Le 26 septembre 2022, trois explosions endommageaient gravement les gazoducs Nord Stream I et II au large de l’île danoise de Bornholm, dans la Baltique. Des fuites massives de gaz sont observées. Les enquêtes menées par l’Allemagne, le Danemark et la Suède concluent rapidement à un sabotage délibéré impliquant des explosifs. Moscou dénonça une attaque terroriste, réclamant une enquête conjointe, en vain. Copenhague et Stockholm annoncèrent en 2024 classer l’affaire sans suite.
Pourtant, un suspect est arrêté en août 2025 en Italie. Il se nomme Serhiy Kuznietsov et il est ressortissant ukrainien. Âgé de 50 ans c’est un ex officier de l’armée ukrainienne et un vétéran du SBU. C’est lui dont l’inculpation vient d’être annoncée ce 2 juillet 2026 par le parquet fédéral allemand, qui a franchi là une étape décisive.
Selon l’acte d’accusation, ce suspect a coordonné l’opération depuis un voilier de location, l’Andromeda. Des plongeurs ont posé des charges explosives sur trois des quatre conduites des pipelines, « à la demande des autorités ukrainiennes ». Suivant « un plan visant à détruire les gazoducs » afin d’empêcher durablement les livraisons de gaz russe et de priver Moscou de revenus destinés à financer son effort de guerre.
Le procès est attendu à l’automne devant le tribunal régional de Hambourg. L’Ukraine a démenti toute implication étatique. Volodymyr Zelensky a indiqué attendre les détails complets avant de réagir officiellement.
Ce rebondissement judiciaire jette une lumière crue sur les dérives du « journalisme d’affirmation » qui domine les plateaux et ne cesse d’asséner ses certitudes sur la tragédie ukrainienne.
Cette affaire révèle plusieurs faiblesses structurelles : d’abord, l’absence de pluralisme réel sur les chaînes principales, permettant au narratif dominant de maintenir sa mainmise sur les esprits. Dans un même temps, la disqualification immédiate des sceptiques, pour les exclure du champ de la parole acceptable. Enfin, le refus de se corriger, notamment après plusieurs enquêtes du Washington Post, du Spiegel ou encore du Wall Street Journal en 2023/2024, qui pointaient déjà les responsabilités de Kiev. Une cécité médiatique qui empêche la France d’avancer vers une issue raisonnable au conflit.

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