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29 septembre 2018 6 29 /09 /septembre /2018 10:20

Au début des années 2010, le laboratoire Merck cherche à se développer sur le marché asiatique et à implanter en Chine une gigantesque usine ultramoderne pour y fabriquer ses médicaments vedettes dont le Levothyrox. 

Problème de taille : 90% des asiatiques sont intolérants au lactose qui est l’excipient de nombreux médicaments dont le Levothyrox. Celui-ci est donc invendable sur ce marché si l’on n’en retire pas le lactose. 

Mais difficile de modifier, sans autre raison que commerciale, la formule d’un médicament ayant obtenu son AMM (Autorisation de Mise sur le Marché) avec un certain excipient. À moins d’y être contraint par les autorités sanitaires… 

 

Et c’est là que se produit un petit miracle pour le laboratoire. L’ANSM (Agence Nationale de Sécurité du Médicament) découvre brutalement que les comprimés de Levothyrox posent depuis toujours un problème de stabilité dans le temps qui avait échappé à tout le monde, sauf à sa sagacité. 

Cette Agence ordonne donc en 2012 au laboratoire Merck de changer la formule qui pourtant n’avait jamais posé le moindre problème jusque-là. 

Surprenante coïncidence : le courrier de l’ANSM est signé par son directeur, Philippe Lechat, lequel a travaillé précédemment chez Merck ! Cela ressemble à l’un de ces conflits d’intérêts dont notre beau pays s’est fait une spécialité mondiale. 

 

Quoiqu’il en soit, Merck trouve immédiatement LA solution, avantageuse et de circonstance : remplacer le lactose par du mannitol. Comme par magie et devant les yeux ébahis de la communauté scientifique, les comprimés de Levothyrox redeviennent stables dans le temps grâce à ce simple tour de passe-passe. 

Or, souvenez-vous ! Le remplacement du lactose par du mannitol avait déjà été expérimenté dans un générique commercialisé en 2009 par Biogaran. Mais des effets secondaires, particulièrement délétères, n’avaient pas tardé à faire leur apparition et tous les médecins (dont moi-même) ont successivement pris la décision d’inscrire systématiquement la mention non substituable sur leurs ordonnances pour qu’on délivre le princeps, c’est-à-dire le Levothyrox. Au point que, finalement, ce générique a été retiré du marché par Biogaran en 2016.

Il se trouve qu’en médecine, les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets. 

Il était donc plus que probable qu’en commercialisant leur « nouveau » Levothyrox selon une formule similaire à celle du générique de Biogaran en 2009, le laboratoire Merck récolte exactement les mêmes effets secondaires et avec la même gravité. 

Et ce fut évidemment le cas. Mais cette fois, le médicament ayant astucieusement conservé son nom de marque, impossible d’écrire non substituable sur les ordonnances ! Bien joué… 

 

D’autant que le Levothyrox étant en France, en situation de monopole, aucune alternative ne pouvait être proposée aux malheureux patients-cobayes dont un grand nombre ont été contraints d’aller se procurer l’ancienne formule distribuée dans le reste de l’Europe sous le nom d’Euthyrox. 

Sans surprise, notre Ministre de la Santé, Agnès Buzyn, s’est retranchée derrière l’ANSM pour refuser tout retour à l’ancien excipient au nom de cette prétendue instabilité des comprimés dans le temps. 

Prétexte absurde car il y a dans l’hexagone presque 3 millions de personnes qui avalent quotidiennement leur comprimé de Levothyrox et les blisters n’ont certainement pas le temps de s’empoussiérer dans les armoires à pharmacie ! Combien même, il aurait suffi de raccourcir la durée de péremption pour que le problème soit réglé. 

En outre, on peut regretter que la Ministre ait cru nécessaire de rajouter une couche méprisante sur la souffrance des patients en qualifiant leurs symptômes d’« effet nocebo », ce qui signifie à peu près : « arrêtez de vous plaindre, bande de totoches, c’est dans la tête ». 

