Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
24 mars 2018 6 24 /03 /mars /2018 09:34

L’endettement global du système ferroviaire devrait s’élever, en 2018, à près de 55 milliards d’euros. Un gouffre qui « menace aujourd’hui d’engloutir tout le système », martèle Édouard Philippe. Le premier ministre n’hésitant pas à comparer ce chiffre au « budget annuel de l’éducation nationale » comme pour frapper les esprits, cependant que l’exécutif entend, par ordonnances, porter le coup de grâce à la SNCF.

Aujourd’hui, si la reprise de la dette par l’État est enfin évoquée par les pouvoirs publics, elle est l’objet d’un chantage social pour imposer aux cheminots toujours plus de sacrifices. « Une fois qu’on aura fait la transformation de la SNCF (d’établissement public en société anonyme – NDLR) et transformé le statut des cheminots, une fois qu’on aura permis à la SNCF de renouer avec les bénéfices (…), nous pourrons envisager de reprendre la dette de la SNCF », déclarait Bruno Le Maire il y a peu, sans donner plus de détails, ni sur les modalités ni sur le calendrier. « Ce chantage à la dette est purement dogmatique et sert à justifier l’ouverture à la concurrence et la casse du statut des cheminots », reprend Sébastien Gasc. Une ineptie pour la CGT, qui précise que non seulement « l’origine de la dette n’a rien à voir avec le statut des personnels, mais que l’ouverture du rail à des opérateurs privés ne règle pas le problème de l’endettement du réseau ». Preuve en est, au Royaume-Uni, chantre du libéralisme où une vingtaine d’opérateurs privés se partagent le réseau, Network Rail, le gestionnaire d’infra-structures renationalisé, cumule une dette de « 46,3 milliards de livres sterling, soit plus de 51 milliards d’euros en 2017, le tout sur un réseau de 17 000 kilomètres de voies, contre 29 000 en France », précise Sébastien Gasc, secrétaire fédéral de la CGT cheminots . Et si l’ouverture à la concurrence ne permet pas de résorber la dette, la fin des embauches de cheminots au statut ne le permettra pas non plus. « Le système ferroviaire nécessite annuellement près de 3 milliards d’euros d’investissements pour maintenir son niveau de performance. Parler de contrepartie signifie que cette somme devrait être gagnée sur le dos de 150 000 cheminots », s’agace Sébastien Gasc.

 

Source

Partager cet article
Repost0
24 mars 2018 6 24 /03 /mars /2018 09:30

La visite n’apparait pas à l’agenda présidentiel. Le 14 mars, Emmanuel Macron a reçu tout sourire à l’Elysée Hashim Thaçi, président sulfureux du Kosovo. En 2011, un rapport du Conseil de l'Europe l’accusait pourtant d’avoir dirigé pendant la guerre du Kosovo, à la fin des années 1990, un trafic international d'organes, prélevés surtout sur des prisonniers serbes.

« De nombreux indices concrets et convergents confirment que des Serbes ainsi que des Kosovars albanais ont été tenus prisonniers dans des lieux de détention secrets sous contrôle de l’UÇK au Nord de l’Albanie et soumis à des traitements inhumains et dégradants, pour finalement disparaître », affirmait le rapport européen. Les détenus étaient conduits en Albanie, exécutés d’une balle dans la tête, opérés et leurs organes vendus à des cliniques étrangères.

Le document accablant, adopté à l’époque par l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE) à Strasbourg, évoquait aussi des exécutions sommaires et des enlèvements visant les opposants politiques d'Hashim Thaçi, désigné comme l’organisateur du trafic et qualifié par des services secrets de pays de l’OTAN comme le plus dangereux des « parrains de la pègre » du mouvement séparatiste de l’UCK, l'Armée de libération du Kosovo.

Thaçi dirigeait alors le « Groupe de Drenica », réunissant des personnalités de premier plan de l’UCK et accusé par le rapport d’avoir « renforcé dans des proportions phénoménales son assise dans les activités criminelles organisées, à l'époque florissantes au Kosovo et en Albanie ». Il aurait d’ailleurs agi avec « le soutien et la complicité » des structures de gouvernance officielles de l'Albanie, et notamment du gouvernement socialiste, mais également des services secrets albanais et de « la redoutable mafia albanaise ».

