant déjà abattu illégalement des arbres dans le Parc national de Kutai, les autorités indonésiennes lui ont retiré sa licence en 2011. Mais Churchill Mining porte l'affaire devant les tribunaux pour recouvrer son droit à détruire.  

La survie d'espèces menacées d'extinction comme l'orang-outan de Bornéo est directement liée à des aires naturelles protégées comme le Parc national de Kutai.

Aidez à la sauvegarde de la forêt des orangs-outans en signant notre pétition :

PÉTITION  
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21 juillet 2012 6 21 /07 /juillet /2012 08:58

Je pense que cette vidéo va vous intéresser.
Elle a été réalisée par Pollinis, un réseau de conservatoires d'abeilles et pollinisateurs créé tout récemment pour essayer de sauver durablement les abeilles, et avec elles, le travail colossal de pollinisation dont elles s'acquittent et qui assure la survie et la reproduction de plus de 80% des espèces de plantes à fleurs qui existent dans le monde. C'est un très beau projet, essentiel et novateur ; un combat pour la vie auquel je suis particulièrement sensible et que je soutiens sans réserve.
Aurélia, la directrice de Pollinis, vous explique comment les abeilles sont sacrifiées, et avec elles notre alimentation et tout l'écosystème, pour servir les intérêts à court terme des multinationales de l'agrochimie.
Bien que cette situation dure depuis longtemps, je reste estomaqué par l’attentisme de nos pouvoirs publics dans ce domaine. Une fois de plus, c’est à nous citoyens de réagir et de les mettre devant leurs responsabilités.
Voici le lien pour visionner la vidéo « Abeilles : le massacre autorisé » :
http://www.pollinis.org/petitions/video_pesticides.html

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21 juillet 2012 6 21 /07 /juillet /2012 08:54

Le parrainage d’un prisonnier politique palestinien vise à la fois à exprimer une solidarité concrète par un contact personnel et direct et à sensibiliser et mobiliser l’opinion française en mettant enfin cette question en pleine lumière. Cette campagne doit notamment permettre de mettre une pression internationale sur les autorités israéliennes pour qu'elles accèdent aux revendications légitimes des prisonniers politiques palestiniens.
En pratique : Avec l'aide de Salah Hamouri nous avons constitué une base de données comprenant la liste de 4581 prisonniers Palestiniens (nom et prénom, date de naissance, ville, date d’arrestation, prison et date de libération). Des fiches individuelles pour chaque prisonnier ont été constituées à partir de cette base. Ces fiches (nom, prénom, âge, ville, date d’arrestation, date de libération, et si possible photo) seront mises à jour dans la mesure du possible et suivant les informations données par les organismes de défenses des prisonniers où par leurs familles.
 Chaque parrain
- s'engage à écrire mensuellement au(x) prisonnier(s) qu'il parraine. Le but est d'apporter une bouffée d'air au prisonnier en lui envoyant une carte postale, une photo peut-être un magazine. Il est préférable d'écrire en Anglais ou en Arabe, sachant que les prisonniers ne peuvent répondre (ils n'ont droit qu'à deux courriers par mois pour une destination locale). Il ne faut pas préciser d'adresse d'expéditeur sinon les courriers risquent d'être directement retournés.
- s'engage à écrire à ses élus et à différentes autorités pour les interpeller sur le cas du ou des prisonniers qu'il parraine ainsi que sur la situation des prisonniers en général. Pour ce faire l’AFPS met à votre disposition des modèles de lettres et des adresses : il est essentiel de médiatiser ces démarches .

Vous trouverez toutes les informations nécessaires et le formulaire d'inscription sur le site de l'AFPS à l'adresse http://www.france-palestine.org/Parrainer-un-e-prisonnier-e
A ce jour, environ 100 personnes se sont déjà inscrites.
Rejoignez-les pour que nous atteignons une masse critique avant septembre et la venue de Salah à la Fête de l’'Humanité !
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14 juillet 2012 6 14 /07 /juillet /2012 09:54

Les Français dorment dans le confort et pourtant c’est eux qui ont inventé l’effort. Par la voix de Voltaire : « Je plains les hommes accablés par le loisir ». Oui, je sais : Jossot, le dessinateur de « l’Assiette au beurre » a très bien dit tout le mal qu’il pensait du travail. Boris Vian a préconisé la journée de 2 heures. Seulement voilà c’est le travail d’abrutis qu’ils ont condamné ! Les galères. Le temps passé à des activités artistiques vraiment libres, pendant lequel on n’est pas obligé d’acheter la merde inutile, au contraire, c’est bien, c’est même indispensable. Je voudrais pas vous fatiguer à la veille du 14 juillet, mais enfin, ce défilé d’abrutis, c’est du travail, c'est-à-dire une torture. (latin « tripalium » instrument de supplice qui permettait d’asseoir la victime sur un siège, de lui serrer tout doucement les jambes et les bras jusqu’à ce que ça casse et qu’on voie le sang gicler !)

