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26 septembre 2009 6 26 /09 /septembre /2009 09:05

Telle était la question déjà posée à plusieurs reprises par Jean-François Kahn. Depuis il est affirmatif et son opinion est partagée par plusieurs de ses proches, politiquement parlant.

Certains disent que c’est la république actuelle qui est folle et qu’il est parfaitement adapté à cette folie.

Entendons-nous d’abord sur le sens du mot « fou ». Le terme ne s’emploie plus en psychiatrie, mais la définition première existe. C’est le latin « follis » qui a donné le français « fol » vers 1080. Il désigne un ballon plein d’air, et, par métaphore ironique, le populaire « ballot » vient de la même origine. Aujourd’hui, on dira plutôt « aliéné », ou « dément ». L’aliénation vient d’un mot qui signifie : « qui appartient à un autre ». Le sens que lui donnent les philosophes Marx et Hegel est plutôt de nature politique mais, c’est bien le même : « c’est l’état de l’individu qui, par suite de conditions extérieures (économiques notamment)) cesse de s’appartenir, et est traité comme une chose. »

Ainsi, il est clair que le libéralisme actuel, qui s’est étendu à la quasi-totalité de la planète, en arrive à considérer les citoyens comme des « choses », des objets que l’on jette, que l’on déplace, sans aucun respect de l’être humain.

On peut être plus précis en ce qui concerne la personnalité de Sarkozy : il ne s’appartient pas, et sans entrer dans un langage philosophique, on peut dire que son « moi » est hypertrophié. Physiquement, son dandinement, ses gesticulations, indiquent clairement qu’il ne maîtrise pas ses gestes. La question serait alors de distinguer entre la « folie » et la « perversité ».

Le « pervers » est enclin au mal, à la méchanceté.

Si l’on veut bien observer la personnalité de celui que 10% de français ont envoyé à l’Elysée, il est assez clair que son comportement, son langage, dépassent de loin la stricte attitude politique. Elle est d’une autre nature que celle de Jacques Chirac ou Dominique de Villepin, dont je n’approuve pas du tout les idées ni les décisions qu’ils ont prises.

Or, M Sarkozy ne fait que, nous dit la presse, « déraper ». Mais déraper, c’est « échapper » aux contrôles.

Il est évident que l’actuel président dérape à peu près constamment quand il s’exprime en public : soit on ne comprend rien, parce que son discours est strictement incompréhensible, sauf, probablement, de lui-même. Ici, il correspond à peu près au langage du fou, qui ne regarde que vers l’intérieur de lui-même, et ne voit pas le monde qui l’entoure.

Certains se souviennent peut-être de ses propos, repris dans l’émission « Arrêt sur image », au cours de laquelle il faisait une sorte de distinction entre « la réforme » et la « rupture ». Ce dernier mot est particulièrement révélateur : il s’agit de rompre avec tout ce qui concerne le passé, et l’on se souvient de sa phrase tristement célèbre : « Nous ne sommes plus au temps de « la Princesse de Clèves ». Nous ne sommes plus au temps de Platon, de Molière, ou de Victor Hugo. Mais ils sont inclus dans notre culture, ils agissent encore à travers nous. Ils n’agissent pas dans le cerveau de M Sarkozy. Et cela devient, maintenant, carrément tragique dans le rappel de ses « bons mots » au cours de l’affaire Clearstream : les jeunes des banlieues s’appellent la « racaille », les syndicalistes sont des « braillards » et voici le bouquet :

« Je trouverai le responsable et je le pendrai à un croc de boucher ».

Imaginons un instant ce qui se passe dans le cerveau d’un homme qui profère cette phrase. Tout d’abord, ce n’est pas la justice qui juge, mais Sarkozy lui-même, la répétition du « je » devient une litanie permanente.

Surtout, évidemment, c’est ce « croc de boucher » qui est inquiétant. Il s’agit là du propos d’un fou sanguinaire, qui rappelle les pires atrocités des nazis. On ne doit pas avoir peur de le dire. A cela s’ajoute le recours permanent à la presse dite « people », aux conquêtes féminines du maître, qui portent, fort judicieusement, des prénoms de prostituées : Carla, Cécilia.

Que les lectrices prénommées ainsi ne s’en offusquent pas. C’est dans le contexte particulier des hommes d’état, que ces prénoms prennent une résonance particulière. Dans le peuple, c’est parfaitement légitime. Mais précisément, le but de la droite sarkozienne est d’humilier et de détruire le peuple. Ce recours à la presse dite people, que l’on orthographie (les malfaiteurs de la Culture, de Closets et Luc Ferry deviennent les propagandistes de la faute d’orthographe !) « pipole », et histoire de bien rigoler que l’on assaisonne d’une pincée de Bigard, je sens que la « pipe » n’est pas loin. Vous pourriez dire : Hénault, tu en emploies bien, des gros mots ! Oui, et heureusement ! Mais le rire des bourreaux n’est pas le rire des écrivains ! L’humour noir, l’outrance, sont des effets de style. Pour schématiser, on peut dire, écrire : « Je vous encule » sans enculer pour autant qui que ce soit.

Quand Sarkozy parle de « pendre » ses adversaires « à un croc de boucher », c’est parfaitement sérieux. Il est prêt à le faire.

Je suis désolé d’avoir été aussi sérieux, mais la situation des français est de plus en plus dramatique. De toute façon, on ne peut pas l’enculer, Sarkozy, il bouge tout le temps. Et là, voyez, ce n’est peut-être pas ce qu’il y a de plus subtil, mais je pense à cette parole populaire célèbre : « Tu avances, tu recules/ Comment veux-tu que je t’encule ? » Et Je finis par un mot cher à ce président croupion : en ce qui le concerne, je suis pour la rupture.

La rupture d'anévrisme plus précisément.

Echo du 25 septembre 09

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commentaires

Odette Laplaze-Estorgues 26/09/2009 10:15


Encore une fois merci et bravo Rolland. Tu dis ce que (je) beaucoup pensent et tu le fais tellement mieux et juste. Une remarque concernant ma petite personne (bien que
ma taille dépasse celle du napoléon en question) au long d'une dépression nerveuse carabinée, j'ai frôlé la folie mais j'ai appris que cette forme là (très souvent honteuse et donc cachée) m'a
enrichie et j'en garde un grain que je chouchoute car c'est mon ressort d'écriture. Les fous dangereux, comment s'en débarrasser ? Tant d'autres se préparent à jouir de la sinécure. A te lire
encore et le plus longtemps possible. O L-E