 

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29 septembre 2018 6 29 /09 /septembre /2018 10:10

Les hommes et les femmes ne pissent pas de la même manière, pour commencer. Ça n’a pas posé de problème pendant les six mille ans d'histoire dont l’humanité ait le souvenir, mais désormais, pour l’Occident éclairé, c’est dramatique. C’est une différence insupportable pour les féministes, qui veulent faire tout ce que font les hommes. Dans les années 1970, les premières affiches du MLF montraient fièrement une dure-à-cuire en action dans un urinoir, médusant quelques spectateurs variés, dont certains quelque peu jaloux. Eh oui, c’était comme ça, jadis. Mais depuis, les féministes ont décidé qu’il serait bien plus chouette de forcer les hommes à utiliser les commodités féminines et de saccager celles des mâles.

Le tout nouveau porte-avions américain USS Gerald R. Ford n’a point d’urinoirs. Tout y est neutre, de sorte que les quelques dames qui y font leur service pourront aller pisser où elles auront envie. Ces nouvelles toilettes dégenrées prennent bien plus de place, ne sont pas très propres parce que les hommes pissent bien souvent à côté du trou, et ça prend bien plus de temps. Mais pour obtenir la soumission de mâle et exorciser l’esprit patriarcal, ces menus inconvénients ne comptent pas. Pour pisser dans un édicule public en Suède, il va vous falloir un smartphone et une carte de crédit : et non seulement ça coûte un max, mais rien n’est prévu pour les êtres qui n’auraient que ferraille ou  billets sur eux.

En Allemagne, le pays le plus écrasé de culpabilité au monde, un homme qui utilise un urinoir, c’est un nazi. Un Allemand non-nazi devrait s’asseoir, comme une dame. Même chose en Suède. Rien d’étonnant, Allemands et Suédois sont les gens qui se réjouissent le plus au monde de l’avalanche des réfugiés depuis le Moyen Orient dévasté…

Eh bien il y a des hommes qui ont trouvé une solution. Les Berlinois pissent contre les stèles de leur mémorial de l’Holocauste. Pas moins de trois mille blocs de ciment, plaques ou stèles, une ombre propice, et une odeur qui ne laisse aucun doute sur la solution imaginée par les hommes du cru face au manque d’urinoirs…

Coincée entre ses rues malodorantes et la fureur féministe, la mairie de Paris a créé une nouvelle espèce d’uritrottoirs : à l’air libre, finie l’inimité, tu pisses et tu te casses. Ce n’est pas très luxueux, et il n’y a pas de quoi rendre les femmes jalouses. D’ailleurs elles ne l’étaient pas, elles ont juste été furieuses. Elles ont pris d’assaut ces symboles haïssables du patriarcat avec des sacs de ciment, pour les boucher, les sabotant irrémédiablement. Je suppose que les industriels du paye-et-pisse les soutiennent chaudement, et fournissent même éventuellement le ciment à prix cassé, mais bon, ce doit être un simple délire de ma part. En tout cas, ça y est, Paris empeste à nouveau, et les féministes vont pouvoir brandir cet état de fait pour détester un peu plus les hommes.

 

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29 septembre 2018 6 29 /09 /septembre /2018 09:58

Michel Onfray a appris, sans sommation, sans d’ailleurs que la direction de la radio ait seulement la délicatesse et la courtoisie de l’appeler directement, que France Culture cesserait désormais de diffuser les cours qu’il donnait à l’université de Caen. Exit donc, cette parole dérangeante, devenue insupportable pour le pouvoir. Après Éric Zemmour, interdit de service public, après Frédéric Taddéï, contraint de s’exiler sur RT pour recouvrer la liberté d’inviter les débatteurs de son choix sans qu’on lui dresse une liste des bannis d’antenne, c’est au tour d’une autre voix dissidente d’être congédiée, sans un mot, sans une explication. 

 

Depuis des années pourtant, la station publique diffusait pendant l’été les cours que Michel Onfray donnait dans le cadre de son université qu’il avait créée en 2002 après que Jean-Marie Le Pen s'est qualifié pour le second tour de l’élection présidentielle. Signe que les audiences de Michel Onfray ne devaient pas être si mauvaises et qu’il bénéficiait d’un public captif et fidèle, France culture coéditait également des coffrets audio du philosophe. Mais Michel Onfray, qui pendant des années a participé de bonne foi au théâtre de l’antifascisme, soufflant sur les craintes qu’un jour, la peste brune prenne le pouvoir en France, a fini par renoncer à jouer plus longtemps cette pièce qui n’était qu’une fable pour que se maintiennent au pouvoir les mêmes gens. 