 Je connais aussi « l’Eloge de la paresse » de Lafargue, le gendre de Marx. Il y a malentendu : l’homme est fait pour être occupé, librement, sinon il est livré à toutes les pires tortures, dont celle de vivre. Pascal, qui n’était pas plus con que vous, puisqu’il a inventé la brouette, et on dit bien « con comme une brouette », observait déjà que l’homme a besoin du « divertissement » pour le détourner de l’idée de la mort. Il ne disait pas qu’il faut travailler loin de sa famille, à fabriquer perpétuellement les mêmes inutiles objets pour un salaire si petit qu’il faut le regarder avec un microscope pour entrevoir son existence !

 Je voulais en arriver à la suppression des 8000 emplois d’Aulnay, chez PSA. Vous imaginez ? 8000 personnes qui vont se retrouver sans rien, et tout ça parce que vous n’avez pas les couilles de les défendre ? Vous tremblez dans vos frocs merdeux. Eux, ils vont commencer par goûter aux joies du grand air, puis à la privation de nourriture, et enfin à l’enfermement dans les prisons, où des maffias vont les prendre en mains.

 Vous, vous allez faire les marioles en vacances. Vacances ça signifie « vide », c’est ce que vous avez dans le crâne ! Ah mais vous pouvez vous instruire !

 Le premier inventeur de ces licenciements massifs, de cet esclavage, c’est le nommé George Besse, qui a passé sa vie à imaginer des tortures variées pour les ouvriers, dont la fameuse « délocalisation » aux usines Renault. Le mouvement « Action Directe » a mis fin à ses activités en 1986, d’une simple balle dans la tête. Le 17 novembre 1986 exactement.

 Je propose que ce soit désormais la Fête Nationale des Travailleurs et des Chômeurs. Des Paumés de tout poil !

 Ca s’est toujours passé comme ça, la révolte des pauvres. Quand vous les faites voter, ça sert à rien. Le vrai changement, c’est la balle dans la tête ou la mise au pas avec les autres, au SMIC et délocalisés dans un champ de riz ou de canne à sucre, au milieu des nègres équipés de leurs machettes. L’avantage des nègres, c’est qu’ils tuent les chefs, je veux dire « font régner la justice », mais en rigolant. Ca met de l’ambiance. Seul inconvénient, faut les encadrer, sinon, sur la lancée, ils savent plus s’arrêter, ils tuent tout le monde et après y a plus de riz, plus de sucre, plus de viande blanche à bouffer.

 Personnellement je préfère la mise au pas, tous les milliardaires au boulot, et au SMIC. Les soi-disant économistes vous cassent les noisettes, pour ceux qui en ont encore, à raconter que vous n’y connaissez rien. Faut leur montrer qu’on s’y connaît justement.

Au fouet, les milliardaires ! Ca fait circuler le sang. C’est pour votre bien, votre santé ! Et surtout pas de discussions « autour d’une table ». Autour d’une table, on boit un verre entre copains, entre gâs désencostardés. Décravatés.

Et puis, du coup, vous devenez féministe  puisque les deux « terroristes », faut savoir qui les a terrorisés !...donnez votre langue au chat, ou plutôt à la chatte, ça n’a pas de griffes. C’est Nathalie Ménigon et Joëlle Aubron. Et, à moto, en plus. C’est un acte très artistique, très acrobatique !

Allons au boulot ! Y a du pain sur la planche ! Et puis pas d’objections du genre c’est les socialistes qu’ont fermé PSA ! C’est pas les socialistes, c’est des fumiers et je suis poli, c’est des assassins en tenue de premiers communiants !

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14 juillet 2012 6 14 /07 /juillet /2012 09:43

 

L’huile de foie de morue  (23 décembre 1947 probablement)

 Je me souviens que les domestiques les plus sournoises, ou les plus lucides, pissaient dans les bidons du laitier. Pour faire condamner leurs patronnes.

 Ca part d’un bon sentiment.