 

Source

 
Partager cet article
Repost0
Publié par ELIZABETH
24 mars 2018 6 24 /03 /mars /2018 09:26

Le 26 février dernier, un journaliste slovaque a été assassiné avec sa fiancée. Le journaliste enquêtait sur des affaires de corruption. Cet assassinat a suscité l’émoi au sein d’une grande partie de la population. De nombreuses manifestations ont suivi, elles ont fini par provoquer la démission du Premier ministre slovaque, Robert Fico, le 15 mars dernier. Peu avant sa démission, Robert Fico avait soupçonné le milliardaire américain George Soros, qui a déjà soutenu plusieurs révolutions colorées par le passé, d’avoir préparé cette déstabilisation avec le président slovaque Andrej Kiska :

« Je veux poser une question simple à M. le président. Le 20 septembre 2017 à New York, sur la Cinquième avenue, pourquoi le chef d’État a-t-il rendu visite en privé à une personne, donc la réputation est discutable et dont le nom est George Soros. »

Certains journalistes présents dans la salle de conférence se sont alors mis à rire, et l’un a déclaré « vous êtes ridicule ».

« Vous pouvez rire autant que vous le souhaitez », a répondu Robert Fico, mais « pourquoi n’a-t-il pas été accompagné d’un représentant du ministère des Affaires étrangères pour cette réunion ? Le meurtre d’un journaliste démontre qu’il y a une tentative sérieuse de déstabilisation du pays. »

La déclaration de Robert Fico a suscité une vague de réactions négatives. Selon le ministre des Affaires étrangères, Miroslav Lajčák, « George Soros est un homme qui a eu une influence majeure sur l’évolution de l’Europe centrale et de l’Est. Il n’y a pas de doute là-dessus. » Néanmoins, il a dit ne pas vouloir « spéculer sur son implication dans les problèmes actuels de la Slovaquie ».

Le magnat et philanthrope de 87 ans, George Soros, a versé 45 millions de dollars de financements à la Slovaquie ces 25 dernières années, précise Ján Orlovský, le directeur exécutif de la fondation financée par Soros, Open Society Fund, en Slovaquie.

« Nous avons donné 45 millions sans rien attendre en retour, la seule chose qu’il voulait c’est que nous vivions dans une société libre où chacun a les mêmes chances, où règne l’État de droit et où l’éducation et la justice sont accessibles à tous. »

George Soros a nié toute implication dans les affaires internes de la Slovaquie via son porte-parole.

Le Premier ministre hongrois Viktor Orbán voit également l’empreinte de George Soros dans les troubles qui agitent le pays :

« Le gouvernement slovaque actuel résiste à la migration et refuse de transformer son pays en pays d’immigration. Les organisations de Soros ont attaqué et vont continuer à attaquer les dirigeants de tels gouvernements de manière féroce ».

On apprend également dans les médias tchèques que le plus grand quotidien slovaque, SME, est lié à la structure organisationnelle d’une organisation à but non lucratif américaine, cofinancée par George Soros, et dans laquelle siège le directeur de la plus grande maison d’édition de Slovaquie.

L’ancien président tchèque Václav Klaus, qui avait perçu la dangerosité du milliardaire américain, avait poussé George Soros à déménager son Université d’Europe Centrale de Prague à Budapest.

 
Partager cet article
Repost0
24 mars 2018 6 24 /03 /mars /2018 09:23

Le 19 mars, trois hélicoptères appartenant à la Coalition dirigée par les États-Unis ont atterri, lundi matin, dans une localité située entre les villages de Jissi et de Calo, dans la banlieue sud-est de la ville de Qamichli (nord de la Syrie). Ils ont évacué quatre officiers de Daech d’origine irakienne et sont repartis dans une direction inconnue.

Le 17 mars 2018, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a dénoncé la présence de forces spéciales états-uniennes, britanniques et françaises en Syrie ; une réalité que dénient Londres et Paris. « Cette présence signifie le fait qu’il ne s’agit plus d’une guerre par procuration mais d’une intervention directe dans la guerre », a-t-il insisté.

M. Lavrov adressait ainsi une mise en garde à Washington, Londres et Paris, au cas où ils bombarderaient Damas. Des documents saisis par les services secrets syriens et russes attestent d’un plan d’attaque de la capitale comparable à celui contre Bagdad en 2003 et incluant l’assassinat du président el-Assad. Des navires alliés se sont placés en position d’effectuer cette attaque depuis la Méditerranée.

