Le puissant promoteur allemand d’éoliennes, le groupe Windstrom, traîne devant le tribunal civil de Saintes la municipalité pour lui avoir refusé les autorisations de voirie nécessaires à l’acheminement de sept éoliennes de 180 mètres de hauteur jusqu’aux parcelles où elles doivent être installées. La logique de Windstrom est celle de l’intimidation. « Leur objectif est de faire peur aux administrés », explique Olivier Chambord, l’un des avocats de la commune. « On se bat contre beaucoup plus fort que nous », reconnait Thierry Giraud, maire sans étiquette de Puyrolland depuis 1995. Illustration, Windstrom a pris pour avocat l’ex-ministre Jean-François Copé qui appartient au cabinet Everlaw & Tax. Ce dernier, actuel maire de Meaux (Seine-et-Marne), a même contacté le préfet de la Charente-Maritime au nom de Windstrom. Ce qu’il a confirmé au Parisien.
Avec son « action en désenclavement », Windstrom espère obtenir des servitudes de passage et construire son parc. A défaut, il réclame donc 44 millions d’euros pour compenser son « préjudice lié au retard d’exécution du projet », qu’il évalue à 6,5 millions d’euros par an. Ce qui au passage illustre la rentabilité hors norme de ce type d’investissement ! Une fois installé, le parc éolien devient une rente avec une garantie de prix pour l’électricité produite, supérieure dans la majorité des cas au prix du marché, et avec un accès prioritaire au réseau. Et quand cela n’est pas possible pour cause de saturation du réseau, le producteur éolien est dédommagé. Cette situation de surproduction grandissante de productions renouvelables intermittentes n’est pas d’ailleurs sans poser de sérieux problèmes techniques et économiques au parc nucléaire contraint de s’effacer pour laisser la place aux productions éoliennes et solaires.
Pour tenter d’arriver à ses fins et obtenir des conditions d’accès permettant de faire passer ses camions avec des pâles de 60 mètres ce qui nécessite de renforcer la voirie, araser les haies et empiéter sur les champs, WindStrom a choisi l’intimidation juridique et financière. En l’espace d’un an, l’opérateur est passé de dommages estimés à 93.000 euros puis à 1 million d’euros et depuis avril dernier à 44 millions d’euros… En comparaison, le budget annuel de la commune est de 150.000 euros.
Le groupe allemand avait aussi porté l’affaire devant la justice administrative… mais sans succès. Le 4 décembre dernier, la cour administrative d’appel de Bordeaux, statuant en référé, a rejeté son recours. WindStrom a depuis formé un pourvoi en cassation devant le Conseil d’État. Il est vrai que le Conseil d’Etat prend souvent des décisions très favorables aux promoteurs éoliens. Sans doute pour des raisons idéologiques…

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