Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
22 novembre 2014 6 22 /11 /novembre /2014 10:42

Curieux phénomène dans le département de l’Indre. A force de commémorer les combats des poilus de la première guerre mondiale, le champ de bataille de Verdun s’est déplacé à proximité du château de George Sand, à Lacs exactement.

Mais George n’y est pour rien. Elle a bien voulu frapper la canaille au cours de la semaine sanglante, en mai 1871. Mais, si elle a encouragé Mr Thiers dans sa répression contre le peuple de Paris, on ne saurait lui reprocher d’être responsable des vingt millions de morts dans les tranchées. Pour des raisons de chronologie essentiellement.

Des explications sont nécessaires, car la presse a un peu oublié de rapporter ces événements comme ils le méritent. Il s’agit d’une entreprise spécialisée dans la fabrication de poches de sang, installée sur la commune de Lacs. Elle s’appelle Fenwal depuis qu’elle a été rachetée par une multinationale allemande. Avant, elle répondait au doux nom de Baxter.

Cette entreprise fabrique donc des poches qui sont appelées à contenir du sang pour les transfusions sanguines. Or elle annonce le licenciement de 338 employés.

Aussitôt les futurs licenciés ont fait le rapprochement entre les victimes de la grande guerre, dont on leur abreuve les sillons depuis plusieurs mois. Et voilà ce qu’ils ont fait, les employés de Fenwal : ils ont planté des croix, comme dans les cimetières militaires.

fenwal.jpg

Félicitons-les ! Ils ont su faire de l’humour noir avec la misère (noire) qui les attend. Ils ont eu l’audace de mêler les combats de 14-18 avec leur combat à eux, contre la multinationale Fenwal. Il s’agit là d’un détournement de la propagande du capitalisme libéral, tout à fait exemplaire. Ces croix, en général, sont appelées à être l’objet d’un « tourisme guerrier ». C’est le nouveau nom pour le résultat des grandes tueries patriotiques. Elles deviennent l’objet de promenades tranquilles sur le Chemin des Dames. Mais les dames de Lacs sont mal élevées. Elles retournent le compliment dans la gueule de leurs exploiteurs.

Et ça, c’est très encourageant !

Partager cet article

Repost0

commentaires