Le ministre de la Défense a annoncé en juin dernier que Renault avait formé un partenariat pour produire des drones de guerre pour la ligne de front en Ukraine. Dans la guerre menée par l’OTAN contre la Russie, les besoins militaires sont estimés à 4 millions de drones par an. Le groupe a confirmé avoir été contacté pour s’associer à cette initiative, visant à produire des drones aériens, marins ou terrestres, y compris des modèles FPV (first-person view) utilisés sur le front.
Le 24 septembre 2025, Renault a envoyé une note interne confidentielle à ses salariés pour clarifier sa position, évoquant pour la première fois de manière concrète son potentiel retour dans l’armement. Dans cette note, le groupe précise que les projets doivent être placés sous l’égide du ministère des Armées, en partenariat avec des industriels français de la défense.
Les annonces ont provoqué un malaise grandissant parmi les salariés et syndicats, qui craignent une « militarisation » de l’entreprise et une déviation du cœur de métier automobile. Des employés se demandent s’ils peuvent refuser l’affectation, et certains rappellent l’histoire de Renault dans les efforts de guerre passés, mais s’opposent à fabriquer des armes. Délégué central adjoint FO, Fabien Gloaguen déclare : « Ici, les gens ont signé pour fabriquer des voitures, pas des armes létales utilisées sur le front. »
À l’inverse, la CFDT, qui est au cœur de la CES (Configuration européenne des Syndicats) et courroie de transmission de l’Union européenne contre les salariés, se félicite de la militarisation de l’entreprise en accueillant positivement l’initiative. Dans la presse, la centrale jaune indique reconnaitre l’effort de transparence et veillera à ce que le projet respecte l’emploi français, les valeurs de l’entreprise et celles des salariés au quotidien.
Pour sa part, la CGT conteste le projet. Thomas Ouvrard exprime des inquiétudes, voyant la note comme une préparation à l’implication dans l’armement ; il considère le projet comme un écart du métier automobile, contribuant à la guerre et à la perte de vies.
L’arrivée d’un nouveau directeur général chez Renault, François Provost, ex-conseiller d’un ancien ministre de la Défense, alimente encore d’avantage la peur.

/image%2F1527380%2F20231109%2Fob_745b22_eproshopping.jpg)