Itamar Ben Gvir a sabré le champagne. L’adoption par le Parlement israélien, le 30 mars 2026, d’une loi instaurant la peine de mort pour les Palestiniens marque un nouveau tournant dans la politique d’apartheid de l’État colonial. «Une manifestation publique de cruauté, de discrimination et de mépris total des droits humains », estime Erika Guevara-Rosas, directrice principale de la recherche, du plaidoyer, des politiques et des campagnes d’Amnesty International.
Cette loi qui a choqué à travers le monde vient renforcer un arsenal juridique suprémaciste largement étoffé durant les dix dernières années. Elle a été portée par des figures de l’extrême droite israélienne, notamment le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben-Gvir et a reçu le soutien du Premier ministre Benyamin Netanyahou. Le texte, adopté par 62 voix contre 48, prévoit la peine capitale — exécutée par pendaison — pour les Palestiniens condamnés par une cour martiale israélienne pour meurtres à caractère « terroriste », notamment lorsqu’ils visent à nier l’existence de l’État d’Israël.
L’Association pour les droits civils en Israël (ACRI) a annoncé saisir la Cour suprême. « C’est l’unique loi au monde qui exprime une telle division raciale », dénonce Tirza Leibovitz, directrice de projet pour l’organisation Physicians for Human Rights. « Cette loi concerne uniquement les Palestiniens, qu’ils soient dans les territoires occupés ou en Israël. C’est une loi d’apartheid en plus d’être une loi de peine capitale », dénonce-t-elle.
Contrairement aux citoyens israéliens, les Palestiniens sont jugés par des tribunaux militaires en Cisjordanie occupée ; tandis que les citoyens israéliens sont jugés par le droit civil qui offre des garanties procédurales dans un système pénal comparable à celui des démocraties occidentales. La loi ne sera donc pas appliquée aux citoyens israéliens juifs, même en cas d’actes comparables, comme ceux commis régulièrement par les colons contre la population palestinienne. Comme le notait le quotidien israélien Haaretz dans un éditorial du 3 novembre 2025, Israël « ne cherche pas à infliger la peine de mort aux “terroristes”, mais seulement aux Arabes, puisque les terroristes juifs ne chercheraient pas à “nuire à l’État d’Israël et à la renaissance nationale du peuple juif sur sa terre” » comme le précisait le projet de loi. Le journal parlait alors d’une «tache morale indélébile » et d’un « déshonneur » si cette loi « raciste » était adoptée. C’est désormais chose faite.

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