 Mais elles se donnaient du mal pour rien, la patronne n’était jamais condamnée. Elle avait simplement son nom dans le journal.

 Seulement, à l’époque, avoir son nom dans le journal, ça équivalait à une condamnation parce qu’ils disaient : « Elle a son nom dans le journal… il n’y a jamais de fumée sans feu ».

La patronne, on disait « la patronne », parce qu’elle était mariée avec le patron, on l’imaginait pissant directement dans le bidon du laitier.

 C’était idiot, en général, la patronne « mouillait » le lait. On parlait ainsi. Elle versait une cruche d’eau dans le bidon et la domestique allait pisser ailleurs.

Sans préavis.

  On répétait le mot « sans préavis ». Mais on n’expliquait pas.

 Je ne comprenais donc rien.

  J’adore encore « l’odeur balsamique des pins». Je m’enivre de l’odeur balsamique des pins! Un point c’est tout ! Je ne comprends rien non plus.

Il me semble que tout est dans « balsamique ».

  Dans un flacon tout proche, l’huile de foie de morue. Je ne saisis pas le rapport.

Il n’y en a pas.

 Mais tout de même, un foie de morue, ça doit être très gros, et puis ça va dans les fonds marins. Ou à la surface des mers et c’est déjà bien.

Pourtant ça tient dans une petite bouteille, comme le sirop des « Vosges-Cazé » ?

 Ils doivent pas mettre le foie en entier.

  Ils mettent pas non plus les Vosges en entier, sur le buffet de la cuisine.

  Finalement, je ne suis pas sûr que les chiens aient tenu vraiment ce raisonnement.

(Cherchez plus haut, je vous ai prévenus, la mémoire, c’est le bordel…)

 Ils ne savaient pas qu’ils étaient des chiens de garde.

 Ils s’en fichaient complètement d’ailleurs.

  Ils ne connaissaient pas leur tour de garde. Ils n’apprenaient pas le règlement par cœur.

 Je l’ai dit, plus haut, nettement plus haut. La mémoire, c’est le désordre. Mais ne vous y fiez pas trop, à ce que je dis. Je peux raconter des mensonges. Comme les autres auteurs.

 

Attention ! Passage culturel ! Danger ! (été 2011)

  Les mensonges, en littérature, ça s’appelle de l’imagination.

  Quand il n’y a pas de mensonges, c’est qu’on écrit comme à l’école. On n’est pas un vrai créateur ! On écrit toute sa vie des rédactions, parfois même au passé simple.

On n’écrit pas, on rédige.

 Aujourd’hui, en 2012, c’est encore pire : on « produit » un texte. L’homme est une machine, un « robot » comme le disait, très prophétique, Georges Bernanos : « La France contre les robots ». Bernanos croyait en l’humanité, même s’il en mesurait toute la saloperie.

 Il croyait que l’humanité est susceptible d’amélioration.

 Quand on le compare aux pantins, aux gangsters, de la télévision d’aujourd’hui, on est fier de savoir qu’il est inhumé dans le département de l’Indre.

 A Pellevoisin (36) exactement.

 François Mitterrand avait fait le voyage exprès, depuis Châteauroux pour aller se recueillir sur la tombe de Bernanos.

 Même si Bernanos n’aimait pas Pellevoisin. Il avait sûrement ses raisons.

Aucun Lycée de la région ne porte son nom.

Il n’est donc pas déshonoré.

Il a refusé trois fois la Légion d’Honneur.

Il a refusé l’Académie Française.

Malgré l’insistance de De Gaulle.

 Georges Bernanos rayonne, seul, dans cette clairière de l’intelligence et de l’humanité, qui est située au nord ouest du Berry. Je vous ai donné tout ça en vrac.

  Je retourne aux chiens. Ils sont installés au pignon de l’ancienne bergerie.

 Ils discutent entre eux.

 Ils abordent des problèmes essentiels, pour l’époque, comme les questions alimentaires.

 Les chiens ne sont pas bêtes, loin de là !

 Mais ils ne savent pas qu’on a perdu la guerre. Ils ne lisent pas les journaux, ils n’écoutent guère la radio. Du moins, à l’époque.

 Les chiens, on pourrait croire qu’ils ne s’intéressent à rien, mais ils ne perdent jamais aucune guerre.

  Les chiens ne savaient pas ce que c’était qu’un Allemand. Ni qu’on appelait les Allemands des Boches, des Schleus, des Fridolins, des Doryphores. Que savaient-ils exactement, les chiens ? Ils ne s’intéressaient pas à la politique.

