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18 avril 2026 6 18 /04 /avril /2026 08:02

Un long métrage documentaire de Pierre Carles‍
101 minutes - Couleur - Stéréo - France - 2026
N° visa d’exploitation : 157.518

« Donner la parole aux acteurs et témoins ; exposer les faits, rien que les faits ; exhumer les archives, les faire parler. Sans commentaire. C’est ce que nous avons tenté de faire. » Pierre Carles

Produit par : Annie Gonzalez, C-P Productions

Distribution ASC Distribution

 

En ouvrant son film par l’image surprenante de la députée Rima Hassan en visite dans la cellule de Georges Ibrahim Abdallah, Pierre Carles fait d’une pierre deux coups. Tout d’abord l’émotion: l’accolade entre la rayonnante jeune femme et le vieil homme bouleversé qui la serre dans ses bras en disant à la camera : « C’est la première fois que des gens venus de l’extérieur entrent dans ma cellule ».  Ensuite l’intention : c’est un film qui va déconstruire la méfiance spontanée à laquelle le spectateur lambda aura sans doute fini par succomber à l’égard de certaines figures diabolisées par - disons le gentiment - la pensée mainstream.

Car demandez à un quiconque de citer de mémoire le nom d’un« terroriste », il vous dira Georges Ibrahim Abdallah. Quand à Rima Hassan, peu de personnalités politiques peuvent se targuer d’avoir été autant insultées et vilipendées que cette passionaria de la cause palestinienne depuis qu’elle est entrée, un keffieh jeté sur ses épaules, dans l’arène du spectacle politico-médiatique français. Avec cette première séquence, Pierre Carles fait la promesse d’un film qui va bousculer les idées reçues, et il la tient, poursuivant son œuvre de salubrité publique dans une enquête longue, détaillée, et parfois drôle dont nombre de figures politiques et médiatiques ne sortent pas grandies. L’une des forces du film étant que certaines de ces personnalités, en particulier des journalistes penauds, avouent avoir mal fait leur travail, contribuant par là à construire une atmosphère menant à la condamnation à perpétuité d’un homme dont le dossier était quasiment vide, puis à l’acharnement politique dont il a été victime et qui lui a valu de passer plus de 40 ans en prison alors qu’il était libérable depuis plus de 20 ans.  

Georges Ibrahim Abdallah a certes assumé l’exécution par son organisation (les Fractions Armées Révolutionnaires Libanaises) de deux officiers de renseignements, l’un israélien et l’autre américain, à Paris , en 1982. Rien ne prouve qu’il ait participé personnellement à ces actions mais il ne s’en est pas dissocié. Depuis la fin des années 70, son pays - le Liban - étant régulièrement (il l’est toujours) envahi et bombardé par l’armée israélienne avec le soutien américain, il considérait avoir pris les armes contre l’ennemi de son peuple.  On comprendra que de son point de vue et de celle de ses avocats, ces deux morts s’inscrivent dans une guerre où des dizaines de dirigeants et de représentants politiques et militaires libanais et palestiniens ont été assassinés avant, pendant et après les décennies qu’il a passé derrière les barreaux, cette pratique de l’assassinat politique « partout où l’ennemi se trouve » ayant été revendiquée par tous les dirigeants israéliens, de Golda Meir à Benyamin Netanyahu. Mais ni Georges Ibrahim Abdallah ni son organisation ne se sont jamais attaqué à des civils et il s’est toujours déclaré opposé à ce genre d’actions. Le film de Pierre Carles démontre, entretien après entretien, comment une presse quasiment unanime a pourtant cherché à lui mettre sur le dos des attentats de masse commandés par les services iraniens pour faire pression sur la France, des attentats avec lesquels il n’avait rien à voir, que les services français n’avaient pas réussi à déjouer, et qu’ils avaient trouvé pratique de les lui imputer, à lui, à ses frères et aux FARL qui n’existaient déjà plus. En voyant le film on est effarés de voir comment des journalistes « sérieux » peuvent tomber dans des pièges aussi grossiers. Et les films historiques ayant d’autant plus d’intérêt qu’ils contribuent à éclairer le présent, on se dit aussi qu’il importe plus que jamais d’être vigilants face aux manipulations d’opinion qui hélas se multiplient tellement que parfois le vertige nous prend …

https://www.affaire-abdallah-lefilm.fr/a-propos

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