 

Aussi, le philosophe n’a jamais souscrit à l’idée qu’au soir du 7 mai 2017, avait émergé un nouveau monde et n’était pas dupe de la manière dont l’élection s’était jouée. A l’Express, il confie, ainsi que « l'élection présidentielle s'effectuant théoriquement en deux tours, il faut, pour que rien ne change, qu'elle soit jouée dès le premier afin que le second ne soit plus qu'un plébiscite entre ce qui nous est présenté comme le Bien et le Mal par les médias dominants aux mains de propriétaires ayant clairement choisi leur camp. » Et Michel Onfray ajoutait : « Dès lors, l'élection devient un plébiscite plus facile à gagner en faveur du Bien contre le Mal, le Bien étant comme par hasard l'Etat maastrichtien et son idéologie, autrement dit le marché imposé par l'Etat, et le Mal, tout ce qui s'y oppose et qui se trouve diabolisé, criminalisé, hitlérisé même -souvenez-vous du double message envoyé par Macron entre les deux tours à Oradour, puis au mémorial de la Shoah. » 

 

Depuis, il n’avait de cesse de mettre en évidence les faux semblants de la Macronie et de tirer à boulet rouge sur le président. Dans l’un de ses dernières vidéos postées le 3 septembre sur sa web télé, Michel Onfray publiait une lettre ouverte à Emmanuel Macron après que le chef de l’Etat a décidé de nommer l’écrivain Philippe Besson consul à Washington. « Votre altesse, votre excellence, votre sérénité, mon cher Manu, mon roi », raillait-il en introduction de sa missive. Le philosophe moquait l’esprit de cour, l’affaire Benalla, les bons plaisir du président, sa décision de se faire construire une piscine à Brégançon, la promotion d’Agnès Saal… Une manière d’enterrer les dernières illusions d’une république exemplaire « Vive la République, vive la France, vive toi » concluait-il pour mieux souligner l’égotisme d’Emmanuel Macron. 

 

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29 septembre 2018 6 29 /09 /septembre /2018 09:48

De plus en plus « pipolisés », les médias nous apprennent que la princesse consort Brigitte – pardon, la « first Lady » pour parler comme nos anglomanes bâtés ! – va « jouer son propre rôle » dans on ne sait quelle série télévisée. Vu la politique antisociale et antinationale que conduit Monsieur son époux, ce « Brigitte par elle-même » risque fort de se réduire à un rôle de… décomposition !

On aurait plutôt vue la Première Dame dans le rôle de Charlotte Corday poignardant la République jacobine (Marat dans le rôle du premier – et du dernier, heureusement ! – de Corday ?) ; ou encore dans celui de Marie-Antoinette, épouse Capet, invitant les manants à manger de la brioche à défaut d’avoir obtenu du pain…

Mais à dire vrai, pour le rôle de Marie-Antoinette, le mari de Brigitte aurait amplement pu suffire, politiquement parlant : il n’est que de voir la dernière sortie de Monsieur de l’Elysée contre un jeune horticulteur se plaignant de ne trouver aucun emploi. Le monarque « républicain » en marche… arrière a rétorqué en substance à ce « Gaulois réfractaire », sans doute « fainéant », « jaloux » et perclus de « passions mauvaises » : « Vous êtes horticulteur, mon brave ? Devenez donc arpette, écailleur d’huitre ou groom, je vous trouve un emploi (sous-qualifié, précaire et sous-payé…) en traversant la rue !». Mais paysagiste, maçon, cuisinier, sont-ce là des métiers ? ». Chassez l’arrogance de classe, et même en période de drague intensive à la (fausse) gauche, le mépris de caste revient au galop…

C’est pourquoi, dans leur propre intérêt, certains oligarques fardés de « légitimité démocratique » à l’issue d’une élection manipulée devraient se souvenir de la manière dont a fini certaine « Autrichienne », peu de temps après que M. son Epoux ait été contraint par les Sans Culottes d’écourter quelque peu son règne ?