Les armées syrienne et russe ont prévenu, le 19 mars 2018, une nouvelle attaque chimique sous faux drapeau instiguée par le Royaume-Uni dans la Ghouta orientale. Elles avaient déjà saisi deux laboratoires chimiques les 12 et 13 mars. Lors d’une réunion du Commandement des forces armées russes, le 20 mars, le ministre russe de la Défense, le général Sergueï Choïgou, a évoqué trois tentatives de faire usages de ces armes au cours de la semaine dans la Ghouta orientale. Il n’a pas explicitement désigné Londres comme le commanditaire des ces tentatives d’attentat, mais la formulation de ses propos ne laissaient aucun doute possible à ses interlocuteurs.

« Nous espérons que dans la situation actuelle nos partenaires occidentaux soient guidés par le bon sens dans leurs décisions, cessent de flirter avec les terroristes et rejoignent les initiatives pacifiques russes en Syrie », a-t-il poursuivi.

En cinq jours, plus de 79 000 civils, prisonniers des groupes armés dans la Ghouta, sont parvenus à trouver refuge auprès de la République arabe syrienne grâce aux couloirs humanitaires de Muhayam al-Wafedin et d’Hamouriyah.

 

Source

Partager cet article
Repost0
17 mars 2018 6 17 /03 /mars /2018 09:29

Devant séjourner en Pologne, j’ai acheté Le guide du Routard de ce pays. À sa lecture, très rapidement, je me suis demandé si j’avais dans les mains un guide touristique ou un livre de propagande politique. Et pas n’importe laquelle, de celle de la forme la plus violente, la plus ringarde et la plus gratuite de l’anticommunisme.

 

Cela commence dès l’introduction avec le parallèle nazisme/communisme : «  Avec 6 ans de barbarie nazie (1939-1945) et 45 ans de totalitarisme communiste (1945-1989), la Pologne compte parmi les nations qui ont le plus souffert en Europe ». 

Page 30 : « Pour finir, visiter Gdansk, les chantiers navals acteurs de la fin de la dictature communiste ».

Page  68 : « 45 ans de dictature communiste  »

Page 104 : « Au musée de l’insurrection de Varsovie, pour bien se rendre compte de celle-ci, le visionnage du film “City of Ruin” est hautement conseillé, les tourments de l’après-guerre, liés à l’instauration du régime communiste, ne sont pas oubliés, preuve étant faite, si nécessaire, que le calvaire n’était pas fini… ».

Page 111 : « Au musée de la vie sous le communisme de Varsovie vous verrez également, et le sourire s’efface, un mannequin de la milice qui veille sur la reconstitution d’un bureau de quelque huile du parti : portrait de Lénine, Brejnev et tout le saint-frusquin. Brrr »

Page 141 : «  Dans le musée et château Koztowka, visitez la galerie du réalisme socialiste. Imposée en 1950 par le voisin soviétique, cette forme de propagande pseudo-artistique fut abandonnée en Pologne  cinq ans plus tard. Le château se vit alors dépositaire de tout ce que le pays avait pu produire en œuvres destinées à « éduquer » les masses sans jamais révéler les talents de leurs créateurs laissés dans l’anonymat. On ne rigolait pas sous la dictature ».

 

Même topo aux pages 235, 255, 310, 334, 374, 381, 382,394, si jamais le lecteur n’avait pas compris !

 

Et  j’ai gardé le « meilleur » pour la fin :

Page 384, le Guide du Routard souhaite ouvertement la mort d’un homme : « Dans la catastrophe aérienne de Smolensk, en avril 2010, la Pologne a perdu son président et les principaux dirigeants de son armée. Un général a cependant échappé au crash : l’ex-général Jaruzelski qui désirait être du voyage mais avait été éconduit. Qui a dit : « Il n’y a de la veine que pour la canaille » ? »

 

Et le bouquet final : dans la rubrique « Livres de route », parmi 10 livres conseillés, que trouve-t-on ? “Le livre noir du communisme” ! Accompagné du commentaire suivant : « Même si l’ouvrage a soulevé des polémiques à sa sortie (toute dictature compte malheureusement ses nostalgiques !), il décrit comment une idéologie égalitaire au XIXè siècle a pu au siècle suivant engendrer l’une des plus effroyables organisations totalitaires, une machine à broyer les individus et les consciences. De Lénine à Staline, de Mao à Ho Chi Minh, de Pol Pot à Castro, cette somme de plus de 1100 pages dresse l’inventaire des massacres, des persécutions, des famines et déportations organisés au nom d’une raison d’État préconisant la suprématie d’une classe sociale sur les autres ».