 En 1942, les chiens mangeaient les restes des repas, dans une gamelle, et ils rongeaient des os. Aujourd’hui, ça les rend malades…il leur faut des os en caoutchouc.

 C’est ce que pensent les hommes.

 Parce que les hommes se sont ramollis.

 Ils croient que tout est en caoutchouc.

Les hommes ont un sexe en caoutchouc.

 Henri Michaux écrivait déjà : « Leurs cathédrales ont la flèche molle ».

Les poètes s’expriment par métaphores. C’est bien plus joli. Henri Michaux aurait pu écrire : « leurs bites sont molles ». Mais « cathédrales, c’est plus exact.

A cause du mot « flèche ».

 Les chiens sont de grands amoureux. Quand ils s’accouplent, souvent ils ne peuvent plus se détacher. C’est de la fidélité.

Les êtres humains se désaccouplent  beaucoup plus facilement.

 C’est de l’inconstance.

On cite cependant des cas où l’amour les a soudés entre eux. Il faut alors les conduire à l’hôpital ou chez un vieux mécanicien qui connaît encore les méthodes anciennes.

 Ou aux urgences.

Pour eux l’amour est une maladie qui nécessite une intervention chirurgicale.

  Je me pose parfois la question suivante : on ne dit pas un « berger allemand ». On dit « un chien loup ». En 1942. C’est peut-être un nom de code. Les chiens sont des clandestins, d’ailleurs ils n’ont pas de carte d’identité.

 Des « sans papiers » ? Des faux papiers ? Ou alors on ne veut pas leur faire de la peine, aux chiens.

   Plus tard, Léo Ferré va inventer la première chorale de Chiens.

 Vers 1953.

  « Le chien qu’on prend comme un ami quand il ne reste plus personne… »

  Léo Ferré est en réalité un chien et d’ailleurs il le dit lui-même…

 

Aujourdhui maman est encore morte…  (15 mai 1981)

  J’ai reçu un télégramme de l’asile…

 C’est la première phrase de l’Etranger d’Albert Camus avec un mot surnuméraire. C’est aussi l’un des meilleurs livres du 20ème siècle, et encore, en 2011, la meilleure vente de Gallimard.

 

Le surlendemain, (donc le 7 juillet 1942)

  Les Anciens Combattants, ceux de la guerre de 14, portent de longues moustaches qui sont, d’après eux, la preuve de leur courage.

Ils les lissent avec application, pour qu’elles brillent encore davantage ! Certains ajoutent des paillettes et de la brillantine.

La brillantine s’appelle Roja.

C’est un produit Bourjois, avec un « j » comme « joie » dit la publicité à la radio.

Je me dis : « Qu’est-ce qu’on doit se marrer, à la guerre de 14, en se lissant les moustaches avec la brillantine Roja !...avec un « j » comme joie »…

J’oubliais alors que la guerre de 14, les Vieux l’avaient déjà faite ! On n’allait pas recommencer la même, les Boches se seraient foutus de notre gueule !

  Les Anciens Combattants portent aussi un jugement très défavorable sur les galopins de cette guerre de 1939, qui ne s’appelle pas encore 39-45. Normal,  puisqu’on ne sait pas quand elle va finir. Les Anciens Combattants ont enfilé des pantalons aux couleurs sombres et, souvent des sortes de blousons.

 Noirs, les blousons. Et avec des côtes.

 C’est parce qu’ils sont plus vieux. Ce sont des sages et un sage ça ne s’habille pas en couleurs.

 Les Anciens Combattants vivent en noir et blanc. On ne peut pas leur reprocher.

Plus tard, ils passeront au sépia, mais jamais à la couleur.

Sauf sur les cartes officielles que les bandits qui sont cause des guerres, feront imprimer pour égayer un peu l’ambiance des tranchées. Pour tromper le peuple.

(Ici, je mélange sûrement « la Butte rouge » avec une autre chanson honteusement antimilitariste, la « Chanson de Craonne » par exemple…)

 Les Nouveaux Combattants n’ont pas été foutus de finir la guerre. Ils se sont arrêtés avant la fin de la partie. Alors ils s’habillent en couleur. Ils ne méritent pas le noir et blanc. Ce sont des combattants fantaisistes.

 Des combattants d’opérette. On les appellera comme ça plus tard. De toute façon, je ne sais pas ce que c’est, une opérette.