 

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29 septembre 2018 6 29 /09 /septembre /2018 09:42

Un rapport, évidemment commandité par le gouvernement, prône des cours d’enseignement général en anglais à l’école primaire. Le but affirmé est d’aller vers le bilinguisme (avec l’anglais évidemment !). « L’anglais doit être leur langue natale » déclare le directeur académique en parlant des élèves. Il dévoile ainsi on ne peut plus clairement l’objectif final qui est le remplacement du français par l’anglais.  Blanquer veut aussi imposer à France-Télévision des émissions pour les jeunes totalement en anglais. Que cherchent les libéraux au travers de cette offensive linguistique ? 

 

Pour transformer le monde en un vaste marché commercial, la finance mondialisée a besoin qu’une seule langue soit parlée par tous les humains, ravalés au rang de consommateurs et de clients à plumer. Cette langue c’est celle des affaires et du capitalisme dominant : l’anglais.

D’un point de vue scolaire, le bilinguisme dès le plus jeune âge nuit à l’apprentissage. La plupart des experts en linguistique s’accordent à dire qu’il est impératif d’avoir une base solide dans sa langue maternelle afin d’apprendre autre chose, que ce soit une seconde langue ou, plus généralement, des disciplines comme la géographie et les mathématiques.

L’uniformisation linguistique va dans le sens de l’uniformisation du monde :  uniformisation vestimentaire, du cinéma, de la chanson, des modes de vie, des loisirs, de la cuisine… Refuser l’uniformisation linguistique c’est refuser cette société de l’ennui, sans âme, sans originalité, cette société de déshumanisation, de robotisation.

Cette offensive linguistique accompagne celle contre les nations, considérées par le capital comme des obstacles à la mondialisation. La volonté de domination de l’anglais est un aspect de l’impérialisme et du colonialisme, de la domination culturelle d’un pays ou d’une classe.

 

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29 septembre 2018 6 29 /09 /septembre /2018 09:35

Agios, frais de rejet de paiement, commissions d’intervention… Lorsque le découvert autorisé est dépassé, le couperet tombe et, avec lui, son avalanche de frais liés aux incidents bancaires. Ces sommes montent parfois jusqu’à 700 euros par mois pour les clients les plus en détresse. Difficile, alors, de sortir du cercle vicieux. Mais certaines banques ne s’arrêtent pas là : non contentes de facturer aux clients submergés toutes les lettres de recommandation et autres frais de rejet de chèque sans provision (entre 30 et 50 euros), elles inventent de nouvelles règles de tarification.

 

Ainsi, lorsque le solde du compte finit malheureusement la journée en débiteur, la commission d’intervention à 8 euros ne sera pas facturée uniquement sur la dernière opération fatale mais sur toutes celles effectuées au cours des dernières 24 heures. Ce ne sont donc pas 8 euros qui seront facturés au client, mais bien 8 euros multipliés par le nombre d’opérations jugées « débitrices » au cours de la journée. Le groupe BPCE (Caisse d’Épargne et Banque populaire) mais aussi le Crédit mutuel, pour ne pas les nommer, sanctionnent donc le comportement des consommateurs, voire les appauvrissent littéralement. Une folie tarifaire jugée totalement illégale par les deux associations.

Contrairement aux idées reçues, les victimes principales de ces politiques sournoises ne sont pas les clients en grande détresse financière, protégés par les lois de plafonnement de frais. Pas besoin d’être fiché à la Banque de France pour voir au moins une fois son compte en négatif : la mère de famille célibataire faisant face aux frais de rentrée, le petit chef d’entreprise vivant un mois difficile… Le profil type de la classe moyenne ni riche ni trop pauvre, et surtout bien incapable de se payer le moindre avocat. Selon l’association de consommateurs, ils sont huit millions, en France, à voir leur compte régulièrement dans le rouge. Il suffit d’un rien pour mordre un peu sur le découvert autorisé et se faire immédiatement asphyxier par la banque…

 

Et pour cause : les frais liés aux incidents représentent un pactole de 6,5 milliards d’euros chaque année pour les banques. Las, Bruno Le Maire et les principaux représentants des banques ont pourtant eu le culot d’annoncer, début septembre, un plafonnement global de ces frais à 200 euros par mois… Une promesse qui n’engage que ceux qui voudront bien y croire puisqu’aucun contrôle n’est prévu pour sanctionner les mauvais élèves. Comment imaginer une seconde que les banques respecteront cet engagement alors que de nouveaux frais infondés, comme cette règle des 24 heures citée plus haut, font sans cesse leur apparition en toute impunité ?

