À la suite du scandaleux enlèvement du président vénézuélien par un commando états-unien, Donald Trump et son secrétaire d’État Marco Rubio ont perdu toute retenue dans la mise en œuvre de leur projet impérial d’hégémonie absolue, non seulement sur l’ « hémisphère occidental », mais sur le reste de la planète : cela s’observe désormais de la Péninsule coréenne à l’Europe de l’Est en passant par la Mer de Chine, Gaza, le Caucase et l’Iran. Et voilà maintenant que la rapace administration états-unienne vient encore d’aggraver le blocus inhumain que les USA infligent à Cuba depuis 1961: en effet, violant à la fois le droit international et la liberté de naviguer dans les eaux internationales, Trump et Rubio empêchent désormais la République de Cuba de s’approvisionner en carburant privant l’île rebelle de courant électrique, bloquant ses moyens de transport, asphyxiant son économie et entravant sciemment le fonctionnement de ses hôpitaux et de ses circuits alimentaires. Il s’agit clairement pour Trump de susciter un « changement de régime » à La Havane en provoquant cyniquement, manigances de la C.I.A. et infiltrations terroristes en provenance de Miami à l’appui, l’une de ces « révolutions colorées » qui précèdent et préparent le plus souvent les intrusions, voire les invasions nord-américaines…
Ainsi la stratégie de Trump consiste-t-elle, non seulement à imposer aux Cubains un « regime change » (sic) téléguidé depuis Miami, mais à annexer Cuba de facto comme l’avoue crûment Trump quand il déclare vouloir imposer aux Cubains la suprême humiliation d’avoir pour prochain « président » le secrétaire d’État Rubio lui-même ! Ainsi s’accomplirait le projet impérial états-unien qu’avait déjà dénoncé au XIXe siècle l’ « Apôtre de l’indépendance cubaine », le poète combattant José Marti : à savoir le projet d’annexer toute la Mer des Caraïbes afin de pouvoir dominer sans partage, en y imposant au besoin ses pantins sanglants à la Pinochet, l’ensemble de l’Amérique latine ouvertement réduite à l’état d’ « arrière-cour » des USA.
Or, face à cela, que fait l’Élysée censé représenter cette République française dont Cuba a choisi de reprendre sur son propre drapeau les couleurs emblématiques de notre Révolution ? En opposition frontale à la politique de non-alignement qui fut celle du Général de Gaulle, – une politique alors très largement soutenue en France (y compris par le PCF de Waldeck Rochet…) -, la France officielle se tait, uniquement préoccupée qu’elle est, en écho à ses institutions tutélaires de l’UE et de l’OTAN, d’alimenter l’escalade militaire en Ukraine; laquelle escalade, soutenue mezzo voce par Washington (qui fournit à Kiev les armes lourdes financées par le contribuable européen) peut à tout moment dégénérer en une guerre continentale ou mondiale potentiellement exterminatrice. Ce silence complice abaisse notre pays sur la scène mondiale, il en fait le complice par omission des prédations états-uniennes alors même que Trump et son ambassadeur à Paris ne cessent d’humilier la France, de se moquer de Macron lui-même (sans réactions de l’intéressé…), voire de s’ingérer grossièrement dans le débat politique français.

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