Mais je verrai bientôt « Si Versailles m’était conté » de Sacha Guitry. Et la « Route fleurie », avec Georges Guétary. Mais là, on sait que c’est un spectacle. Les morts ne sont pas vraiment morts.

  Alors que les Nouveaux combattants sont des guignols, voilà ce qu’on voit dans ces histoires là ! Leurs morts sont des vrais cadavres, mais pas suffisamment nombreux.

 En tout cas, ce sont des amateurs. Des menteurs ? D’ailleurs ils portent des blousons bleus.

 Ca se voit que c’était du cinéma, leur guerre. Ils auraient même mérité qu’on les revêtît de chemises à fleurs.

 Leur guerre n’a pas vraiment eu lieu, puisqu’il n’y a pas de vrai armistice à fêter…C’est les Alliés qui ont fini la guerre.

 Les Alliés, c’est les bons.

 Ils tuent bien, ils violent bien, et pour notre compte à nous. De temps en temps, mais les victimes ne leur en veulent pas, ils tirent sur les ouvriers qui vont au travail. A Billancourt, par exemple.

 A Drancy. Au Havre.

 Les ouvriers sont très contents de mourir pour la France et de souffrir aussi, et si possible en râlant.

 Ils ont été massacrés par les Alliés. C’est tout de même autre chose que d’être zigouillé par un Boche !

Ils s’écroulent en criant « Vive la France ! »

 Ils pensent peut-être qu’ils iront au paradis ?

 

 7 Juillet 1942 (fin de journée)

  Les anciens Nouveaux combattants sont un peu jaloux, mais rien de grave. Ca les rachète, en somme. Car, ça ne se voit pas qu’ils sont des combattants, les Nouveaux. Ils n’ont pas creusé de tranchées. Ils ne sont pas mutilés. Ils n’ont pas des belles gueules cassées comme on voit sur les affiches de la loterie nationale.

 C’est ce qu’on dit à Saint Marmentin par Ysoldun, Zone et Loir. Et sûrement dans pas mal d’autres bourgs, et même dans les villes. Cette adresse truquée est un message pour Radio Londres.

 La vie est une loterie.

 Quand la loterie est nationale ça permet de gagner une gueule cassée. Il en existe de nombreux modèles, tous différents.

 C’est même le gros lot, la plus belle gueule cassée ! Il n’y a pas de vraies gueules cassées parmi les Nouveaux Combattants !

 Ils n’avaient pas de baïonnettes, les nouveaux.

 Dès les premières rafales de mitraillettes, ils ont détalé en courant comme des lapins.

 Vers la mer.

 Vers le sud. Comme s’ils étaient venus à la guerre pour y passer des vacances !

 Ici, je parle en langage d’aujourd’hui. Les vacances, ça n’existait pas en 1942. On disait encore « les congés payés ». Comme en 1936.

C’est ce que rapportent les Anciens Combattants de la guerre de 14 : les Nouveaux ne les valent pas ! Et de loin !... Ils n’ont même pas eu le courage de leur enfoncer des baïonnettes dans leur gros ventre de Prussiens ! C’est dire leur malhonnêteté.

  Pourtant un Boche c’est mou, ça bouffe que du cochon. Il y a plein de tripes à l’intérieur. Des tripes sales. Des tripes de cochon. Les Nouveaux combattants ont eu peur des tripes molles de ces cochons de Boches !

 Les Anciens combattants marchent en bombant le torse, sur lequel ils se sont accrochés des médailles. Les Nouveaux combattants marchent la queue basse et ils ne s’y sont pas accrochés de médailles.

  Les femmes qui font la queue, justement, aux épiceries, font la gueule en même temps. Elles insultent les Nouveaux combattants. Mon père les a vues, à Limoges, où on l’avait envoyé pour le « maintien de l’ordre ». Sans les gendarmes, les femmes ne savent pas maintenir l’ordre.

« - Elles se crêpaient le chignon, » qu’il disait, mon père.

Avec ces nouveaux gendarmes, elles pouvaient se défouler, par les insultes, au moins :

 « Vous n’avez pas été foutus de les arrêter, les Boches. Ils pourraient nous baiser, là sur le trottoir, devant vous, comme ils veulent. Seulement ils sont bien élevés, eux… »

 Ils ont de l’éducation !

Et de la bonne !  Pas les petites conneries qu’on apprendra plus tard. Du genre « Qui vole un œuf, vole un bœuf ! »

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