 

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29 septembre 2018 6 29 /09 /septembre /2018 09:32

La honte. Les juges du tribunal de grande instance d’Amiens ont donc condamné le 13 septembre dernier dans un procès au civil six militants de la Confédération paysanne à verser solidairement environ 120.000 euros de dommages et intérêts à l’exploitant de la ferme picarde dite des « mille vaches ». Le tribunal a donc partiellement suivi l’industriel du BTP et propriétaire de la ferme-usine qui demandait 200.000 euros de dommages et intérêts aux militants, une manière de les faire taire.

 

En 2013 et 2014, ces militants avaient participé à deux mobilisations contre la ferme- usine implantée à Drucat, près d’Abbeville (Somme), à quelques semaines de sa mise en service. Dans un premier  procès au pénal, ils avaient déjà été condamnés en appel à des peines d’amende avec sursis, de 300 à 5.000 euros, en septembre 2015. « Le tribunal a reconnu que nous étions des lanceurs d’alerte », a fait valoir Laurent Pinatel, porte-parole de la Confédération paysanne, qui figure parmi les six condamnés. « Aujourd’hui, on nous demande d’assumer seuls ce que l’on a apporté pour l’intérêt général. Cette situation nous paraît un peu ubuesque », a-t-il déploré.

Le syndicat dénonce dans un communiqué « une sanction financière lourde et inique pour les militants d’un syndicat agricole qui ont agi collectivement et sans violence pour défendre l’intérêt général face à ce symbole de l’industrialisation de l’agriculture. Ces mêmes militants qui, lors du procès au pénal en 2015, avaient été qualifiés de “lanceurs d’alerte” par la cour d’appel d’Amiens. »

 

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29 septembre 2018 6 29 /09 /septembre /2018 09:26

Les Européens ont annoncé la création d'un système de troc afin de préserver leur commerce avec l'Iran tout en échappant aux sanctions américaines, une décision-camouflet à la veille d'un discours mardi à l'ONU de Donald Trump destiné à mobiliser contre Téhéran.

Cette initiative vise à sauver l'accord sur le nucléaire iranien de 2015 malgré la sortie fracassante des Etats-Unis de ce texte en mai.

"Concrètement, les Etats membres de l'Union européenne vont instaurer une entité légale pour faciliter les transactions financières légitimes avec l'Iran", a expliqué la cheffe de la diplomatie de l'Union européenne, Federica Mogherini dans une déclaration lue lundi soir conjointement avec le ministre iranien des Affaires étrangères, Javad Zarif.

Si par exemple l'Iran vend du pétrole à l'Espagne et l'Allemagne des machines-outils à Téhéran, la somme correspondant à la livraison du pétrole servirait directement à payer le fournisseur allemand.

"Il y aura une sorte de chambre de compensation qui vérifie que la valeur des biens exportés et importés par l'Iran se compensent", explique une source diplomatique française.

Ce mécanisme "immunise" acheteurs et vendeurs en évitant des transactions en dollars qui pourraient les exposer à des sanctions américaines.

"Le pétrole est la seule contrepartie que l'Iran peut donner (...) Il permet aux recettes du pétrole d'être utilisées pour importer des biens", poursuit la source française.

L'accord conclu en 2015 est censé empêcher l'Iran de se doter de la bombe atomique et le sortir parallèlement de son isolement économique grâce à une levée des sanctions qui l'étranglaient.

Mais en sortant de l'accord, Donald Trump a rétabli une série de lourdes sanctions visant aussi les entreprises ou pays étrangers qui continueraient de faire des affaires avec Téhéran. Sous la menace, nombre de grands groupes (Total, Daimler...) très engagés aux Etats-Unis ont depuis cessé toute activité avec l'Iran par craintes de représailles américaines.

Le 4 novembre, une nouvelle vague de sanctions frappera directement les exportations de pétrole iraniennes et les opérations bancaires avec ce pays, qui va se retrouver de facto déconnecté des circuits financiers internationaux.

 

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22 septembre 2018 6 22 /09 /septembre /2018 10:51

Le général Pinochet est très affecté par les propos malveillants qui ont été tenus sur son compte. C’est la presse du 5 juillet 2002 qui me l’apprend. Le général Pinochet est, en effet, un homme d’une délicate sensibilité. Certains détails de sa vie intime sont malheureusement peu connus du grand public et ça lui a fait beaucoup de tort. Et beaucoup de peine.