Çà je ne l’avais encore jamais lu ! Mettre sur le même plan Castro, Lénine, Ho Chi Minh (le libérateur du Vietnam, pays qui chassa les Khmers rouges du Cambodge) et Pol Pot il faut le faire !

Le Guide du Routard devrait savoir que le contenu de ce livre rédigé pour la plupart par des gens d’extrême-droite, est vivement contesté, dans sa recherche historique et sa « comptabilité » macabre, par des personnalités politiques ou historiens de tous bords.

 

Le plus étonnant c’est que malgré cet enfer sur terre le guide nous dit page 383 que : « Les communistes gagnent les élections de 1993 ». Non mais, ils sont vraiment fous ces polonais !

 

Source

Partager cet article
Repost0
17 mars 2018 6 17 /03 /mars /2018 09:15
La Forme de l’eau, de Guillermo del Toro, a été récompensé quatre fois dimanche dernier à la Cérémonie des Oscars.
 

Le film du réalisateur mexicain nous raconte la relation amoureuse d’Elisa, jeune femme muette travaillant au sein d’un laboratoire américain top secret avec une créature humanoïde amphibie.

Les clichés « modernes » y ont, bien sûr, la part belle : l’héroïne a comme seules fréquentations son voisin de palier, vieil homosexuel au chômage amoureux du jeune serveur du coin, et sa collègue Zelda, femme de ménage noire (ou africaine-américaine, pour reprendre le vocable politiquement correct américain). Le salaud de l’histoire, le colonel Strickland, est quant à lui blanc, chrétien, macho et, forcément, raciste. Jusqu’ici, rien d’inhabituel à Hollywood, mais c’est ensuite que cela se gâte, quand l’histoire d’amour entre les deux êtres les mène jusqu’aux relations sexuelles et qu’après maintes péripéties, la créature finit par transformer Elisa en amphibien…

Un pamphlet pour la tolérance… ou pour la déconstruction.

 

On comprend tout de suite le message de ce « pamphlet pour la tolérance » : l’amour doit triompher de tout, il est autosuffisant et aucune barrière ne doit lui résister. Les véritables ennemis sont la peur de l’autre et l’ordre naturel forcément oppresseur des libertés individuelles.

Désormais, il ne s’agit plus seulement d’accepter le différent, le marginal (voire l’obscène), mais de le glorifier. Nous sommes entrés dans une société de l’anormal (qui n’a pas de norme), pour reprendre les mots du philosophe Robert Redeker. Poussant la logique nominaliste (il n’est pas d’essence commune, seules les choses singulières existent) jusqu’au malsain, tout est désormais possible pour l’individu, même coucher avec un non-humain.

Classiquement, dans La Belle et la Bête, l’amour rendait la bête humaine. Par une révolution copernicienne, la bête est désormais devenue plus « humaine » que l’Homme.

 

Source

Partager cet article
Repost0
17 mars 2018 6 17 /03 /mars /2018 09:08

L’avionneur européen Airbus n’en est pas à son premier plan de restructuration. Alors que le plan Gemini prévoit un plan de suppression d’emplois de 1164 postes en Europe, dont 639 en France, Airbus réalise des bénéfices non négligeables sur l’année 2017 et affiche un carnet de commande généreusement fourni qui taquine les 1000 milliards d’euros. Comme le souligne le président exécutif d’Airbus, Thomas Enders, « Nous avons surpassé tous nos indicateurs clés pour 2017, grâce à de très bonnes performances opérationnelles, en particulier au dernier trimestre ». Il peut aussi se féliciter d’une hausse de 8% du cours de son action en Bourse suite à la divulgation de ses bons résultats. Mais rien n’y fait, le profit l’emporte toujours sur les vies humaines et l’avionneur envisage de licencier jusqu’à 3700 agents supplémentaires pour faire face aux baisses de cadence sur l’A380 et l’A400M.

 

Ainsi, les sites espagnols, allemands (Brême et Augsbourg) et britanniques (Filton) risquent d’être les plus touchés. En tête, l’Allemagne avec 1900 postes supprimés, suivie par l’Espagne où le nombre de postes supprimés devrait s’élever à 850. Le site du Filton, en Grande-Bretagne, qui assure la production de l’A400M, voit ses effectifs fondre de 450 postes. Quant à la France, elle va perdre 470 postes sur les chaînes et les programmes, selon les informations de Force Ouvrière. Contrairement à la doxa capitaliste, chez Airbus, on voit bien que les profits, et la bonne santé des entreprises, ne sont en rien une source d’emploi et d’amélioration des conditions de travail des salariés. Bien au contraire, pour Airbus, la vie des salariés constituent une simple variable d’ajustement, et c’est de cette exploitation toujours accrue par l’accélération des cadences et la réduction des postes qui est la source de leur bonne santé financière.

