Alors que la rapporteuse spéciale à l’ONU, Francesca Albanese, a présenté son dernier rapport, intitulé « La vérité sous les décombres » et dénonce le « médiacide » mené par Israël depuis octobre 2023, l’Agence Média Palestine s’est entretenue avec Vanessa Ripoche, secrétaire générale du Syndicat National des Journalistes (SNJ).Ce rapport pointe, outre les exactions commises par l’armée israélienne envers les journalistes palestiniens et la légitimation par des médias israéliens d’une propagande génocidaire, « le rôle joué par les médias internationaux dans la mise à l’écart des voix palestiniennes et la reproduction des discours israéliens, la normalisation des contre-vérités juridiques, ce qui finit par légitimer les atrocités. »
Une accusation que le Syndicat national des journalistes (SNJ) reprend à son compte dans un communiqué publié le 16 octobre dernier, dénonçant dans la couverture médiatique française « une couverture partisane, l’invisibilisation des Palestiniens, et la minimisation des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre commis par Israël en Palestine, avec la censure quasi généralisée du mot génocide. »
Le SNJ affirme avoir observé, dès octobre 2023, un « déséquilibre » dans le traitement de l’information, que ce soit dans le temps consacré, les termes employés ou l’angle pris pour couvrir l’actualité à Gaza et en Cisjordanie occupée.
« On a senti, clairement, une volonté de légitimer la réponse israélienne au 7 octobre », résume-t-il, évoquant des lignes éditoriales qui laissent peu de marge de manœuvre aux journalistes et des pressions exercées par la direction de certains médias, citant par exemple le cas TV5 Monde (dénoncé par le SNJ en novembre 2023).
« Il y a une réelle volonté de certains médias de ne pas fâcher Israël et de protéger son pouvoir. Les conditions économiques de la presse française sont aussi à déplorer et créent des conditions dans lesquelles les journalistes n’ont pas le temps de faire leur travail. Sur les chaînes d’info en continu, les plateaux sont occupés par des gens qui parlent plutôt que par des documentaires, tout simplement parce que c’est moins cher à produire. Et puis, il faut alimenter en permanence ces chaînes, et Israël a les moyens de fournir du contenu, des intervenants et des éléments, quand l’accès à des sources palestiniennes est rendu plus difficile. »
C’est précisément cette question d’accès que l'ONU pointe dans son rapport, déplorant que les médias occidentaux « puisent abondamment dans des sources israéliennes », que « les responsables et les groupes de pression israéliens bénéficient d’un accès privilégié à la direction des médias », d'où résultent une représentation asymétrique et l'adoption du prisme et des éléments de langage israéliens.

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