Aussi est-il temps de révéler aujourd’hui quelques aspects de sa vie intime, la modestie du général dût-elle en souffrir.

Par exemple, lorsque le président Allende se suicida d’une rafale de mitraillette dans le dos, Augusto (c’est son prénom, charmant d’ailleurs) a tout fait pour l’en dissuader. C’est en détournant l’arme fatale que l’incident fâcheux est arrivé. Allende avait en effet l’intention de mettre fin à ses jours le plus classiquement du monde, en retournant le pistolet-mitrailleur contre lui, par devant. Il avait choisi une arme automatique parce qu’il redoutait avant tout de se rater. Il était bien conscient de ses crimes et il se faisait justice.

Augusto, qui assistait par hasard à cette scène pénible, eut le réflexe de s’emparer de la fameuse mitraillette. Hélas ! dans la bousculade qui s’ensuivit, plusieurs coups partirent tout seuls. Salvador Allende avait mis fin à ses jours !

Augusto se tourna alors vers le mur et pleura longuement. Son ami était mort sous ses yeux, et il n’avait pas pu le dissuader d’accomplir l’irréparable.

Descendant alors l’escalier, le ministre des armées chiliennes, tout sanglotant encore, se rendit au stade de Santiago. Il avait l’intention de faire un jogging pour oublier ce drame fratricide. Hélas, encore une fois, le sort était contre lui. Augusto trouve le stade plein à craquer !

Des chiliens sont en train de jouer. Avec des haches. Un nommé Victor Jara a lancé un pari stupide, pour amuser la galerie : il assure qu’il va se couper les doigts et qu’il jouera encore de la guitare, ensuite, avec des prothèses. Un officier qui passait par là, lui lance un défi :

- T’en es pas capable, Totor ?

Il l’appelle Totor, c’est une tradition au Chili, les chanteurs ont pris l’habitude de fraterniser avec les pelotons d’exécution. Victor répond :

- Tu vas voir ce que c’est qu’un homme, un vrai !

Augusto accourt :

- Fais pas le con, Jara, après on va encore dire que c’est moi !…

Hélas ! pour la seconde fois hélas ! Victor s’est tranché la main droite. Tout heureux de ce bon tour qu’il a joué aux militaires, Victor Jara s’attache lui-même à un poteau :

- Eh ! venez les gars (il s’adresse aux militaires)… on va jouer à l’exécution sommaire !

Les militaires, sensibles comme à l’accoutumée, refusent. Victor insiste :

- Il n’y a pas de balles dans vos fusils ! j’ai vidé les chargeurs.

Alors les militaires, naïfs (comme à l’accoutumée) se mettent en position. Pour jouer, un sergent-chef crie :

- En joue !… feu !

Je traduis, c’est beaucoup mieux en pinochien de Santiago, mais le lecteur ne comprendrait pas, il serait fichu de commettre un faux sens et de croire qu’il s’agit d’une véritable exécution.

Bon, Victor Jara s’abat, le nez sur le sol. On appelle le SAMU. Les quatre pneus du véhicule ont été crevés par des pacifistes locaux. C’est la fatalité. Augusto Pinochet s’est retourné vainement contre le mur, pour pleurer ! Hélas ! (pour la troisième fois) il n’y a pas de mur dans le stade de Santiago. Augusto est obligé de sangloter à l’air libre. C’est une scène pénible. Victor Jara s’écroule en criant « vive l’armée, vive la dictature, vivent les bouchers ! » Les militaires, bouleversés, sont au bord de la crise de nerfs. On connaît la suite, les six mille spectateurs courant d’eux-mêmes devant les pelotons d’éxécution, après s’être mutilés pour expier leurs fautes (les Chiliens sont très catholiques).

Et alors hélas ! (pour la quatrième fois) dans ce pays déjà tellement touché par les drames humains, des centaines de personnes décident de disparaître. D’autres s’entre-torturent, s’entre-massacrent, dans le seul but de créer des ennuis à Augusto !