La menace qui pèse sur les salariés sous-traitants d’Airbus montre bien le rôle que joue l’externalisation pour les grandes entreprises : la division de la main d’œuvre et de sa potentielle force de contestation. La situation chez Airbus montre l’enjeu qu’il y a à construire des passerelles syndicales entre les salariés de l’entreprise donneuse d’ordre et les sous-traitants, ainsi qu’entre les salariés par delà les frontières, pour faire reculer ces géants de l’exploitation et de la destruction de vie humaines.

 

Source

Partager cet article
Repost0
17 mars 2018 6 17 /03 /mars /2018 09:02
Michelle était technicienne de laboratoire à l’AP-HP. Elle s’est donné la mort, vendredi matin, dans les locaux de la médecine du travail, où elle avait rendez-vous.

 

Michelle avait prévenu. Dans un dernier courriel posté mardi 27 février, la jeune technicienne de laboratoire, âgée de 35 ans, avait annoncé son geste fatal : « Le 1er ou le 2 mars prochain devrait avoir lieu un événement tragique pour moi au siège de l’AP-HP » (Assistance publique-Hôpitaux de Paris). Elle enjoignait les destinataires de prendre contact les uns avec les autres afin de prévenir les médias, « pour que mes tentatives de suicide à cause des conditions de travail et du harcèlement de travail (sic) au Kremlin-Bicêtre ne restent pas lettre morte », dénonçait-elle sans aucune ambiguïté. Et d’ajouter : « Je vous en prie, que je ne reste pas un cas isolé ! » Vendredi matin, profitant d’un rendez-vous avec un psychologue dans les locaux de la médecine du travail située à l’Hôtel-Dieu, à Paris, elle s’est donné la mort.

Rien n’y a fait. Ni l’obtention d’un statut de stagiaire au sein de l’AP-HP, en mars dernier, qui ouvrait la voie à son recrutement définitif après une dizaine d’années à cumuler les contrats de courte durée. Ni le soutien du responsable de la CGT de l’hôpital Robert-Debré, où elle avait travaillé. Ni celui de son avocate Me Sylvie Le Toquin, qui s’apprêtait à déposer plainte contre l’AP-HP pour harcèlement moral. Et pour qui les raisons professionnelles du suicide de sa cliente ne font aucun doute. « Je fais très peu de procès en harcèlement, d’abord parce que nous en perdons beaucoup. Mais là, j’avais tous les arguments en main », souligne Me Le Toquin. Pour l’avocate, Michelle a été « broyée » par la machine administrative. « Plus vous entrez dans la profondeur de son dossier, plus vous voyez qu’elle tombe », explique-t-elle.

 

À quoi s’est heurtée la jeune technicienne de laboratoire ? D’abord, à l’incertitude du lendemain, permanente, provoquée par les silences de l’administration sur le renouvellement ou non de ses contrats de travail. Des contrats courts (d’un à trois mois, selon les règles de la fonction publique hospitalière), qu’elle a multipliés dans cinq hôpitaux parisiens : Trousseau, Cochin, Robert-Debré, Bicêtre et Tenon en dernier lieu. Son dossier administratif restant parfois en souffrance d’un établissement à l’autre, cela a entraîné une gestion calamiteuse notamment de ses salaires, amputés de « trop-perçus » ou du paiement des heures supplémentaires aboutissant à « un imbroglio de plus en plus incompréhensible dans lequel elle se perdait », commente son avocate.