Certains, particulièrement retors, vont rejoindre des amis en Argentine, et ils se débitent eux-mêmes à la tronçonneuse, avant de se jeter des hélicoptères. Des femmes se font violer exprès par des patriotes ! Bref, c’est la pagaille. Augusto pleure de plus en plus. Il en gardera des séquelles si profondes que vingt-cinq ans plus tard il sera obligé d’aller faire soigner son pauvre cœur en Grande-Bretagne !

On connaît la suite. Des voyous le prennent en otage. Il faudra près de deux années de palabres pour qu’il soit enfin relâché, devant l’indignation de la conscience internationale.

Ah ! heureusement qu’elle est là, la conscience internationale !

Malheureusement, les tracas, les malheurs, les angoisses, ont miné Augusto. Aujourd’hui, à 87 ans, il est fatigué, son cœur bat la chamade. Aux séances de tir, il fusille moins bien. Avec la hache, il rate la main une fois sur deux. Devant le mur, il sanglote à peine. Bref, il est « affecté », comme le dit si judicieusement la presse internationale. Alors l’armée chilienne lui rend « les honneurs militaires », nous dit-on également.

Oui, bien sûr, voilà qui part d’un bon sentiment. Mais sera-ce suffisant pour adoucir les vieux jours de cet humaniste exemplaire, que le monde entier va bientôt pleurer ?

 

ROLLAND HENAULT 

(article paru dans l’Echo du Centre - 2002)

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22 septembre 2018 6 22 /09 /septembre /2018 10:45

Les automobilistes continuent d’être des vaches à lait. Au début du mois d’août, Gérald Darmanin avait justifié les nouvelles taxes sur les carburants : « C’est une façon d’inciter les gens à changer leur mode de transport » et d’« aller vers une économie décarbonée ».

C’est surtout un moyen de remplir les caisses de l’État.

Lundi, sur BFM TV, Élisabeth Borne, ministre des Transports, a confirmé une hausse de sept centimes du diesel et une augmentation de quatre centimes de la taxe sur l’essence. Et ce n’est pas fini !

Certes, le cours du baril de pétrole est ascendant, mais l’essentiel de la hausse provient des taxes, qui représentent 60 à 65 % du prix du carburant : à la taxe intérieure de la consommation sur les produits énergétiques (TICPE) s’ajoutent l’augmentation de la taxe carbone, un alignement de la fiscalité du diesel sur celle de l’essence et une TVA de 20 %, qui s’applique également à la TICPE (un impôt sur un impôt, c’est commode !). D’ici à 2022, le coût supplémentaire pourrait monter à 250 euros par an, voire davantage si l’automobiliste est contraint de rouler beaucoup.

C’est la France périphérique, la France rurale, celle qui est obligée d’utiliser la voiture pour tout déplacement, notamment pour aller travailler, qui est la plus pénalisée. Les grandes métropoles sont moins concernées. À Paris, Anne Hidalgo a beau jeu de faire une politique anti-voiture, qui ne gêne pas les bobos parisiens mais les habitants d’Île-de-France, contraints d’utiliser leur véhicule pour se rendre à Paris ou traverser la capitale – à moins de passer des heures dans des transports en commun, de plus en plus inadaptés et aléatoires.

La taxation écologique a bon dos et permet au gouvernement d’exercer, sur les Français, un véritable racket contre lequel ils ne peuvent que protester. L’association 40 millions d’automobilistes lance l’opération « Coût de pompe » : elle invite les conducteurs à adresser leur ticket de carburant au président de la République, pour l’interpeller sur la dégradation de leur pouvoir d’achat. Action symbolique, qui a au moins l’intérêt de montrer leur mécontentement.

 

« Arrêtez d’emmerder les retraités », a dit récemment Emmanuel Macron à ses collaborateurs, après les déclarations de Christophe Castaner relatives à l’ouverture d’une « réflexion sans tabou » sur la fiscalité des successions. Bien que lui-même favorable à un alourdissement de cette fiscalité, il ne tient pas à envoyer aux retraités, qui ont majoritairement voté pour lui à la présidentielle, un nouveau signal négatif : il attend qu’ils digèrent la hausse de la CSG, le report de la revalorisation des pensions au 1er janvier 2019 et leur désindexation par rapport à l’inflation.

Les automobilistes pourraient, en écho, lui dire « Arrêtez d’emmerder les automobilistes » par des mesures hypocrites qui visent surtout à taxer davantage les Français tout en assurant que les impôts n’augmentent pas.

 
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