En 2016, la contractuelle avait fait condamner l’AP-HP pour préjudice d’exécution dommageable du contrat de travail. La jeune technicienne peinait alors à obtenir le paiement de cinq heures supplémentaires. Dans la foulée, elle avait été recrutée par l’hôpital du Kremlin-Bicêtre. « J’avais des CDD avec tacite reconduction mais je n’avais pas de document écrit, de “contrat express”. Je travaillais sans contrat. Et plus personne ne me disait rien », racontait Michelle il y a quelques jours. Comme le confirme l’AP-HP dans son communiqué, c’est au lendemain de l’annonce qu’il était mis fin à son contrat qu’elle a attenté pour la première fois à sa vie. Un geste suicidaire qui n’a pas été reconnu comme accident du travail, la privant de salaire. Après un long arrêt maladie et l’échec de sa reprise d’activité, Michelle n’a tenu que trois mois à l’hôpital Tenon, puis ce fut la cassure. L’AP-HP assure avoir pris toutes les dispositions pour éviter le pire. Un CHSCT extraordinaire est convoqué ce jeudi à 11 heures à la demande de la CGT. Ces deux derniers mois, cinq salariés de l’AP-HP se sont donné la mort. Deux sur leur lieu de travail.

 

Source

Partager cet article
Repost0
17 mars 2018 6 17 /03 /mars /2018 08:58

Est-ce cela, le monde qui nous attend ? Un bras mécanique qui nous caresse le poil et une voix robotique nous enjoignant à passer tranquillement dans l'au-delà ? C'est en tout cas l'idée de Dan Chen, un ingénieur et designer américain passé par le célèbre Massachussetts Institute of Technology (MIT), qui s'évertue à reproduire les interactions humaines par le biais de sa gamme de robots baptisée « Friends".

L'idée part pourtant d'une bonne intention. "Cette machine est conçue pour révéler ce qui nous manque en tant qu'êtres humains. Quand on meurt, on peut manquer de présence humaine", explique Dan Chen à Mashable.

Les vidéos de démonstrations restent néanmoins assez pathétiques : on y voit un faux patient mourant, allongé sur un lit d'hôpital, aux côtés d'un boitier blanc assorti d'un bras mécanique. Celui-ci caresse alors le bras du malade en lui susurrant  quelques mots réconfortants.

Morceaux choisis : "Je suis là pour t'aider et te guider à travers tes derniers moment sur Terre", "Je suis désolé que ta famille et tes amis ne puissent pas être ici avec toi, mais ne t'inquiète pas, je serai le meilleur des réconforts", "Tu n'es pas seul, tu m'as à tes côtés" ou encore "J'espère que ta vie après la mort sera agréable". Enfin, c'est cette même voix qui annonce l'heure du décès du patient, une fois celle-ci détectée par le robot.

 

Source

 
Partager cet article
Repost0
17 mars 2018 6 17 /03 /mars /2018 08:53

A l’occasion du décès du physicien Stephen Hawking, nous publions un article écrit en mai 2013 et publié par The Guardian, et traitant du respect par Hawking des consignes de la campagne BDS et de son refus de cautionner d’une manière ou d’une autre le régime d’apartheid qui sévit en Palestine occupée :

 

Ce qui est vraiment insupportable pour Israël, c’est que ce rejet vienne d’un scientifique célèbre, alors que c’est la science qui détermine son économie, son prestige et sa force militaire.

La décision de Stephen Hawking de boycotter la conférence du président israélien est devenue virale. Au dernier décompte, il y a plus de 100 000 partages sur Facebook du rapport du Guardian. Quoi qu’il en soit des réactions qui ont suivi, la lettre de Hawking est sans équivoque. Son refus est motivé par la requête des universitaires palestiniens.

En témoigne la rapidité avec laquelle le lobby pro-israélien s’est emparé de l’affirmation initiale et inexacte de l’université de Cambridge selon laquelle il s’était retiré pour des raisons de santé, et l’embarras du lobby lorsque l’université a piteusement corrigé son communiqué après quelques heures. Hawking a également précisé que s’il s’était rendu à la conférence, il aurait profité de l’occasion pour critiquer la politique israélienne à l’égard des Palestiniens.

Alors que les journalistes le présentent comme une « figure emblématique du boycott universitaire » et partisan du mouvement de boycott, désinvestissement et sanctions (BDS), Ha’aretz, le journal le moins réactionnaire de la presse israélienne, a attiré l’attention sur le langage incendiaire utilisé par les organisateurs de la conférence, qui se sont dits « outragés » plutôt que « regrettant » la décision de Hawking.

Que le scientifique le plus célèbre au monde ait reconnu la justice de la cause palestinienne est potentiellement un tournant pour la campagne BDS. Et que sa position ait été approuvée par une majorité de deux contre un dans le sondage du Guardian qui a suivi son annonce, montre à quel point l’opinion publique s’est retournée contre le vol des terres et l’oppression ininterrompue [des Palestiniens] par Israël...

 

Source

Partager cet article
Repost0